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https://www.latribune.fr/article/entrep ... rificationÉlectricité : Enedis et RTE multiplient les infrastructures pour raviver l'électrification
Maxime Giraudeau Publié le 17 avril 2026 latribune.fr
Enedis et RTE ont inauguré en Gironde un poste-source destiné à approivisionner 11 000 foyers, commerces et entreprises en électricité.
MG /La Tribune
Les gestionnaires des réseaux de distribution et de transport d'électricité ont inauguré en Gironde un poste-source pour accélérer l'électrification des activités. Les deux entreprises publiques portent des niveaux d'investissements colossaux, malgré une consommation qui stagne.
« La crise au Moyen-Orient ne fait que montrer un peu plus la double nécessité de se détourner des énergies fossiles et de renforcer notre souveraineté énergétique. La filière des industries et réseaux électriques est prête à prendre toute sa place. » La présidente du directoire d'Enedis, Marianne Laigneau, rebondit deux fois sur l'actualité. Entre la guerre en Iran qui fait bondir les prix du pétrole et le plan d'électrification dévoilé la semaine dernière par le Premier ministre, le contexte est propice pour faire valoir l'utilité des réseaux électriques.
En visite sur la commune de Pompignac ce vendredi 17 avril, à quelques kilomètres de Bordeaux, l'entreprise publique a inauguré, avec sa cousine RTE chargée du réseau de transport, un poste-source.
Il représente cinq ans de conception, deux ans de travaux pour 11 millions d'euros d'investissement. L'infrastructure se révèle capitale dans l'acheminement des électrons, permettant de convertir de la haute vers la moyenne tension l'énergie distribuée aux particuliers, collectivités et entreprises clientes.
Ici, sur un hectare défriché, le poste, cerné d'une enceinte en béton, va fournir directement les activités et industries nouvellement installées, dans une zone périurbaine attractive. « Électrifier, c'est l'assurance-vie de l'économie française », clame Vincent Jechoux, directeur régional de l'environnement, de l'aménagement et du logement en Nouvelle-Aquitaine.
La consommation électrique plafonne
Les installations du genre, déjà courantes en France avec 2 200 sites propriété d'Enedis, sont amenés à se multiplier. De cinq postes-source mis en service chaque année, le gestionnaire de réseau veut grimper à vingt dès 2028. A partir de là, il devra en raccorder quinze à trente-cinq tous les ans jusqu'en 2040.
Pour les quinze années à venir, RTE et Enedis mobilisent d'ailleurs à eux deux une enveloppe colossale de 200 milliards d'euros. Du jamais vu.
« Sans réseau robuste, moderne et résilient, la trajectoire d'électrification n'est pas atteignable », prévient Marianne Laigneau. A ce titre, la posture des deux entreprises publiques s'inscrit dans l'anticipation. L'aménagement des infrastructures prend au moins cinq ans et elles doivent donc lancer des chantiers très en amont. Les gestionnaires se retrouvent ainsi tantôt accusés d'être trop lents par les développeurs d'énergies renouvelables, soucieux de raccorder au plus vite leurs nouveaux parcs, tantôt d'arriver trop tôt alors que l'électrification des usages se fait plus timide que prévu. En 2025, la consommation électrique française est retombé au niveau mesuré il y a vingt ans.
« Ca ne pousse pas aussi vite qu'attendu au départ mais l'objectif devra bien être atteint », relie la dirigeante. Enedis a ainsi engagé 5,7 milliards d'euros d'investissements l'an dernier, un record. Ses calendriers, comme ceux de RTE, sont remplis pour les années à venir. Dans le domaine des réseaux électriques, les entreprises font d'ailleurs face à une montagne d'activité. Les besoins de recrutement sont ainsi évalués à 43 000 personnes d'ici 2030 par la Fédération industrielle des entreprises de réseaux électriques. Un changement d'échelle redoutable et qui influera directement sur le calendrier de la transition énergétique.

https://www.revolution-energetique.com/ ... -francais/Voici le nouveau pylône électrique à très haute tension français
Par Hector PIETRANI Publié le 24 avril 2026
Le pylône nouvelle génération / Image : RTE.
Il y en aura près de 90 000 à travers toute la France. Le gestionnaire du réseau de transports d’électricité RTE a dévoilé l’allure et les caractéristiques des nouveaux pylônes, ces grands mâts supportant les lignes à très haute tension dont le chantier coûtera 24 milliards d’euros.
Le « Trianon », le « Chat », le « Beaubourg » et même le « Muguet » : si ces petits noms ne vous disent rien, ils font pourtant partie de votre quotidien. Ils désignent les différents types de pylônes haute tension qui rythment les paysages français. La famille s’enrichit d’un nouveau modèle sobrement baptisé « pylône nouvelle génération », qui n’a manifestement pas l’honneur d’être gratifié d’une élégante appellation comme ses prédécesseurs.
Plus de 23 000 km de lignes à remplacer d’ici 2040
C’est ce modèle que le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE va désormais utiliser lors des renouvellements et constructions de lignes nouvelles à très haute tension. D’ici à 2040, 23 500 kilomètres de lignes à haute et très haute tension seront remplacés, les 85 000 à 98 000 pylônes en même temps.
Le réseau est vieillissant, c’est vrai. Mais il doit aussi s’adapter notamment au réchauffement climatique et doit s’étendre. Certaines lignes construites ont plus de 80 ans et ne sont pas dimensionnées pour des températures dépassant 45 degrés : elles se dilatent et peuvent s’affaisser. Le pylône, fruit d’un appel à projet, repose sur une structure en béton dont l’emprise au sol est réduite de 30 % et est associée à de l’acier recyclé à 80 %. Son empreinte carbone sur le cycle de vie est réduite d’environ 28 % par rapport aux modèles actuels selon RTE. Sa durée de vie est estimée à une centaine d’années et ne nécessitera pas de remise en peinture régulière.
Un pylône plus cher
Le pylône se veut aussi plus simple car il est composé d’environ 200 pièces contre plus de 1 000 pour les modèles treillis classiques. Il a aussi deux fois moins de boulons. Il prend donc deux jours de moins à être monté grâce à sa standardisation et permettra d’accélérer le rythme du renouvellement : 800 km de lignes par an aujourd’hui jusqu’à 2 500 km par an à 2040. Le cahier des charges a recherché, disons, l’efficacité dans ce chantier monumental.
Inconvénient : RTE admet qu’ils sont plus chers, de 5 à 6 % par rapport aux pylônes actuels (environ 275 000 euros pour une ligne 400 kV).
Les premiers seront installés entre Aurillac et Figeac et au total 230 pylônes seront installés entre 2028 et 2032.
Pourquoi RTE ne parle-t-il pas d’enfouissement ? À très haute tension (400 kV), il est techniquement complexe sur de longues distances et jusqu’à huit fois plus coûteux selon RTE. La modernisation des lignes aériennes reste donc la solution privilégiée pour accompagner l’électrification du pays, mais elle peine à être acceptée, comme dans les Landes.