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France: employeurs et salariés ensemble contre la taxe sur billets d'avion
Employeurs et organisations syndicales en France ont dénoncé d'une même voix jeudi la taxe de solidarité sur les billets d'avion lancée par Jacques Chirac, qui a annoncé qu'elle serait soumise au Parlement "dans les semaines qui viennent".
Pour le président Chirac, cette taxe, dont le conseil des ministres a approuvé le principe mercredi, doit financer l'aide au développement. D'un montant de 1 euro à 40 euros selon les classes et les destinations, elle devrait rapporter 210 millions d'euros par an. Elle sera affectée dans un premier temps à la lutte contre les grandes pandémies, comme le sida, dans les pays pauvres.
"J'ai proposé une taxe de solidarité sur les billets d'avion auprès de la communauté internationale. Pour son application en France, ce dispositif sera soumis au Parlement dans les semaines qui viennent", a déclaré le chef de l'Etat, jeudi, dans un message lu lors d'une conférence sur l'environnement.
Dans une démarche inhabituelle, organisations d'employeurs -Fnam (Fédération nationale de l'aviation marchande), Scara (Syndicat des compagnies aériennes), UCCEGA-Les Aéroports Français- et syndicats - CFDT, CFTC, CGC, Snpl, Snpnc, Unac et Uspnt- ont aussitôt signé un texte commun, adressé au gouvernement pour dénoncer cette nouvelle disposition.
Dans cette "lettre ouverte", ils appellent "solennellement" le gouvernement à suspendre cette initiative.
"Du fait du renchérissement du prix du billet, la profession du transport aérien s'attend à perdre environ 1 million de passagers dont 600.000 sur le seul trafic intérieur", estiment ces signataires.
Pour eux, "ce projet générerait une nouvelle distorsion de concurrence au détriment des compagnies aériennes françaises et européennes au profit de leurs principales concurrentes nord-américaines et asiatiques".
Dans une lettre ouverte séparée, le président de la Fédération nationale de l'aviation marchande (FNAM) Lionel Guérin s'est insurgé contre le fait "qu'une fois de plus, on considère le passager aérien comme un citoyen à part, sur lequel on peut prélever indéfiniment de nouveaux impôts pour financer des missions qui relèvent de l'intérêt général".
Les hôteliers de la Côte d'Azur ont également fait savoir qu'ils étaient "fortement hostiles" à cette taxe de solidarité.
De son côté, la CGT-Transports a estimé que "ce n'est pas aux salariés et (aux) consommateurs de payer" et que cette "solidarité doit être financée par une redistribution des richesses".
Même écho chez la CFTC du groupe Air France, qui a qualifié la taxe d'"injuste", "inefficace" et "préjudiciable à l'économie et à l'emploi".
Cette initiative a également suscité le scepticisme de nombreux pays, au premier rang desquels les Etats-Unis, farouchement hostiles à toute idée de taxe.
Seule la Norvège, championne de l'aide au développement, a dit jeudi qu'elle souhaitait adhérer au système de taxation suggéré par la France, une idée que le ministre du Développement international a même décrite comme "un bond de civilisation".
<<on considère le passager aérien comme un citoyen à part, sur lequel on peut prélever indéfiniment de nouveaux impôts pour financer des missions qui relèvent de l'intérêt général>>
Faut il rappeler que le transport aérien est déja à part parce que le Kérozéne n'est pas soumis à la TIPP !!