serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

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Softbank investira entre 30 et 35 milliards d’euros sur le port de Dunkerque pour son pôle d’intelligence artificielle
Nouvel investissement de taille sur le domaine portuaire de Dunkerque : le japonais Softbank veut y installer son futur pôle dédié à l’intelligence artificielle, comprenant un data center et une usine à horizon 2031. soit un investissement d’une trentaine de milliards d’euros.

Image
D’ici 2031, le japonais Softbank va s’implanter à Loon-plage, à proximité du terminal des Flandres. | GRAND PORT MARITIME DE DUNKERQUE


Virginie Wojtkowski Publié le 01/06/2026 Le marin

Le géant japonais d’internet Softbank a annoncé, dimanche 31 mai à l’occasion du sommet Choose France, un investissement record de 45 milliards d’euros dans les Hauts-de-France, dont entre 30 et 35 milliards d’euros sur le territoire du grand port maritime de Dunkerque. Le projet prévoit l’implantation, à Loon-Plage, d’un vaste complexe dédié à l’intelligence artificielle comprenant un data center et une usine de fabrication de modules en partenariat avec Schneider electric.

La première phase vise la mise en service de 3,1 GW de capacité de calcul d’ici cinq ans. Ces deux projets permettront l’émergence d’une nouvelle filière économique locale avec, à la clé, 500 emplois, précise Patrice Vergriete, maire et président de la communauté urbaine de Dunkerque.
https://lemarin.ouest-france.fr/shippin ... cb0ffa8bfb
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448 TWh d'électricité par an, 4.500 milliards de litres d’eau : les coûts cachés de la révolution de l’IA

LD (avec agences) Publié le 03 juin 2026

Portée par l'explosion des usages de l'intelligence artificielle, la consommation des centres de données en électricité et en eau pourrait doubler d'ici à 2030, poussant l'ONU à réclamer davantage de transparence sur l'empreinte environnementale du secteur.

L’intelligence artificielle promet des gains de productivité inédits. Mais derrière les prouesses technologiques et les milliards investis dans la course aux modèles les plus performants, une autre réalité émerge : celle d’une infrastructure physique de plus en plus gourmande en ressources.

Dans un rapport publié mercredi, l’Institut de l’eau, de l’environnement et de la santé de l’Université des Nations unies (UNU-INWEH) alerte sur l’empreinte environnementale croissante des centres de données qui alimentent l’IA. Électricité, eau, foncier, émissions de carbone, déchets électroniques : tous les indicateurs sont orientés à la hausse.

« Le débat public considère encore souvent l’IA comme un logiciel, mais l’IA est aussi une infrastructure physique : centres de données, production d’électricité, systèmes de refroidissement, réseaux de transmission, puces, minéraux, terre et eau », rappelle Kaveh Madani, directeur de l’institut et principal auteur du rapport.

Les chiffres donnent la mesure du phénomène. En 2025, les centres de données ont consommé 448 térawattheures (TWh) d’électricité dans le monde, davantage que l’ensemble de l’Arabie saoudite et presque autant que la France. L’intelligence artificielle représente déjà un cinquième de cette consommation.

Selon les projections de l’ONU, cette demande énergétique devrait plus que doubler d’ici 2030 pour atteindre 945 TWh par an, soit un niveau proche de la consommation totale du Japon. À cette échéance, l’IA absorberait à elle seule 40 % de l’électricité utilisée par les centres de données. Cette croissance accompagne l’explosion attendue du marché mondial de l’IA, dont la valeur pourrait passer de 189 milliards de dollars en 2023 à 4.800 milliards de dollars en 2033.

L’impact climatique suivrait la même trajectoire. Les émissions associées aux centres de données devraient atteindre 399 millions de tonnes d’équivalent CO₂ en 2030, un volume supérieur aux émissions nettes enregistrées l’an dernier par le Royaume-Uni.

Une pression croissante sur les ressources en eau

L’électricité n’est qu’une partie du problème. Les infrastructures numériques mobilisent également des quantités considérables d’eau pour refroidir les serveurs. En 2025, les centres de données ont consommé 4.500 milliards de litres d’eau, soit assez pour couvrir les besoins de plus de 600 millions de personnes en Afrique subsaharienne. D’ici 2030, cette consommation pourrait grimper à 9.320 milliards de litres par an, l’équivalent des besoins essentiels de l’ensemble de la population de cette région du monde.

