Wouah
Et du côté de l'Automobile Club, voici leur éditorial de février.
Je résume: si l'Etat persiste à ne pas baisser les taxes sur le carburants, ce sera bientôt la cata: les gens rouleront moins (donc il y aura moins de revenus pour l'Etat).
La vache à lait n’en peut plus !
par Roger BRAUN (Directeur Général de l'Automobile Club Action +)
Vous vous souvenez, il y a quelques années, on agitait le spectre du litre de carburant à 10 francs : « l’essence ne peut pas continuer à augmenter comme cela. Si elle atteint un jour 10 francs le litre les automobilistes ne pourront plus suivre ».
Quelques années et un peu d’inflation passés par-dessus et nous y sommes. Au moment où le baril de pétrole brut franchissait, de son côté, l’autre barrière psychologique des 100 $, on relevait à Paris les premières stations où le litre de super 95 était vendu au-delà d’1.55 € soit plus de 10 francs.
Et encore, la répercussion des dernières augmentations du baril de pétrole n’est-elle pas totale. Quand on sait que par le jeu mécanique des taxes l’Etat encaisse 2 cents d’euro de plus par litre d’essence chaque fois que le prix hors taxes augmente lui de 10 cents, cela fait pour l’automobiliste des ponctions supplémentaires qui deviennent difficilement supportables.
S’ajoutent à cela les autres tracas du moment qui se traduisent tous par des conséquences financières, tels que le bonus/malus que les parents de familles nombreuses ressentent douloureusement, les radars au bord des routes avec leur cortège de points et d’amendes dont on voudrait bien être sûr que c’est toujours à bon escient, l’augmentation des tarifs du contrôle technique, etc.... Et je ne parle que de l’actualité du moment.
Vous souvenez-vous de la fable de la Fontaine : la poule aux œufs d’or ?
«… pondait tous les jours un œuf d’or,
Il crut que dans son corps elle avait un trésor,
Il la tua, l’ouvrit et la trouva semblable
A celles dont les œufs ne lui rapportaient rien »
Et bien, il faut prendre garde à ne pas tuer notre vache à lait. Déjà les pouvoirs publics indiquent que, malgré les augmentations du prix de l’essence et donc de la taxe au litre, les carburants et l’ensemble des produits pétroliers, tout confondus, auraient moins rapporté que l’année précédente.
Si cela est exact également pour la seule automobile (nous n’avons pas à ce jour le détail), cela voudrait dire que les automobilistes roulent moins, conséquences d’une politique et d’un état d’esprit qui ne sont pas complètement favorables à l’utilisation de la voiture individuelle.
A force de tirer sur les pis de la vache, va-t-elle encore pouvoir donner autant de richesses au pays ? Je vous laisse y réfléchir en compagnie de ma poule et de ma vache.
(Extrait de la revue de l'Automobile Club : Février 2008 ISSN 1296-3739)
Source
Vous y croyez, vous ?
