par energy_isere » Aujourd’hui, 16:42
Vieillissement, naissances au plus bas depuis la Seconde guerre mondiale : la bascule démographique française en chiffres
Boursorama avec Media Services •08/01/2026
Des naissances en recul qui s'annoncent au plus bas pour l'ensemble de 2025 et des décès qui progressent: amorcées de longue date, ces tendances se sont accélérées ces dernières années, conduisant la France à un tournant démographique. Entre janvier et novembre 2025, le nombre de naissances quotidien moyen a reculé de 2,4% par rapport à la même période l'année précédente, selon des données de l'Insee publiées jeudi 8 janvier.
Un peu plus de 51.000 bébés ont vu le jour en novembre dernier, ce qui porte le nombre de nouveaux-nés sur les onze premiers mois de 2025 à 590.000, précise l'Institut national de la statistique. Sur l'ensemble de l'année, ce nombre devrait atteindre son plus bas niveau depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale pour la quatrième année consécutive. L'Insee dévoilera les données détaillées mardi.
Ce nouveau repli des naissances s'inscrirait dans une tendance de long terme. En France, le nombre de bébés a diminué chaque année depuis 2011, à l'exception de celle de 2021, qui a connu un léger rebond après les confinements liés au Covid-19. Cette tendance baissière s'explique principalement par un recul de la fécondité (nombre d'enfants par femme). L'indicateur conjoncturel de fécondité s'est établi à 1,62 enfant par femme en 2024, contre 1,66 en 2023.
Multiples facteurs
Pour Catherine Scornet, maîtresse de conférence à l'Université d'Aix-Marseille, le repli des naissances résulte notamment d'une évolution sociétale, observée depuis les années 1960: "La promotion de l'individu, libre de mener la vie qu'il entend." "Il est possible aujourd'hui d'assumer un choix de vie épanouissant avec peu d'enfant, voire sans", explique-t-elle à l'AFP. A cela s'ajoute des explications conjoncturelles: inquiétudes au sujet de l'avenir de la planète, du coût de la vie, difficulté à accéder à un emploi stable et à un logement.
Ce déclin de la natalité agite la classe politique, qui s'inquiète du financement du système de protection sociale, en particulier des retraites. Il avait conduit le président Emmanuel Macron à appeler au "réarmement démographique" du pays. Pour encourager la natalité, le gouvernement vient de créer un congé de naissance de deux mois maximum par parent, indemnisé, qui s'ajoute aux congés maternité et paternité.
"Une telle mesure est positive mais ne bouleversera pas la tendance", estime Catherine Scornet. "Il faudrait un ensemble de politiques qui amélioreraient les conditions d'accueil d'un enfant", dit-elle, en évoquant des politiques de soutien à l'emploi des jeunes, d'accès au logement et à un mode de garde.
Pour Bernard Tranchand, président de l'Union nationale des associations familiales (Unaf), "il faut lever les freins pour permettre aux familles d'avoir autant d'enfants qu'elle le souhaitent". Ceux d'ordre "matériels" explique "largement" le décalage entre le nombre d'enfants désirés et la composition réelle des familles, selon ses sondages.
Tournant démographique
En parallèle de la chute des naissances, le nombre de décès augmente en France, du fait de l'arrivée à des âges de forte mortalité des générations nombreuses du baby-boom. Entre janvier et octobre 2025, leur nombre a progressé de 1,4% par rapport à la même période l'année précédente, selon les dernières données disponibles de l'Insee.
Résultat, en 2025, le nombre de décès pourrait être supérieur à celui des naissances sur une année civile, pour la première fois depuis 1944. Un solde naturel de population négatif "est de l'ordre du possible", avait déjà indiqué l'Insee à l'AFP en juillet dernier.
Ce phénomène, attendu des démographes, va toutefois se produire plus tôt que prévu. Une étude de l'Insee publiée fin 2021 avait prédit la bascule pour 2035. "C'est inéluctable, pour au moins les dix à vingt années à venir" le solde naturel sera négatif, souligne auprès de l'AFP Magali Barbieri, directrice de recherche à l'Institut national d'études démographiques (Ined).