Le rapport souligne également l’expansion rapide de l’emprise foncière du secteur. La surface occupée par les centres de données pourrait plus que doubler en cinq ans, passant de 6.900 à plus de 14.500 kilomètres carrés. Leur superficie totale représenterait alors plus de dix-huit fois celle de New York.

Cette concentration d’infrastructures dans certaines régions suscite des inquiétudes croissantes. « Dans certaines régions, une expansion mal planifiée des centres de données pourrait accentuer la pression sur les ressources existantes. C’est pourquoi une planification responsable est essentielle dès maintenant, avant que les infrastructures et les dépendances ne soient figées », avertit Kaveh Madani.

Davantage de transparence

Face à cette montée en puissance, les chercheurs estiment que les géants de l’IA doivent rendre des comptes sur leur impact environnemental. « Ce que nous montrons ici n’est probablement que la partie émergée de l’iceberg », souligne Kaveh Madani. « Nous devons exiger davantage de transparence. Les fournisseurs doivent donner ces informations ».

Le rapport appelle les gouvernements à imposer des standards de reporting environnemental aux développeurs d’IA afin de rendre publiques les données relatives à la consommation énergétique, à l’utilisation de l’eau et aux émissions associées à l’entraînement des modèles et à leur exploitation. « Les gouvernements et les régulateurs devraient considérer la publication d’informations environnementales concernant l’IA comme une pratique courante », écrivent les auteurs.

L’étude recommande également d’intégrer la demande croissante de l’IA dans les stratégies climatiques et énergétiques nationales et d’éviter l’implantation de centres de données dans les zones déjà soumises au stress hydrique.

L’ONU interpelle enfin les utilisateurs eux-mêmes. Car toutes les requêtes n’ont pas le même coût environnemental. Le rapport rappelle qu’une recherche effectuée via une IA générative peut consommer jusqu’à dix fois plus d’énergie qu’une recherche internet classique. Les contenus vidéo générés par IA figurent parmi les usages les plus énergivores : une seule courte vidéo peut nécessiter autant d’électricité que des centaines d’images produites par la même technologie. « Avez-vous besoin de ChatGPT pour trouver une recette ? », interroge ainsi Miriam Aczel, chercheuse à l’UNU-INWEH.

Pour l’ONU, l’enjeu n’est toutefois pas de freiner le développement de l’intelligence artificielle. « Ce n’est pas un rapport anti-IA », insiste Kaveh Madani : « nous disons simplement que nous devons surveiller de manière anticipée leurs impacts afin de pouvoir les freiner, de pouvoir les contrôler avant qu’il ne soit trop tard ». Un avertissement qui intervient alors que la compétition mondiale pour la puissance de calcul s’intensifie. « À l’heure actuelle, la course à la croissance la plus rapide éclipse les principes fondamentaux de la croissance durable », résume Kaveh Madani.
https://www.latribune.fr/article/tech/1 ... on-de-l-ia
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De l'immobilier aux centres de données, le pari IA d'un milliardaire de Dubaï

AFP •10/06/2026

A Dubaï, un magnat de l'immobilier proche de Donald Trump investit des dizaines de milliards de dollars dans les centres de données, misant sur l'explosion de l'intelligence artificielle pour bâtir ce qu'il espère devenir le premier opérateur mondial du secteur.

Le patron de DAMAC Properties, Hussain Sajwani, présent à la deuxième investiture du président américain en janvier 2025, voit un potentiel "énorme" dans les infrastructures nécessaires à l'IA générative, dont les besoins en puissance de calcul explosent depuis le lancement de ChatGPT fin 2022.

Classé deuxième fortune du monde arabe par Forbes avec un patrimoine estimé à 15,3 milliards de dollars, M. Sajwani affiche volontiers ses relations sur Instagram, où il pose aux côtés de Donald Trump et des grands patrons américains Elon Musk et Jeff Bezos.

Il raconte volontiers comment le réunions à distance pendant la pandémie de coronavirus l'ont convaincu de se lancer dans le secteur des centres de données.

"L'idée m'est venue pendant le Covid, lorsque tout le monde était confiné et que je passais de longues heures sur Zoom", a-t-il expliqué à l'AFP, justement en visioconférence depuis le congrès Datacloud Global organisé début juin à Cannes (sud de la France).

