https://www.boursorama.com/actualite-ec ... fbcc8b76f3Venezuela: après le pétrole, l'industrie minière s'ouvre à son tour au privé
AFP •10/04/2026
Après avoir ouvert, sous la pression des Etats-Unis, l'immense industrie pétrolière aux investissements privés et étrangers, le Parlement du Venezuela a fait de même jeudi avec ses vastes réserves minières.
Connu pour ses plus grandes réserves pétrolières du monde, le Venezuela est aussi un pays riche en minerais tels que l'or, le diamant, la bauxite ou le coltan.
"La deuxième lecture du projet de loi organique sur les mines est déclarée approuvée à l'unanimité", a déclaré le président du Parlement, Jorge Rodriguez.
Cette adoption était attendue notamment après la visite à la mi-mars au Venezuela du ministre américain de l'Intérieur, Doug Burgum, connu pour sa proximité avec l'industrie pétrolière et minière.
Egalement président du Conseil national pour la domination énergétique des Etats-Unis, M. Burgum avait déclaré depuis Caracas que les compagnies minières américaines étaient "impatientes" de se mettre au travail au Venezuela.
La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, avait déjà promu, quelques semaines après le renversement de Nicolas Maduro capturé en janvier par l'armée américaine, une réforme de la loi sur les hydrocarbures qui offre des garanties à l'investissement privé et modifie le modèle étatiste conçu sous le président socialiste défunt Hugo Chavez (1999-2013).
- Gangs, groupes armés -
L'activité minière au Venezuela est surtout concentrée sur un territoire de 112.000 km2 baptisé Arc minier.
Gangs, groupes armés, et dans certaines zones les guérillas colombiennes de l'ELN ou des dissidences des ex-Farc contrôlent des pans entiers des zones minières, avec l'accord des forces de sécurité, selon de nombreux experts et témoins.
Il y a un "contrôle" des "bandes armées organisées, qui se font appeler syndicats, mais plus récemment +le système+ parce qu'elles sont tellement implantées", explique à l'AFP Lisseth Boon, auteur du livre-enquête "Oro malandro" (Or bandit).
La suspension de toutes les concessions minières par feu le président Chavez en 2011 a crée "comme un vide dans le contrôle" et "c'est à ce moment-là que les +syndicats+ ont commencé à prendre le contrôle des mines (...) à se les répartir", voire à se battre pour elles, explique Mme Boon.
"Une gouvernance criminelle s'est instaurée. Ou appelons la une cogouvernance" entre les +syndicats+ et l'Etat ou les forces de sécurité avec "des accords tacites", dit-elle.
"C'est ce qui explique que dans une zone totalement militarisée, où il y a prétendument une présence de l'Etat, ce soient ces groupes criminels qui contrôlent les mines", souligne-t-elle.
Elle explique que les groupes prennent une commission sur toutes les extractions mais aussi des "vaccins" (impôts ou taxes) sur "tous les commerces et même les travailleuses du sexe".
- "Système sous emprise" -
Insight Crime a fait les mêmes constations, estimant qu'au "fil de nombreuses années, les +syndicats+ qui se consacrent à la régulation de l'extraction d'or ont évidemment développé un contrôle assez profond de ces territoires", a confié la cheffe enquêtrice à l'AFP.
Ce contrôle va par exemple jusqu'aux élections où "des habitants ont été contraints de voter pour des candidats du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), au pouvoir", lors de la présidentielle de 2024, selon un rapport d'Insight Crime à Las Claritas, dans l'Etat de Bolivar.
"La question est de savoir si cette loi sera en mesure de réguler" l'activité et "garantir que cet or ne soit pas entaché par ces groupes criminels et par cette influence criminelle. Savoir si elle y parviendra est la grande question", précise la cheffe enquêtrice.
"Un secteur minier criminalisé ne peut pas être +rouvert+ sans changement structurel. Le secteur minier vénézuélien n'est pas une industrie extractive normale en attente d'investissements. Il s'agit d'un système sous emprise et criminalisé dans lequel des entités de l'Etat (...) opèrent depuis longtemps aux côtés d'acteurs armés non étatiques, de groupes armés irréguliers, et dans de nombreux cas en coordination avec eux", souligne quant à lui dans un communiqué un groupement d'ONG.
