Véhicules électriques : le gouvernement espère 1,7 million de bornes de recharge dans les parkings des coppropriétés d'ici 2035
Boursorama avec Media Services •21/04/2026
Une filiale de la Caisse des dépôts, avance les fonds d'installation aux copropriétés pour faciliter la prise de décision en assemblée de copropriétaires.
Le gouvernement prévoit une multiplication du nombre de bornes électriques dans les copropriétés grâce aux aides de la Caisse des dépôts, qui devrait permettre d'équiper 1,7 million de places de stationnement d'ici 2035
Évoquant l'enjeu de l'électrification du parc automobile dans un contexte de prix élevés des carburants, le ministre de l'Économie, Roland Lescure a fait valoir mardi 21 avril sur RTL que "le vrai sujet" dans ce domaine était "souvent les bornes électriques".
"On nous dit il n'y a pas assez de bornes. Ce que je peux vous annoncer aujourd'hui, c'est que grâce à la Caisse des dépôts et consignations, on va multiplier les bornes électriques dans les copropriétés ", a poursuivi Roland Lescure, indiquant qu'il y aurait, 1,2 million de places de parking électrifiées "en plus" d'ici 2035.
Concrètement, Logivolt, filiale de la Caisse des dépôts, avance les fonds aux copropriétés, ce qui permet de favoriser l'adhésion quant à l'installation des bornes de recharge lors des assemblées générales de copropriétaires. Ensuite, seuls les propriétaires qui posent une borne paient une quote-part.
La moitié des frais d'installation couverts
Cette annonce fait suite à l'augmentation des aides dédiées aux immeubles en copropriété qui souhaitent équiper leur parking de bornes de recharge, depuis le 1er avril. Ces dernières couvrent désormais la moitié des coûts d'installation.
La prime à l'installation des infrastructures électriques préalables à la pose de bornes a vu son plafond passer de 8.000 à 12.500 euros par immeuble pour tout parking jusqu'à 100 places, et à 125 euros par place supplémentaire (contre 75 auparavant).
Si le coût à l'usage des véhicules électriques est inférieur à celui des thermiques, le manque de bornes reste un des principaux freins à leur achat, avec l'autonomie et le temps de charge.
Selon le gestionnaire du réseau électrique Enedis comptait déjà fin 2025 185.000 points de charge ouverts au public (bornes municipales, stations-services, parkings publics...), 1,1 million dans des parkings d'entreprises et 1,6 million chez des particuliers.
Castorama et Brico Dépôt annoncent le déploiement de plus de 70 stations de recharge sur leurs parkings en France d’ici 2027. Un marché attribué au spécialiste Driveco. 21 avril 2026
Les enseignes de bricolage investissent à leur tour dans les infrastructures de charge. Castorama et Brico Dépôt engagent un déploiement d’infrastructures de recharge sur leurs sites en France. Les deux enseignes prévoient l’installation de plus de 70 stations sur leurs parkings d’ici 2027 pour un total de 500 points de charge. Driveco intervient comme opérateur pour concevoir et exploiter ces installations.
Les stations proposeront deux types de recharge selon la durée de présence en magasin. Les bornes de 22 kW s’adressent aux visites longues liées à des projets d’achat. Les bornes rapides, jusqu’à 300 kW, permettent une recharge en une vingtaine de minutes. De quoi permettre aux plus pressés de faire l’appoint d’énergie le temps d’un passage éclair en magasin.
Les sites concernés couvrent plusieurs grandes agglomérations, dont Nantes, Bordeaux ou Montpellier. D’autres implantations sont prévues à Vélizy-Villacoublay, Caen ou Vannes.
Bornes de recharge : la France approche d'un seuil historique, mais un problème inquiétant freine encore les automobilistes
Publié le 27/07/2026
Le réseau français de recharge pour voitures électriques continue de s'étendre et tutoie désormais les 200 000 points ouverts au public. Une progression enthousiasmante qui masque toutefois un rythme de nouvelles installations qui ralentit, tandis que la fiabilité de certaines bornes se dégrade. Un paradoxe qui pourrait compliquer les ambitions affichées pour 2030, alors même que les automobilistes utilisent les infrastructures plus intensivement que jamais.