"Il était évident que Zoom et d'autres entreprises du commerce en ligne allaient se développer. Je me suis donc dit que les centres de données avaient de l'avenir. Honnêtement, je n'aurais jamais imaginé une telle croissance", a-t-il poursuivi.

Attaques de drones

Selon lui, son groupe a identifié des sites dans 13 pays qui, s'ils sont tous développés, représenteraient une capacité totale de 6.000 mégawatts pour un coût d'environ 66 milliards de dollars.

Après avoir fait fortune dans l'immobilier, au point de lui valoir le surnom de "Donald Trump" de Dubaï, M. Sajwani a lancé DAMAC Digital en 2021.

La société a déjà achevé des projets de centres de données en Thaïlande et en Arabie saoudite et prévoit d'exploiter huit sites d'ici à la fin de l'année.

En 2017, M. Sajwani avait inauguré à Dubaï un parcours de golf sous la licence Trump. Début 2025, il est apparu aux côtés du président américain pour annoncer un investissement de 20 milliards de dollars dans des centres de données aux Etats-Unis.

Ce pari intervient alors que l'essor de l'intelligence artificielle générative alimente une course mondiale à la construction de centres de données géants, des immenses hangars sans fenêtres remplis d'armoires de puces électroniques refroidies en permanence.

Ces infrastructures, dont le coût se chiffre en dizaines de milliards de dollars et la consommation électrique en gigawatts, sont devenues un enjeu stratégique pour les Emirats arabes unis. Abou Dhabi a investi plus de 147 milliards de dollars dans l'IA depuis 2024 et cherche à transformer la richesse énergétique en puissance numérique.

Coûteux et remplis d'équipements sensibles, les centres de données peuvent toutefois constituer des cibles de choix en cas de conflit.

Pourtant, Hussain Sajwani se dit peu inquiet même si des drones ont visé des centres de données aux Emirats et à Bahreïn lors des premières semaines de la guerre au Moyen-Orient.

"Meilleurs au monde"

"La guerre nous a démontré que les Emirats arabes unis étaient très résilients et que le gouvernement avait fait un excellent travail pour défendre le pays", affirme-t-il.

Cinq géants du "cloud" et de l'IA figurent déjà parmi les clients de DAMAC Digital, sans que leurs noms puissent être divulgués.

Selon M. Sajwani, les centres de données sont en passe de dépasser l'immobilier pour devenir le principal moteur de son groupe.

"Nous disposons désormais d'une réserve foncière représentant près de 6.000 mégawatts", dit-il en référence aux sites disposant de capacités électriques et de connexions fibre suffisantes pour accueillir des centres de données.

Alors que la crainte d'une bulle spéculative autour de l'IA a récemment agité les marchés, M. Sajwani écarte ces inquiétudes, assurant que "la demande sera énorme" au cours des trois à quatre prochaines années.

Persuadé que l'intelligence artificielle "va provoquer une révolution dans tous les aspects de la vie humaine", il affirme désormais viser à détrôner Equinix, leader mondial du secteur avec plus de 280 sites.

"Nous voulons être plus grands qu'eux", lance-t-il. "Nous voulons être les meilleurs au monde".
https://www.boursorama.com/actualite-ec ... cec0ae2e9d
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"Vallée de l'IA" : comment la région Hauts-de-France se positionne comme la destination incontournable pour les investisseurs

Boursorama avec Media Services •10/06/2026

Collectivité locale, État et acteurs économiques locaux jouent "en équipe" pour attirer les investisseurs.

Position géographique avantageuse, foncier accessible, énergie décarbonée... Les atouts de la région Hauts-de-France y attirent des investissements colossaux pour des projets de centres de données. De quoi laisser entrevoir l'apparition d'"une vallée de l'IA" dans cette région autrefois industrielle.

Quarante-cinq milliards d'euros ont été promis par le japonais SoftBank Group pour construire trois centres de données d'une puissance de calcul inédite d'un gigawatt chacun dans la région d'ici 2031. À elle seule, cette annonce représente près de la moitié de la moisson nationale d'investissements étrangers lors du dernier sommet Choose France début juin. D'autres investisseurs se profilent : l'opérateur européen Data4, appartenant au canadien Brookfield, prévoit jusqu'à 30 milliards d'euros pour construire deux autres méga-centres de données dans le Nord.

