par energy_isere » 21 mars 2026, 01:13
Un « vrai gain de temps »… Après les traducteurs et les graphistes, l’IA menace désormais les architectes
grand remplacement•Plus les intelligences artificielles se développent et s’ancrent dans les pratiques, notamment professionnelles, plus la liste des métiers menacés s’agrandit
L’intelligence artificielle générative (IA), c’est marrant quand il s’agit de générer une photo d’un voisin relou avec un corps de cochon. C’est pratique pour retranscrire un fichier audio, trouver la panne de sa machine à laver ou se rassurer si on se mouche tout vert (quoique). Mais si on voit se pointer une IA au bureau qui fait mieux et plus vite que nous les taches qui nous étaient dévolues, on peut commencer à avoir transpirer. Beaucoup de métiers éprouvent déjà - et pas en bien - l’arrivée de l’IA, à l’instar des traducteurs ou des graphistes. Sauf que plus les IA deviennent performantes, plus la liste des métiers menacés s’allonge.
Relayée par Mobigeeks, une étude Coface et OEM, qui sera publiée début avril, explique que ce sont cinq millions d’emplois en France qui seront, sinon menacés, tout au moins fragilisés par l’implémentation grandissante de l’intelligence artificielle générative dans leurs domaines. Ça, on l’avait vu venir, notamment pour automatiser des tâches répétitives et sans trop de valeur ajoutée, histoire de dégager du temps pour que les employés se concentrent sur des tâches plus gratifiantes. Mais ce qui n’était pas évident il y a quelques mois encore, c’est que cela concernera bientôt des emplois plus qualifiés.
Les architectes dans le top 3 des métiers menacés
Dans le top 3 des métiers considérés par l’étude comme menacés, on trouve l’architecture et l’ingénierie. Dans ces domaines, Coface et OEM ont pu déterminer que ce sont 26,9 % des tâches qu’il est désormais possible d’effectuer de manière automatique par des IA. Déjà, le secteur n’est pas vraiment à la fête. Selon l’Observatoire de l’économie de l’architecture, une enquête réalisée en 2025 par le Crédoc montre une baisse de 7 % des agences ayant réalisé un bénéfice au cours de l’année. Elles sont près de la moitié à « anticiper une baisse des rentrées honoraires pour 2026 ».
« L’arrivée grandissante de l’IA, d’un côté ça fait peur, explique à 20 Minutes Myrtille Allard, directrice de l’agence Redcat architecture, à Rennes. Parce qu’on voit ce qui arrive aux graphistes, à qui on confiait nos perspectives et qui, aujourd’hui, n’ont plus de boulot parce que n’importe quelle agence est capable grâce à l’IA de sortir ses propres images pour les concours »,
L’enquête du Crédoc montre en effet que « presque deux tiers des agences ayant moins de deux ans utilisent ces outils » d’IA. Contactée par 20 Minutes, une agence d’architectes du Nord (qui préfère ne pas être citée) reconnaît que « beaucoup de tâches administratives passent désormais par l’IA, comme les dossiers d’appels d’offres ». Et Redcat va s’y mettre, histoire de ne pas « laisser passer le train ». Myrtille Allard y voit un atout, pour des « tâches sans valeur ajoutée, dans les appels d’offres pour mettre en place des tableaux analytiques », par exemple. Elle reconnaît « qu’une agence utilisant un moteur IA pour traiter plusieurs dossiers dans la journée sera plus compétitive qu’une agence où un humain ne pourrait en traiter qu’un ».
Un risque « d’appauvrissement de la conception »
« À l’horizon 2026, l’usage des outils d’IA deviendra aussi fondamental que l’utilisation d’un ordinateur », estime Sridhar Ramaswamy, directeur général de Snowflake, entreprise de développement de cloud AI. « L’écart entre ceux qui adoptent rapidement ces outils et ceux qui peinent à s’adapter devient très visible, poursuit-il. Et ce sont ce type de différences qui risquent d’être difficiles à gérer à mesure qu’elles se généralisent dans le monde du travail. »
Chez Redcat architecture, on continue de se persuader que « l’architecte est une sorte de chef d’orchestre qui a une conscience profonde de l’acte de construire ». Pourtant, selon Myrtille Allard, l’IA permet un « vrai gain de temps, même sur des processus très créatifs ». Une IA connectée à un logiciel de modélisation de plan peut déjà générer des projets en un temps record. « Mais cela ne permet pas de prendre en compte beaucoup de petites choses qui font du projet un grand tout, au risque que cela appauvrisse la conception architecturale », estime l’architecte.
