par energy_isere » il y a 24 minutes
"Un coup dur pour Vladimir Poutine": Moscou utilisait "illégalement" Starlink pour augmenter la portée de ses drones de 500 km, la coupure par SpaceX pourrait bien impacter durablement la Russie
02 frv 2026 BFM business
Après les mesures de SpaceX visant à couper Starlink à l’armée russe, utilisé pour piloter des drones et frapper des cibles, les premières actions seraient "concrètes" et pourraient avoir un impact "durable" sur Moscou.
C’est une intégration qui surprenait de nombreux observateurs. Depuis plusieurs semaines, les preuves s’accumulaient sur l’utilisation par l’armée russe de Starlink, le réseau de communication satellitaire d’Elon Musk. Depuis fin décembre notamment, l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), un centre de réflexion américain, documentait l’intégration de systèmes Starlink à des drones d’attaque russes, ce qui en augmenterait la portée jusqu’à 500 km. Selon l’ISW, cela "met la majeure partie de l’Ukraine, toute la Moldavie et certaines régions de la Pologne, de la Roumanie et de la Lituanie à portée".
Les services de renseignement ukrainiens précisaient toutefois que les terminaux utilisés par l’armée russe provenaient de circuits parallèles (d'importations via des pays tiers ou marchés secondaires) et non de ventes officielles de SpaceX. Ces révélations renforçaient les inquiétudes à Kiev, où l’on craignait un détournement durable d’une technologie, devenue aujourd'hui cruciale sur le champ de bataille.
Face à la situation, l’Ukraine avait annoncé entrer en contact avec SpaceX pour trouver des solutions. Un accord semblait émerger entre l’entreprise et Kiev. Le ministre ukrainien de la Défense remerciait Elon Musk et SpaceX pour avoir pris des mesures empêchant la Russie d’utiliser Starlink pour guider ses drones, saluant des actions dont "les premières mesures donnaient déjà des résultats" et qualifiant Musk de "vrai champion de la liberté".
De son côté, le milliardaire affirmait que les mesures contre "l’usage non-autorisé de Starlink par la Russie" avaient bien fonctionné. Kiev travaillait désormais "très étroitement" avec SpaceX, notamment sur un système d’enregistrement des terminaux, avec désactivation des appareils non vérifiés.
Artillerie, drone et missile russe
Starlink offrait aux forces russes un avantage majeur en termes de communications haut débit et résilientes sur le champ de bataille, particulièrement dans les zones occupées ou avancées où leurs réseaux terrestres traditionnels sont vulnérables ou insuffisants. Les terminaux permettent une coordination en temps réel entre unités, avec des liaisons chiffrées et mobiles qui résistent bien mieux aux brouillages électroniques ukrainiens que les systèmes GLONASS (système de positionnement par satellites d'origine soviétique et géré par les forces spatiales de la Russie, ndlr) ou radio classiques.
Ce débit élevé facilite aussi les transferts de vidéos pour corrections d'artillerie ou reconnaissance, compensant les lacunes russes en infrastructures de commandement modernes. Et pour Moscou, l'intégration de Starlink sur les drones d'attaque léger représente, en outre, un gain tactique décisif, en étendant leur portée opérationnelle à plus de 1.000 km pour frapper l'arrière ukrainien (infrastructures civiles, trains, énergie), avec un pilotage manuel précis au ras du sol échappant aux radars.
Contrairement aux systèmes de navigation par satellite classiques, qui peuvent être brouillés par des moyens électroniques, Starlink est lui plus difficile à perturber. Il permet aux drones de garder une connexion stable, de transmettre de la vidéo en direct et de continuer à se diriger même en cas de brouillage.
Concrètement, cela permet de mener régulièrement des attaques à moyenne distance contre des cibles sensibles. Comme l’Ukraine doit déjà faire face à un très grand nombre de drones (plus de 5.000 par mois), il devient difficile de tous les intercepter. Résultat: ces drones gagnent en précision et en fiabilité, ce qui rend les frappes plus efficaces et plus compliquées à contrer.
Un avantage "décisif" envolé?
Les premières mesures de SpaceX pour empêcher l’armée russe d’utiliser Starlink afin de piloter des drones en Ukraine produisaient déjà des "résultats concrets", selon le ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov. Les terminaux non vérifiés devraient être désactivés et un système renforcé de contrôle sera mis en place. "Un coup dur pour Vladimir Poutine", annonce déjà la presse ukrainienne, qui précise que l’armée russe a de nouveau lancé un missile et une centaine de drones ce week-end.
Privée de Starlink, la Russie s’appuierait en effet surtout sur ses propres systèmes satellitaires. Des solutions par défaut… qui risquent bien d’impacter les capacités de frappe à moyen terme. Ces solutions permettraient de guider les drones, mais avec une couverture et une latence moins performantes, une plus grande vulnérabilité au brouillage ukrainien et sans véritable haut débit pour la vidéo en direct.
