par energy_isere » 02 sept. 2026, 11:18
Énergie : Sonatrach choisit le chinois Anton pour préparer la prochaine étape de son pari sur le schiste
Olivier de Souza, Agence Ecofin Publié le 02 septembre 2026
Entre déclin des grands gisements conventionnels, hausse des besoins intérieurs et redéfinition des flux gaziers vers l’Europe, l’Algérie cherche de nouveaux relais pour préserver sa capacité de production et d’exportation.
Le groupe algérien Sonatrach et le chinois Anton Oilfield Services ont signé, le 29 août à Pékin, un protocole d’entente pour identifier des opportunités de coopération dans les hydrocarbures et les services associés. Conclu en marge de la visite en Chine du PDG de Sonatrach, Nour Eddine Daoudi, l’accord cible notamment les ressources non conventionnelles, les gisements marginaux et la récupération assistée du pétrole (EOR).
Il prévoit aussi d’étudier la fabrication locale d’équipements nécessaires aux opérations pétrogazières, ainsi que le transfert de technologies, les échanges d’expertise et le renforcement des capacités. L’enjeu pour la partie algérienne est de préparer les moyens techniques et industriels nécessaires à une nouvelle phase de développement du schiste.
Le schiste revient au centre du jeu
L’Algérie cherche depuis plusieurs années à exploiter son gaz de schiste, sans être parvenue jusqu’ici à lancer une production commerciale. Les travaux réalisés sur des champs expérimentaux à In Salah avaient été suspendus début 2016, après la chute des prix du pétrole, qui avait rendu les opérations trop coûteuses.
En octobre 2025, le patron de l’Agence nationale des hydrocarbures (ALNAFT), Samir Bekhti, confirmait le recentrage sur les ressources non conventionnelles, afin d’exploiter davantage le potentiel national et de revitaliser la production. Selon le régulateur, l’Algérie dispose de plus de 700 000 milliards de pieds cubes de ressources de gaz de schiste « sans risque ».
Le non conventionnel est aussi envisagé comme un relais aux gisements conventionnels arrivés à maturité, notamment Hassi R’mel, In Salah et Illizi, avec l’objectif de préserver les capacités d’exportation vers l’Europe. La consommation intérieure étant proche du niveau des exportations actuelles, l’augmentation de la production constitue également un enjeu pour l’équilibre gazier du pays.
Sonatrach a déjà commencé à rechercher des partenaires. Le groupe négocie avec ExxonMobil et Chevron sur les bassins d’Ahnet et de Berkine et a signé un accord avec Sinopec sur une zone à potentiel de schiste. Les producteurs publics chinois CNPC et CNOOC ont de leur côté mobilisé des flottes de fracturation dans les bassins d’Illizi et de Ghadames.
Anton coche les cases du schiste algérien
Les activités d’Anton recoupent plusieurs des besoins identifiés par Sonatrach pour cette phase. Coté à Hong Kong, le groupe chinois fournit des services technologiques aux champs pétrolifères, notamment dans la géologie, le forage, la complétion et la stimulation des puits. Il intervient également dans la gestion et l’exploitation d’actifs pétroliers et gaziers.
Le protocole avec Sonatrach couvre plusieurs de ces activités, mais va audelà des prestations de services. La,fabrication locale d’équipements et le transfert de technologies en font un volet industriel, alors qu’une grande partie des équipements nécessaires au développement du schiste est importée.
Cette question est centrale pour l’économie du projet. En Algérie, le coût d'un puits est estimé entre 18 et 20 millions de dollars (environ 15,5 à 17,2 millions d'euros), alors qu’il devrait être inférieur à 5 à 7 millions pour être rentable. L’exploitation nécessite en outre de nombreux puits, d’importants volumes d’eau et des infrastructures pour acheminer le gaz jusqu’aux marchés.
Anton dispose d’une expérience internationale dans ces métiers. Sa filiale Anton OilField Management indique employer plus de 3 000 personnes dans le monde et gérer une production de pétrole de 600 000 barils par jour, avec des activités couvrant l’exploration, le développement, la production et les infrastructures de surface.
Toutefois, l’accès à la technologie ne suffit pas. La fracturation hydraulique mobilise d’importants volumes d’eau, une contrainte dans un pays semiaride, tandis que le dessalement de l’eau saumâtre serait coûteux. Aux risques environnementaux s’ajoutent les coûts d’infrastructures et la volatilité des prix du gaz, susceptibles de rendre;certains gisements non rentables.