Sauf que l’IA est de plus en plus forte. « Lorsqu’un architecte humain esquisse un bâtiment, il ne trace pas simplement des lignes, il simule simultanément la structure, la lumière, la dynamique spatiale et l’expérience vécue. Raisonnement et imagination se produisent ensemble », reconnaissait début mars l’entreprise d’IA générative Luma. « L’Intelligence Unifiée repose sur ce même principe », annonce-t-elle au lancement de sa « nouvelle catégorie de collaborateurs IA ». Des agents capables, selon Luma, « d’exécuter de bout en bout des travaux créatifs à travers le texte, l’image, la vidéo et l’audio ».
https://www.20minutes.fr/societe/421266 ... rchitectes
[quote] [b]Un « vrai gain de temps »… Après les traducteurs et les graphistes, l’IA menace désormais les architectes[/b]
grand remplacement•Plus les intelligences artificielles se développent et s’ancrent dans les pratiques, notamment professionnelles, plus la liste des métiers menacés s’agrandit
L’intelligence artificielle générative (IA), c’est marrant quand il s’agit de générer une photo d’un voisin relou avec un corps de cochon. C’est pratique pour retranscrire un fichier audio, trouver la panne de sa machine à laver ou se rassurer si on se mouche tout vert (quoique). Mais si on voit se pointer une IA au bureau qui fait mieux et plus vite que nous les taches qui nous étaient dévolues, on peut commencer à avoir transpirer. Beaucoup de métiers éprouvent déjà - et pas en bien - l’arrivée de l’IA, à l’instar des traducteurs ou des graphistes. Sauf que plus les IA deviennent performantes, plus la liste des métiers menacés s’allonge.
Relayée par Mobigeeks, une étude Coface et OEM, qui sera publiée début avril, explique que ce sont cinq millions d’emplois en France qui seront, sinon menacés, tout au moins fragilisés par l’implémentation grandissante de l’intelligence artificielle générative dans leurs domaines. Ça, on l’avait vu venir, notamment pour automatiser des tâches répétitives et sans trop de valeur ajoutée, histoire de dégager du temps pour que les employés se concentrent sur des tâches plus gratifiantes. Mais ce qui n’était pas évident il y a quelques mois encore, c’est que cela concernera bientôt des emplois plus qualifiés.
Les architectes dans le top 3 des métiers menacés
Dans le top 3 des métiers considérés par l’étude comme menacés, on trouve l’architecture et l’ingénierie. Dans ces domaines, Coface et OEM ont pu déterminer que ce sont 26,9 % des tâches qu’il est désormais possible d’effectuer de manière automatique par des IA. Déjà, le secteur n’est pas vraiment à la fête. Selon l’Observatoire de l’économie de l’architecture, une enquête réalisée en 2025 par le Crédoc montre une baisse de 7 % des agences ayant réalisé un bénéfice au cours de l’année. Elles sont près de la moitié à « anticiper une baisse des rentrées honoraires pour 2026 ».
« L’arrivée grandissante de l’IA, d’un côté ça fait peur, explique à 20 Minutes Myrtille Allard, directrice de l’agence Redcat architecture, à Rennes. Parce qu’on voit ce qui arrive aux graphistes, à qui on confiait nos perspectives et qui, aujourd’hui, n’ont plus de boulot parce que n’importe quelle agence est capable grâce à l’IA de sortir ses propres images pour les concours »,
L’enquête du Crédoc montre en effet que « presque deux tiers des agences ayant moins de deux ans utilisent ces outils » d’IA. Contactée par 20 Minutes, une agence d’architectes du Nord (qui préfère ne pas être citée) reconnaît que « beaucoup de tâches administratives passent désormais par l’IA, comme les dossiers d’appels d’offres ». Et Redcat va s’y mettre, histoire de ne pas « laisser passer le train ». Myrtille Allard y voit un atout, pour des « tâches sans valeur ajoutée, dans les appels d’offres pour mettre en place des tableaux analytiques », par exemple. Elle reconnaît « qu’une agence utilisant un moteur IA pour traiter plusieurs dossiers dans la journée sera plus compétitive qu’une agence où un humain ne pourrait en traiter qu’un ».
Un risque « d’appauvrissement de la conception »
« À l’horizon 2026, l’usage des outils d’IA deviendra aussi fondamental que l’utilisation d’un ordinateur », estime Sridhar Ramaswamy, directeur général de Snowflake, entreprise de développement de cloud AI. « L’écart entre ceux qui adoptent rapidement ces outils et ceux qui peinent à s’adapter devient très visible, poursuit-il. Et ce sont ce type de différences qui risquent d’être difficiles à gérer à mesure qu’elles se généralisent dans le monde du travail. »
Chez Redcat architecture, on continue de se persuader que « l’architecte est une sorte de chef d’orchestre qui a une conscience profonde de l’acte de construire ». Pourtant, selon Myrtille Allard, l’IA permet un « vrai gain de temps, même sur des processus très créatifs ». Une IA connectée à un logiciel de modélisation de plan peut déjà générer des projets en un temps record. « Mais cela ne permet pas de prendre en compte beaucoup de petites choses qui font du projet un grand tout, au risque que cela appauvrisse la conception architecturale », estime l’architecte.
Sauf que l’IA est de plus en plus forte. « Lorsqu’un architecte humain esquisse un bâtiment, il ne trace pas simplement des lignes, il simule simultanément la structure, la lumière, la dynamique spatiale et l’expérience vécue. Raisonnement et imagination se produisent ensemble », reconnaissait début mars l’entreprise d’IA générative Luma. « L’Intelligence Unifiée repose sur ce même principe », annonce-t-elle au lancement de sa « nouvelle catégorie de collaborateurs IA ». Des agents capables, selon Luma, « d’exécuter de bout en bout des travaux créatifs à travers le texte, l’image, la vidéo et l’audio ».
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https://www.20minutes.fr/societe/4212667-20260320-vrai-gain-temps-apres-traducteurs-graphistes-ia-menace-desormais-architectes