Krom a écrit :
Bah, c'est pas tellement différent à mon avis. Il reste dans l'optique "vous êtes avec moi, ou vous êtes contre moi", mettant au ban toutes les positions médianes (comme par exemple les gens qui pourraient être content de ce qu'a fait Chavez pendant ces deux mandats, mais qui préfèrent que le pouvoir ne reste pas trop longtemps au même main.
Ah mais on peut tout à fait avoir cet avis; mais on ne peut pas, en même temps, se prétendre "soutenir Chavez et la révolution", ce serait une tromperie.
Et puis, n'oublions pas que si les mots sont durs, si on parle de trahison, c'est parce que la situation est dure; il ne s'agit pas d'une campagne électorale dans un petit village de campagne français; il y a d'énormes intérêts en jeu, il y a un plan de déstabilisation et de tentative de coup d'État en cours (plan assez bien déjoué puisqu'on a réussi à avoir accès à pas mal de documents de la CIA et de la conspiration vénézuelienne).
Il y a des actes violents de la part de l'opposition, qui a déjà tué deux personnes, et qui a fait des tentatives de meurtre de plusieures autres (dont toute une école brulée avec les élèves et enseignants à l'intérieur; bien sûr, ça les médias qui disent du mal de Chavez ne le disent pas); on a des enregistrements de plusieurs chefs de l'opposition qui disent clairement qu'ils veulent une dictature de 15 ans et tuer des dizaines de milliers de vénézueliens, afin d'éradiquer le chavisme.
Alors, dans ce contexte, oui, se prétendre de gauche et en même temps se ranger du côté de ceux qui assassinent et veulent instaurer une dictature fasciste, est une trahison impardonnable.
Bien sûr, c'est facile, bien au chaud dans son fauteuil, bien loin de tout ça, émettre des opinions de salon, sur "l'alternabilité du pouvoir" et autres trucs à la mode; ce n'est pas ceux qui émettent des avis vides dans ce genre, depuis l'Europe, qui risquent de mourir assassinés en cas de retour de l'oligarchie au pouvoir.
Les vénézueliens, heureusement, se sont sortis les doigts de l'anus et font des choses concrètes pour changer et améliorer leur vie et celle de leurs enfants, au lieu de se contenter de faire des déclarations creuses et sans conséquences.
C'est un travers commun des révolutionnaires : on a pas le droit de critiquer leurs décisions.
Si au moins ces "critiques" étaient raisonnées et étayées, si au moins ceux qui les émettent montraient leur connaissance de la situation sur le terrain, et des conséquences de chacun des choix possibles.
Mais des "critiques" dans le vide, qui ne sont, en plus, bien souvent que répéter ce que les médias donnent comme consigne du prêt-à-penser du moment, excuse moi mais ça laisse quand même pas mal à désirer.