L’enjeu est aussi commercial. L’Algérie cherche à consolider sa place de fournisseur gazier pour le marché européen. Pour Sonatrach, le développement du schiste doit donc répondre à la fois au besoin d’accroître la production et à celui de disposer des moyens techniques pour rendre cette ressource exploitable.
https://www.latribune.fr/article/afriqu ... le-schiste
[quote] [b][size=110]Énergie : Sonatrach choisit le chinois Anton pour préparer la prochaine étape de son pari sur le schiste[/size][/b]
Olivier de Souza, Agence Ecofin Publié le 02 septembre 2026
[b]Entre déclin des grands gisements conventionnels, hausse des besoins intérieurs et redéfinition des flux gaziers vers l’Europe, l’Algérie cherche de nouveaux relais pour préserver sa capacité de production et d’exportation.[/b]
Le groupe algérien Sonatrach et le chinois Anton Oilfield Services ont signé, le 29 août à Pékin, un protocole d’entente pour identifier des opportunités de coopération dans les hydrocarbures et les services associés. Conclu en marge de la visite en Chine du PDG de Sonatrach, Nour Eddine Daoudi, l’accord cible notamment les ressources non conventionnelles, les gisements marginaux et la récupération assistée du pétrole (EOR).
Il prévoit aussi d’étudier la fabrication locale d’équipements nécessaires aux opérations pétrogazières, ainsi que le transfert de technologies, les échanges d’expertise et le renforcement des capacités. L’enjeu pour la partie algérienne est de préparer les moyens techniques et industriels nécessaires à une nouvelle phase de développement du schiste.
[b]Le schiste revient au centre du jeu[/b]
L’Algérie cherche depuis plusieurs années à exploiter son gaz de schiste, sans être parvenue jusqu’ici à lancer une production commerciale. Les travaux réalisés sur des champs expérimentaux à In Salah avaient été suspendus début 2016, après la chute des prix du pétrole, qui avait rendu les opérations trop coûteuses.
En octobre 2025, le patron de l’Agence nationale des hydrocarbures (ALNAFT), Samir Bekhti, confirmait le recentrage sur les ressources non conventionnelles, afin d’exploiter davantage le potentiel national et de revitaliser la production. Selon le régulateur, l’Algérie dispose de plus de 700 000 milliards de pieds cubes de ressources de gaz de schiste « sans risque ».
Le non conventionnel est aussi envisagé comme un relais aux gisements conventionnels arrivés à maturité, notamment Hassi R’mel, In Salah et Illizi, avec l’objectif de préserver les capacités d’exportation vers l’Europe. La consommation intérieure étant proche du niveau des exportations actuelles, l’augmentation de la production constitue également un enjeu pour l’équilibre gazier du pays.
Sonatrach a déjà commencé à rechercher des partenaires. Le groupe négocie avec ExxonMobil et Chevron sur les bassins d’Ahnet et de Berkine et a signé un accord avec Sinopec sur une zone à potentiel de schiste. Les producteurs publics chinois CNPC et CNOOC ont de leur côté mobilisé des flottes de fracturation dans les bassins d’Illizi et de Ghadames.
[b]Anton coche les cases du schiste algérien[/b]
Les activités d’Anton recoupent plusieurs des besoins identifiés par Sonatrach pour cette phase. Coté à Hong Kong, le groupe chinois fournit des services technologiques aux champs pétrolifères, notamment dans la géologie, le forage, la complétion et la stimulation des puits. Il intervient également dans la gestion et l’exploitation d’actifs pétroliers et gaziers.
Le protocole avec Sonatrach couvre plusieurs de ces activités, mais va audelà des prestations de services. La,fabrication locale d’équipements et le transfert de technologies en font un volet industriel, alors qu’une grande partie des équipements nécessaires au développement du schiste est importée.
Cette question est centrale pour l’économie du projet. En Algérie, le coût d'un puits est estimé entre 18 et 20 millions de dollars (environ 15,5 à 17,2 millions d'euros), alors qu’il devrait être inférieur à 5 à 7 millions pour être rentable. L’exploitation nécessite en outre de nombreux puits, d’importants volumes d’eau et des infrastructures pour acheminer le gaz jusqu’aux marchés.
Anton dispose d’une expérience internationale dans ces métiers. Sa filiale Anton OilField Management indique employer plus de 3 000 personnes dans le monde et gérer une production de pétrole de 600 000 barils par jour, avec des activités couvrant l’exploration, le développement, la production et les infrastructures de surface.
Toutefois, l’accès à la technologie ne suffit pas. La fracturation hydraulique mobilise d’importants volumes d’eau, une contrainte dans un pays semiaride, tandis que le dessalement de l’eau saumâtre serait coûteux. Aux risques environnementaux s’ajoutent les coûts d’infrastructures et la volatilité des prix du gaz, susceptibles de rendre;certains gisements non rentables.
L’enjeu est aussi commercial. L’Algérie cherche à consolider sa place de fournisseur gazier pour le marché européen. Pour Sonatrach, le développement du schiste doit donc répondre à la fois au besoin d’accroître la production et à celui de disposer des moyens techniques pour rendre cette ressource exploitable.
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https://www.latribune.fr/article/afrique/12423297212153/energie-sonatrach-choisit-le-chinois-anton-pour-preparer-la-prochaine-etape-de-son-pari-sur-le-schiste