Xavier Bertrand, président LR des Hauts-de-France et candidat à l'élection présidentielle de 2027, veut marquer le coup avec un sommet de l'IA organisé vendredi à Lille. Présenté comme "l'acte II français" de l'intelligence artificielle après le sommet de Paris l'an dernier, il rassemblera de nombreux experts et dirigeants économiques. "On est à fond sur le sujet" de l'IA , résume-t-il, interrogé par l' AFP .

"Clair et cash"

Si l'Île-de-France concentre actuellement la majorité des infrastructures françaises, les Hauts-de-France présentent beaucoup d'atouts pour héberger ces énormes sites très énergivores. À commencer par sa position géographique au cœur du "FLAP" (Francfort, Londres, Amsterdam, Paris) , les principaux nœuds de connectivité en Europe, et son énergie décarbonée grâce au nucléaire, relève Data4.

C'est aussi "l'un des rares territoires en France (...) qui dispose de friches industrielles très importantes" et réutilisables et ce, avec un coût de l'immobilier logistique "plus faible" que dans les pays voisins , souligne auprès de l' AFP Mathieu Jaud de la Jousselinière, de la société de conseil EY. Ce dernier se dit aussi "frappé" par la "très belle énergie collective" des pouvoirs publics et des acteurs économiques locaux pour attirer des investisseurs.

"Avec la collectivité locale et l'État, on joue en équipe", confirme Xavier Bertrand. "On sait répondre plus vite qu'ailleurs" et "quand on est clair et cash, on gagne du temps et de la confiance" .

La vitesse d'exécution des projets, déjà observée pour les méga-usines de batteries pour véhicules électriques sorties de terre ces dernières années dans les Hauts-de-France, est un facteur clé. Trois sites de la région bénéficient depuis 2025 d'une offre de raccordement accélérée au réseau très haute tension de RTE, en vue d'accueillir des centres de données de grande puissance.

Quant à l'acceptabilité sociale de ces projets, ce n'est "pas un sujet" dans la région, du fait de sa culture "autour de la valeur travail" et de sa tradition industrielle, estime Mathieu Jaud de la Jousselinière.

De son côté, France nature environnement déplore "le manque de débat de fond alors que l'enjeu est énorme". "On n'a aucune information sur les impacts de ces centres, faute de réunions publiques de concertation" en amont des projets, souligne le président régional, Thierry Dereux.

Le surplus de chaleur généré par les centres de données "devra être reversé dans des réseaux de chaleur" urbains, précise Xavier Bertrand, comme pour devancer les critiques environnementales.

Peu d'emplois directs

L'écart entre le gigantisme des investissements et leurs retombées en matière d'emplois amène également à s'interroger. Les trois "data centers" de SoftBank devraient générer seulement 900 emplois directs. Par rapport à d'autres industries comme l'automobile, les centres de données, "c'est quand même moins intégré" au tissu économique local, reconnaît Alexandre Bernard, directeur EY pour le Nord de la France.

Car une grande partie des investissements ira dans la consommation d'énergie, et dans l'achat des puces conçues et fabriquées ailleurs dans le monde, relève-t-il.

Mais pour Xavier Bertrand, ces centres ne sont qu'une première étape devant permettre à terme de créer d'autres emplois. "C'est de l'infrastructure utile et une plus-value pour nos entreprises", tranche-t-il.

Il dit négocier "l'accès à des données souveraines" et un "accès privilégié" à ces gigantesques puissances de calcul pour les entreprises et universités du territoire.

Qu'est-ce que ces centres de données vont générer en "traction réelle" pour bâtir une filière intégrée autour de l'IA dans la région, "je l'ignore", commente plus prudemment Mathieu Jaud de la Jousselinière. "Mais ce qui est certain, c'est qu'il faut jouer la carte à fond".
https://www.boursorama.com/actualite-ec ... b8f5a87208
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La France accélère l’implantation de giga data centers pour l’IA

AFP avec Connaissance des Énergies le 12 juin 2026 à 13h02

Approuvés par certains mais contestés par d’autres, les très grands centres de données vont se multiplier en France, dopés par l’attrait pour l’IA générative, au risque d’exacerber les tensions locales.

Investissements record et besoins de puissance inédits

Un an après une première annonce de 109 milliards d’euros d’investissements liés à l’IA, une nouvelle vague de 93 milliards d’euros a été enregistrée la semaine dernière, portée notamment par des projets de « giga » centres de données dans les Hauts-de-France. En janvier, le gouvernement a évalué la puissance électrique recherchée par les projets en cours à 28,6 GW, dont 5,8 GW déjà sécurisés par un site et assortis d’engagements de raccordement.