Ces ONG dénoncent "un réseau contrôlé par l'Etat qui a historiquement facilité des flux d'or opaques, la destruction environnementale systémique (...) et des violations des droits humains".
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Re: Venezuela
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Re: Venezuela
https://www.connaissancedesenergies.org ... ela-260416Le groupe espagnol Repsol reprend le contrôle de ses activités pétrolières au Venezuela
Connaissance des Énergies avec AFP le 16 avril 2026
Le géant énergétique espagnol Repsol a annoncé jeudi avoir signé un accord avec le gouvernement vénézuélien pour reprendre le contrôle et développer fortement la production de sa co-entreprise pétrolière au Venezuela, dont l'activité était très perturbée depuis 2025
Environ 45 000 barils par jour à l'heure actuelle
Cet accord permettra à Repsol de reprendre le contrôle opérationnel de sa coentreprise Petroquiriquire, créée pour développer et exploiter des champs pétrolifères dans l'est du Venezuela, a indiqué la société dans un communiqué. Repsol détient 40 % de Petroquiriquire, et la compagnie publique PDVSA en contrôle 60 %.
Le groupe espagnol a indiqué être prêt à augmenter sa production pétrolière brute dans le pays de 50 % en 12 mois, et de même la tripler d'ici trois ans si "les conditions nécessaires" sont réunies. "Cet accord souligne l'engagement de Repsol envers le Venezuela, où nous opérons sans interruption depuis 1993", a déclaré le directeur de l'exploration et de la production de l'entreprise, Francisco Gea, dans un communiqué.
"Nous disposons des actifs ainsi que des capacités techniques, opérationnelles et humaines sur le terrain pour augmenter notre production dans le pays", a-t-il ajouté.
Repsol a précisé que sa production pétrolière au Venezuela s'élevait aujourd'hui à environ 45 000 barils par jour, principalement au sein de Petroquiriquire.
Des opérations très limitées depuis 2025
L'accord a été signé entre Repsol, le ministère vénézuélien des hydrocarbures et PDVSA. En mars, le gouvernement vénézuélien avait déjà signé avec Repsol et la compagnie italienne Eni pour renforcer un projet gazier auquel les deux entreprises participent depuis 2009.
Les opérations de Repsol au Venezuela ont été très limitées depuis 2025 par la révocation unilatérale par Washington de sa licence d'exploitation, une décision qui a également concerné les autres acteurs étrangers présents sur place.
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Re: Venezuela
https://www.connaissancedesenergies.org ... que-260420Le Venezuela discute avec Siemens et General Electric pour améliorer son réseau électrique
Connaissance des Énergies avec AFP le 20 avril 2026
La présidente par intérim Delcy Rodriguez a annoncé dimanche qu'elle était en relation "directe" avec les multinationales Siemens et General Electric pour travailler sur l'électricité au Venezuela où les coupures sont fréquentes, perturbant l'activité industrielle.
Crise électrique
Depuis la capture du président Nicolas Maduro le 3 janvier, Washington a assoupli graduellement les sanctions contre le Venezuela alors que le pays a notamment fait adopter des nouvelles lois sur le pétrole et les mines ouvrant ces secteurs au privé, et promulgué une loi d'amnistie qui a permis la libération de centaines de détenus politiques. Toutefois, quelque 500 d'entre eux restent encore derrière les barreaux.
Le président américain Donald Trump a régulièrement assuré qu'il contrôlait le pays et notamment l'industrie pétrolière, qui a besoin d'énormes investissements pour se restructurer, mais aussi de courant électrique.
La capitale pétrolière, l'État de Zulia (nord-ouest), est le plus durement touché par la crise électrique. Ses habitants subissent quotidiennement des coupures de courant pendant des heures.
"Nous sommes déjà en relation directe avec Siemens et General Electric pour résoudre le problème électrique dans l'Etat de Zulia", a déclaré dimanche Mme Rodriguez lors d'une marche du pouvoir à Maracaibo, la capitale du Zulia.
Le pouvoir a lancé ce dimanche une série de marches dans plusieurs Etats du pays pour exiger la fin des sanctions. Ces marches seront ponctuées par un grand rassemblement à Caracas le 1er mai.