Le maillage de bornes de recharge du territoire français continue de gagner en densité, mais tous les indicateurs ne sont pas orientés dans la même direction.
La France se rapproche des 200 000 points de recharge, mais le déploiement perd de la vitesse
Au 30 juin 2026, la France comptait 197 663 points de recharge accessibles au public, soit 12 160 installations supplémentaires depuis le début de l'année. Le seuil symbolique des 200 000 points n'est plus très loin, mais il n'a toujours pas été franchi. Cette progression reste significative, mais elle marque un ralentissement par rapport à 2025. Sur les six premiers mois de l'an dernier, 14 865 nouveaux points avaient été mis en service. Le réseau poursuit donc son développement, mais à un rythme moins soutenu qu'auparavant.
Cette décélération interroge au regard des objectifs nationaux. Le gouvernement vise 400 000 points de recharge publics d'ici 2030. Avec un peu plus de 12 000 nouveaux points déployés en un semestre, le rythme actuel apparaît insuffisant pour atteindre cette cible sans une nette accélération dans les prochaines années.
Le baromètre montre également que la France compte désormais 55 062 stations de recharge, la majorité de ces infrastructures étant implantée dans les commerces (46 %) et les parkings (31 %), tandis que 13 % sont installées sur la voirie. Les autoroutes représentent seulement 2 % du parc, avec 4 443 points ! Mais leur maillage continue de s'étendre, notamment sur certaines aires de repos.
Les bornes rapides progressent, mais leur fiabilité recule
Le réseau évolue également sur le plan technologique. Les infrastructures de forte puissance deviennent progressivement plus nombreuses. Les points délivrant plus de 150 kW représentent désormais 14 % du parc français, contre 11 % un an plus tôt. Une évolution logique alors que les nouvelles voitures électriques acceptent des puissances de recharge toujours plus élevées et que les longs trajets reposent sur ces équipements.
En revanche, les indicateurs de disponibilité montrent une situation contrastée. Si à l'échelle nationale, le taux moyen de disponibilité demeure élevé à 89 %, et que 94 % des stations permettent un accès immédiat à au moins un point de recharge (des chiffres stables par rapport à l'an dernier), les bornes de charges rapide de plus de 150 kW ne sont plus qu'à 88,5 %. Pire, celles qui sont entre 50 et 150 kW n'affichent un taux de disponibilité qui ne grimpe qu'à 84,7 %.
Ces niveaux sont inférieurs à ceux observés en juin 2025. Plus préoccupant encore, 9 % des points de recharge sont restés indisponibles pendant plus de sept jours consécutifs, qu'il s'agisse de pannes ou d'opérations de maintenance prolongées.
Les infrastructures autoroutières font toutefois figure d'exception. Depuis l'été 2023, toutes les aires de service des autoroutes concédées disposent de bornes de recharge, avec un taux de disponibilité supérieur à 98,5 % en 2025, un chiffre nettement au-dessus de la moyenne nationale. Les bornes AC (jusqu'à 22 kW donc) ne s'en sortent pas trop mal aussi avec un taux qui grimpe à 90 %.
Les automobilistes utilisent les bornes comme jamais auparavant
Si les installations progressent moins vite, leur fréquentation continue en revanche d'augmenter. Depuis le printemps, chaque point de recharge public dépasse régulièrement le seuil des 30 sessions mensuelles en moyenne. En juin 2026, la moyenne atteint même 33,1 recharges par point, un niveau record qui coïncide aussi avec une augmentation du nombre de voiture électriques en circulation.
Cette montée en charge se retrouve également dans les consommations énergétiques. En moyenne, un point de recharge a distribué 721 kWh durant le mois de juin, tandis qu'une station complète a délivré 2 595 kWh. À l'échelle nationale, la consommation totale des points de recharge ouverts au public est estimée à 142 GWh pour le seul mois de juin. Ainsi, le parc des infrastructure est de plus en plus sollicité, ce qui tend à rendre les bornes plus rentables mais accroit aussi la pression sur la maintenance. Reste à voir comment se passera l'été : l'an dernier les stations avaient enregistré une hausse de fréquentation de 71% sur juillet‑août par rapport à l'année précédente.