À plus long terme, Moscou pourrait renforcer sa coopération avec la Chine, en recourant à Beidou ou à des satellites de communication chinois. Ces options offriraient une certaine résilience, mais au prix d’une dépendance stratégique envers Pékin et d’une latence plus élevée. Des relais aériens ou des réseaux terrestres améliorés pourraient aussi compenser en partie, sans toutefois égaler la souplesse et l’efficacité de Starlink pour des frappes à longue distance.
https://www.bfmtv.com/tech/innovation/u ... a%20Russie
[quote] [b]"Un coup dur pour Vladimir Poutine": Moscou utilisait "illégalement" Starlink pour augmenter la portée de ses drones de 500 km, la coupure par SpaceX pourrait bien impacter durablement la Russie[/b]
02 frv 2026 BFM business
Après les mesures de SpaceX visant à couper Starlink à l’armée russe, utilisé pour piloter des drones et frapper des cibles, les premières actions seraient "concrètes" et pourraient avoir un impact "durable" sur Moscou.
C’est une intégration qui surprenait de nombreux observateurs. Depuis plusieurs semaines, les preuves s’accumulaient sur l’utilisation par l’armée russe de Starlink, le réseau de communication satellitaire d’Elon Musk. Depuis fin décembre notamment, l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), un centre de réflexion américain, documentait l’intégration de systèmes Starlink à des drones d’attaque russes, ce qui en augmenterait la portée jusqu’à 500 km. Selon l’ISW, cela "met la majeure partie de l’Ukraine, toute la Moldavie et certaines régions de la Pologne, de la Roumanie et de la Lituanie à portée".
Les services de renseignement ukrainiens précisaient toutefois que les terminaux utilisés par l’armée russe provenaient de circuits parallèles (d'importations via des pays tiers ou marchés secondaires) et non de ventes officielles de SpaceX. Ces révélations renforçaient les inquiétudes à Kiev, où l’on craignait un détournement durable d’une technologie, devenue aujourd'hui cruciale sur le champ de bataille.
Face à la situation, l’Ukraine avait annoncé entrer en contact avec SpaceX pour trouver des solutions. Un accord semblait émerger entre l’entreprise et Kiev. Le ministre ukrainien de la Défense remerciait Elon Musk et SpaceX pour avoir pris des mesures empêchant la Russie d’utiliser Starlink pour guider ses drones, saluant des actions dont "les premières mesures donnaient déjà des résultats" et qualifiant Musk de "vrai champion de la liberté".
De son côté, le milliardaire affirmait que les mesures contre "l’usage non-autorisé de Starlink par la Russie" avaient bien fonctionné. Kiev travaillait désormais "très étroitement" avec SpaceX, notamment sur un système d’enregistrement des terminaux, avec désactivation des appareils non vérifiés.
Artillerie, drone et missile russe
Starlink offrait aux forces russes un avantage majeur en termes de communications haut débit et résilientes sur le champ de bataille, particulièrement dans les zones occupées ou avancées où leurs réseaux terrestres traditionnels sont vulnérables ou insuffisants. Les terminaux permettent une coordination en temps réel entre unités, avec des liaisons chiffrées et mobiles qui résistent bien mieux aux brouillages électroniques ukrainiens que les systèmes GLONASS (système de positionnement par satellites d'origine soviétique et géré par les forces spatiales de la Russie, ndlr) ou radio classiques.
Ce débit élevé facilite aussi les transferts de vidéos pour corrections d'artillerie ou reconnaissance, compensant les lacunes russes en infrastructures de commandement modernes. Et pour Moscou, l'intégration de Starlink sur les drones d'attaque léger représente, en outre, un gain tactique décisif, en étendant leur portée opérationnelle à plus de 1.000 km pour frapper l'arrière ukrainien (infrastructures civiles, trains, énergie), avec un pilotage manuel précis au ras du sol échappant aux radars.
Contrairement aux systèmes de navigation par satellite classiques, qui peuvent être brouillés par des moyens électroniques, Starlink est lui plus difficile à perturber. Il permet aux drones de garder une connexion stable, de transmettre de la vidéo en direct et de continuer à se diriger même en cas de brouillage.
Concrètement, cela permet de mener régulièrement des attaques à moyenne distance contre des cibles sensibles. Comme l’Ukraine doit déjà faire face à un très grand nombre de drones (plus de 5.000 par mois), il devient difficile de tous les intercepter. Résultat: ces drones gagnent en précision et en fiabilité, ce qui rend les frappes plus efficaces et plus compliquées à contrer.
Un avantage "décisif" envolé?
Les premières mesures de SpaceX pour empêcher l’armée russe d’utiliser Starlink afin de piloter des drones en Ukraine produisaient déjà des "résultats concrets", selon le ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov. Les terminaux non vérifiés devraient être désactivés et un système renforcé de contrôle sera mis en place. "Un coup dur pour Vladimir Poutine", annonce déjà la presse ukrainienne, qui précise que l’armée russe a de nouveau lancé un missile et une centaine de drones ce week-end.
Privée de Starlink, la Russie s’appuierait en effet surtout sur ses propres systèmes satellitaires. Des solutions par défaut… qui risquent bien d’impacter les capacités de frappe à moyen terme. Ces solutions permettraient de guider les drones, mais avec une couverture et une latence moins performantes, une plus grande vulnérabilité au brouillage ukrainien et sans véritable haut débit pour la vidéo en direct.
À plus long terme, Moscou pourrait renforcer sa coopération avec la Chine, en recourant à Beidou ou à des satellites de communication chinois. Ces options offriraient une certaine résilience, mais au prix d’une dépendance stratégique envers Pékin et d’une latence plus élevée. Des relais aériens ou des réseaux terrestres améliorés pourraient aussi compenser en partie, sans toutefois égaler la souplesse et l’efficacité de Starlink pour des frappes à longue distance.
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