Si la bascule se produit dès cette année, "cela accroîtra la pression sur les politiques pour envisager des réformes pour s'ajuster à ces changements démographiques", estime-t-elle. Outre le financement des retraites et de la dépendance, pour faire face à une population composée davantage de personnes âgées et de moins d'enfants, le gouvernement devra réfléchir notamment à l'organisation des écoles et à la gestion du corps enseignant.
https://www.boursorama.com/actualite-ec ... a2c40e892b
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Boursorama avec Media Services •08/01/2026
Des naissances en recul qui s'annoncent au plus bas pour l'ensemble de 2025 et des décès qui progressent: amorcées de longue date, ces tendances se sont accélérées ces dernières années, conduisant la France à un tournant démographique. Entre janvier et novembre 2025, le nombre de naissances quotidien moyen a reculé de 2,4% par rapport à la même période l'année précédente, selon des données de l'Insee publiées jeudi 8 janvier.
Un peu plus de 51.000 bébés ont vu le jour en novembre dernier, ce qui porte le nombre de nouveaux-nés sur les onze premiers mois de 2025 à 590.000, précise l'Institut national de la statistique. Sur l'ensemble de l'année, ce nombre devrait atteindre son plus bas niveau depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale pour la quatrième année consécutive. L'Insee dévoilera les données détaillées mardi.
Ce nouveau repli des naissances s'inscrirait dans une tendance de long terme. En France, le nombre de bébés a diminué chaque année depuis 2011, à l'exception de celle de 2021, qui a connu un léger rebond après les confinements liés au Covid-19. Cette tendance baissière s'explique principalement par un recul de la fécondité (nombre d'enfants par femme). L'indicateur conjoncturel de fécondité s'est établi à 1,62 enfant par femme en 2024, contre 1,66 en 2023.
Multiples facteurs
Pour Catherine Scornet, maîtresse de conférence à l'Université d'Aix-Marseille, le repli des naissances résulte notamment d'une évolution sociétale, observée depuis les années 1960: "La promotion de l'individu, libre de mener la vie qu'il entend." "Il est possible aujourd'hui d'assumer un choix de vie épanouissant avec peu d'enfant, voire sans", explique-t-elle à l'AFP. A cela s'ajoute des explications conjoncturelles: inquiétudes au sujet de l'avenir de la planète, du coût de la vie, difficulté à accéder à un emploi stable et à un logement.
Ce déclin de la natalité agite la classe politique, qui s'inquiète du financement du système de protection sociale, en particulier des retraites. Il avait conduit le président Emmanuel Macron à appeler au "réarmement démographique" du pays. Pour encourager la natalité, le gouvernement vient de créer un congé de naissance de deux mois maximum par parent, indemnisé, qui s'ajoute aux congés maternité et paternité.
"Une telle mesure est positive mais ne bouleversera pas la tendance", estime Catherine Scornet. "Il faudrait un ensemble de politiques qui amélioreraient les conditions d'accueil d'un enfant", dit-elle, en évoquant des politiques de soutien à l'emploi des jeunes, d'accès au logement et à un mode de garde.
Pour Bernard Tranchand, président de l'Union nationale des associations familiales (Unaf), "il faut lever les freins pour permettre aux familles d'avoir autant d'enfants qu'elle le souhaitent". Ceux d'ordre "matériels" explique "largement" le décalage entre le nombre d'enfants désirés et la composition réelle des familles, selon ses sondages.
Tournant démographique
En parallèle de la chute des naissances, le nombre de décès augmente en France, du fait de l'arrivée à des âges de forte mortalité des générations nombreuses du baby-boom. Entre janvier et octobre 2025, leur nombre a progressé de 1,4% par rapport à la même période l'année précédente, selon les dernières données disponibles de l'Insee.
Résultat, en 2025, le nombre de décès pourrait être supérieur à celui des naissances sur une année civile, pour la première fois depuis 1944. Un solde naturel de population négatif "est de l'ordre du possible", avait déjà indiqué l'Insee à l'AFP en juillet dernier.
Ce phénomène, attendu des démographes, va toutefois se produire plus tôt que prévu. Une étude de l'Insee publiée fin 2021 avait prédit la bascule pour 2035. "C'est inéluctable, pour au moins les dix à vingt années à venir" le solde naturel sera négatif, souligne auprès de l'AFP Magali Barbieri, directrice de recherche à l'Institut national d'études démographiques (Ined).
Si la bascule se produit dès cette année, "cela accroîtra la pression sur les politiques pour envisager des réformes pour s'ajuster à ces changements démographiques", estime-t-elle. Outre le financement des retraites et de la dépendance, pour faire face à une population composée davantage de personnes âgées et de moins d'enfants, le gouvernement devra réfléchir notamment à l'organisation des écoles et à la gestion du corps enseignant.
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