En soirée, lors d'un discours à la télévision, elle a a assuré: "Nous sommes de retour sur la scène internationale. Des centaines d'entreprises ont manifesté leur intérêt à investir dans le pays et, grâce à la diplomatie vénézuélienne, nous avons retrouvé notre représentation au Fonds monétaire international, ce qui ouvre l'accès à nos ressources pour la santé, les services de base, la production nationale, stratégique, et la stabilisation de nos réserves internationales".
Nouvelles perspectives financières
Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale ont annoncé jeudi le rétablissement de leurs relations avec le Venezuela, ouvrant de nouvelles perspectives financières pour le pays. Les relations avec le FMI étaient gelées depuis 2019.
Évoquant les 100 jours depuis la capture de Maduro, Mme Rodriguez a ajouté: "Je reconnais les grandes attentes de notre population et de nos équipes quant à la réalisation d'améliorations dans des délais raisonnables et avec des résultats vérifiables, mais nous n'en sommes qu'aux premiers pas."
"Ces 100 jours ne sont pas un point d'arrivée, ils marquent le début d'une nouvelle étape, une étape pour retrouver l'espoir, raviver la confiance, nous retrouver entre Vénézuéliens et garantir l'avenir de notre jeunesse", a-t-elle assuré.
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Re: Venezuela
https://www.connaissancedesenergies.org ... ere-260428Venezuela: moins de 30% des puits de pétrole sont en activité (Chambre pétrolière)
Connaissance des Énergies avec AFP le 28 avril 2026
Moins de 30% des puits de pétrole du Venezuela sont en activité, a indiqué lundi la Chambre pétrolière vénézuélienne (CPV) lors d'un forum, alors que les Etats-Unis veulent augmenter la production du pays après la capture du président Nicolas Maduro en janvier.
Avec une production qui avoisine 1 million de barils par jour, le pays, qui dispose des plus grandes réserves de brut de la planète et fut jadis surnommé "Venezuela Saoudite", est très loin des 3 millions de barils d'il y a deux décennies. Moins de 30% de ses près de 31.000 puits sont actuellement en service, selon les données de cette organisation de professionnels.
"Il y a un très grand nombre de puits qui attendent d'être entretenus (réparés)", a déclaré Enrique Novoa, président de la CPV, lors du forum Venezuela Energética 2026 à Caracas. Le Venezuela compte actuellement 8.491 puits de pétrole en activité.
"Le patronat est très engagé à les porter à leur niveau maximal. En ce moment, des entreprises comme (l'Américain) Chevron progressent, et (l'Espagnol) Repsol aussi, leurs sociétés mixtes avancent dans ce processus, car l'équipement des puits est fondamental pour pouvoir augmenter la production", a-t-il poursuivi.
Le secteur vise pour cette année une production de 1,3 million de barils par jour. Toutefois, il reste encore des difficultés à surmonter, comme l'approvisionnement en électricité et des investissements massifs dans l'appareil d'extraction.
Enrique Novoa a réitéré sa demande de lever toutes les sanctions contre le pays, après l'intervention du chargé d'affaires des Etats-Unis, John Barrett, présent au forum.
"Nous les Vénézuéliens devons parier sur la disparition complète du cadre de sanctions. Nous pensons que c'est, d'abord, ce que mérite le peuple vénézuélien en tant que société", a-t-il souligné.
Le pouvoir vénézuélien accuse régulièrement les sanctions américaines, durcies en 2019, d'être à l'origine de la baisse de la production. Si l'embargo pétrolier a de fait affecté l'industrie pétrolière, des années de mauvaise gestion et de corruption sont aussi à l'origine de l'état du secteur.
Arrivé à Caracas en avril, M. Barrett a estimé que le secteur privé et en particulier les sociétés américaines seront "le moteur de la transformation du Venezuela en un centre énergétique mondial".
Le président américain Donald Trump assouplit graduellement les sanctions depuis la capture de Maduro par l'armée américaine, faisant régulièrement l'éloge de la présidence par intérim de Delcy Rodriguez qui a notamment fait voter de nouvelles lois sur les hydrocarbures et le secteur minier, ouvrant ces secteurs au privé.
Cependant, de nombreux experts et dirigeants d'entreprises présents au forum jugent l'assouplissement des sanctions insuffisant pour stimuler la production.