Cette dynamique se reflète dans les files d’attente réseau : selon RTE, les droits d’accès au réseau de transport attribués atteignaient fin 2025 environ 30 GW, dont 14 GW pour des centres de données. Dans l’Indre, le maire de Châteauroux, Gil Avérous, soutient l’éventuelle implantation du premier centre détenu en propre par Google en France, y voyant « l’occasion de renforcer [la] desserte électrique et de permettre l’implantation de nouvelles industries ». Pour ce territoire, RTE évoque un investissement de 300 millions d’euros et la construction d’environ 90 kilomètres de ligne.

Acceptabilité locale, extension géographique et risques perçus

Longtemps concentrés en Île-de-France, à Marseille et dans le Nord, les projets gagnent désormais des sites ruraux ou périurbains. « Avec la vague des data centers liés à l’IA, il n’y a pas forcément besoin d’être proche des métropoles pour entraîner des modèles et on voit arriver des projets de plusieurs centaines de mégawatts sur des sites de plusieurs dizaines d’hectares, souvent en zone rurale ou périurbaine, avec des émissions carbone qui viennent contrecarrer les stratégies environnementales locales », observe l’urbaniste Cécile Diguet.

Les oppositions locales se structurent. Le collectif marseillais « Le nuage était sous nos pieds » dénombre une trentaine de groupes mobilisés. Aux Pennes-Mirabeau, près de Marseille, l’opérateur japonais Telehouse projette « Cézanne », un site de 70 MW. Rescapé de l’incendie de 2016, Philippe Chabeaudy alerte : « Le choix d’implantation est incompréhensible. Pour refroidir les serveurs, le data center va rejeter l’équivalent de la chaleur produite par 70 000 chauffages électriques de 1 000 watts alors qu’il se trouve à 85 mètres d’une pinède. »

Contraintes environnementales, controverses juridiques et positionnements de la filière

Si l’électricité française est majoritairement décarbonée, les centres de données s’appuient sur des groupes électrogènes de secours, souvent au gazole. RTE indique que la production d’électricité a été décarbonée à plus de 95 % en 2025, niveau qui alimente les arguments d’accueil de nouveaux usages électro-intensifs. Lou Welgryn, coprésidente de Data for Good, alerte toutefois : « On assiste à une fuite en avant sur l’implantation des centres de données, sans réelle stratégie autre que de reproduire le gigantisme du modèle américain. »

La trajectoire de demande interroge : selon l’Agence de la transition écologique, la consommation d’électricité des centres de données pourrait être multipliée par 3,7 en France d’ici 2035 si les usages numériques se poursuivent au rythme actuel. Sur le terrain réglementaire, des critiques émergent. À Wissous (Essonne), trois associations attaquent en justice ce qu’elles estiment être un « saucissonnage » destiné à contourner l’évaluation environnementale. « L’impulsion politique très forte pour attirer les investissements se traduit par une législation de plus en plus permissive », juge Maxime Colin, de France Nature Environnement Île-de-France, évoquant des textes récents réduisant certaines possibilités d’information du public.

Les responsables écologistes mettent aussi en cause l’occupation du foncier et l’ordre de priorité des usages électriques. En Centre-Val de Loire, l’élu régional Jérémie Godet estime que le projet de 195 ha près de Châteauroux, soit « 279 terrains de football », avec une puissance d’1,2 à 1,3 GW « n’est pas compatible avec la transition écologique » et interroge la cohérence avec l’ambition de « souveraineté numérique ». À l’inverse, la filière affirme jouer la transparence : pour Michaël Reffay, délégué général de France Datacenter, « il n’y a jamais eu de volonté de la filière de forcer la main des élus, qui sont très désireux d’accueillir des milliards d’investissements ». Il soutient qu’un data center « est bien moins contraignant qu’une usine de méthanisation » et qu’« EDF en a besoin comme relais de croissance ».

Pour Maxime Efoui-Hess, du Shift Project, la trajectoire actuelle « revient à prioriser l’électricité pour les centres de données alors même que d’autres usages comme les véhicules électriques sont appelés à se développer ». En parallèle, RTE recense fin 2025 environ 14 GW de droits d’accès déjà réservés à des centres de données, illustrant la vitesse de concrétisation des projets.
https://www.connaissancedesenergies.org ... res-260612
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