Tiennel a écrit :
L'échec du IVe Sommet des Amériques divise le continent
mardi 8 novembre 2005, 9h58
C'est drole comme les medias pro-ALCA parlent d'"échec" du 4e somme d'Amerique.
Mais ceux qui s'opposent à l'ALCA (qui, comme l'exemple du Mexique et du Canada le montrent à souhait, ne favoriserait que l'économie la plus forte, à savoir les USA) parlent eux de "victoire", car non seulement il n'y a pas eu d'accord mais l'opposition au projet ALCA a été inscrite dans la resolution finale (les USA étaient furieux).
des Amériques, à la seule exception de Cuba, considérée comme une dictature et exclue à ce titre de l'Organisation des Etats américains.
L'OEA n'a jamais exclu aucun pays parcequ'il était une dictature; il
fut un temps où la quasi totalité des membres de l'OEA en étaient.
La seule raison pour laquelle Cuba ne fait pas partie de l'OEA c'est
parceque les USA l'ont decidé (à une époque où l'OEA était son fidèle
servant, dans les années 1960; aujourd'hui les choses changent,
et plusieurs pays demandent que Cuba soit reintegré)
Cinq pays, les 4 du Mercosur (marché commun sud-américain formé par le Brésil, l'Argentine, le Paraguay et l'Uruguay) et le Venezuela, qui
Soit dans le lot 3 des 4 plus grandes économies latinoamericaines;
Le PIB (produit intérieur brut) total de ce groupe de contestataires est de quelque 1.000 milliards de dollars (906 milliards en 2004).
Les 29 autres pays -dont les Etats-Unis, le Canada, le Mexique, la Colombie, le Chili, ceux d'Amérique centrale, etc.- veulent aller de l'avant dans le libre-échange continental sur les bases actuelles. Le PIB global de ce bloc majoritaire s'élève à 14.500 milliards de dollars, 15 fois celui des cinq pays qui freinent la ZLEA.
Et si on enlève les USA et le Canada ça se monte à combien?
La verité est que, hormis les Etats-Unis, le Canda (dont cetains politiques
parlent ouvertement de quitter la zone de libre echange avec les US car
ces derniers ne respectent pas ce qui fut signé) et le Mexique (dont le
prochain president risque d'être moins lèche-botes que l'actuel, qui
a elevé le leche-botisme en art), les autres pays ont un poids assez
moyen ou même carrement insignifiant.
C'est comme lors de l'invasion de l'Irak, la "coalition of the billing",
un nombre impressionant de pays, 40 ou 50, je sais plus, mais à
part les USA et la Grande-Bretagne le reste n'était là que comme
figurant, avec parfois des apports en troupes de 20 effectifs ou des
trucs comme ça, sans armes ni vehicules; et nombre d'entre eux
ont depuis lors quitté le navire.
Au 4e somme d'Amérique les USA ont fait pression le plus qu'ils ont
pu sur les petits pays, mais à part le Mexique et le Perou qui étaient
ouvertemment pro-US; le reste a donné des reponses de normand;
d'accord ils n'ont pas fait des declarations tonitruentes pour
enterrer l'ALCA; mais ils ne feront rien de vraiment concret non
plus; disons que parmi les "29 pays" en question, une grande majorité
pense qu'il est urgent d'attendre, pour voir plus clair comment se
dessine le nouveau rapport de forces (d'autant plus que 2006 devraît
amener dans le giron cubanovénézuelien au moins 3 autres pays,
peut-être cela fera masse critique pour que d'autres franchissent
le pas à leur tour)
Les Etats-Unis, alors présidés par Bill Clinton, avaient mis sur les rails le projet de ZLEA dès 1994, au Ier Sommet des Amériques tenu à Miami.
A ce 1er sommet d'Amerique (en français on n'utilise pas le pluriel
pour parler du continent américain, halte aux anglicismes idiots!)
il n'y a pas eu un seul pays pour emettre la moindre objection;
plus tard, au 2e ou au 3e, il y en a eu 1, le Vénézuela.
Maintenant, au 4e sommet d'Amérique il y en 5, parmi lesquels
deux des trois pays les plus importants demographiquement,
économiquement et culturellement d'Amérique latine.
Cette évolution ne presage rien de bon pour l'ALCA; lors
du 5e somme d'Amérique, combien de pays s'y opposeront,
10? 20? le sujet sera-t-il seulement abordé?
Pendant ce temps, l'integration économique, énérgétique et
politique de l'Amérique latine se porsuit à grands pas;
ALBA, Petrocaribe, Telesur, Petroandina, projet d'anneau
énérgetique, projet de fusionner les parlements de la
communauté andine de nations avec celui du mercosur
(ça ferait tous les pays d'Amérique du sud sauf les guyanes).
Mais pour la première fois en 11 ans d'histoire de Sommets des Amériques,
A noter aussi qu'en cette même anée 2005 les USA ont subi
d'autres cuisants échecs diplomatiques dans la région, dont
notamment à l'OEA; et là aussi il s'agissait de "premières fois"
dans l'histoire de ces institutions.
Il y a un reveil continental qui en a marre de la tutelle US;
on vit des temps interessants.
Les 11 ou 12 élections présidentielles prévues en Amérique latine d'ici la fin de 2006 créent une incertitude de taille. Elles pourraient accentuer le virage latino-américain à gauche, notamment au Nicaragua, au Mexique et en Bolivie.
Il n'y a pas vraiment d'incertitude pour ces trois pays; c'est plutôt
des quasi-certitudes. Au Mexique c'est probable que ce soit
Lopez Obrador qui devienne president; il est centriste, pour le
libéralisme, mais a tout de même un peu de dignité et ne fera
pas le rôle de valet des USA de l'actuel président Fox (autrement dit,
il sera plus comme Chirac que comme Blair, peu de difference pour
la politique locale, mais grande difference internationalement).
Par contre, les plus que probables prochains presidents du
Nicaragua et de Bolivie sont très à gauche, très copains avec
Hugo Chavez et Fidel Castro, ça pourrait donner un fameux coup
d'accelerateur au projet bolivarien qui forcerait d'autres pays,
notamment les géants argentins et bresiliens, à emboiter le pas.
Et il y a toujours l'incertitude quant à savoir s'il n'y aurait pas
de surprises éléctorales dans d'autres pays.
Morales est en tête des sondages. Or, la Bolivie détient les plus importantes réserves de gaz naturel d'Amérique du Sud après celles du Venezuela. Plus que l'idéologie, le déficit énergétique d'autres pays sud-américains risquerait de les faire glisser vers l'ALBA bolivarienne renforcée par un axe gazo-pétrolier La Paz-Caracas.
Ben oui; l'énergie et l'
eau sont les clés pour comprendre le
jeu géostrategique actuel dans la région (l'amérique du sud a les
plus grandes resserves d'eau douce du monde)