Nouveau flot de méga-bénéfices pour Total, malgré une production en berne:
13 Fev 2013
Total a de nouveau enregistré d'énormes bénéfices en 2012, le recul de la production d'hydrocarbures du géant pétrolier français ayant été contrebalancé par les prix très élevés du pétrole brut et un rebond temporaire des marges de raffinage en Europe.
Le groupe a dégagé sur l'année un
bénéfice (part du groupe) en baisse de 13% à
10,7 milliards d'euros, selon un communiqué publié mercredi.
Le PDG de Total, Christophe de Margerie, lors d'une conférence de presse le 13 février 2013 à Paris
De tels profits colossaux, récurrents pour une compagnie pétrolière de la taille de Total, ont comme attendu reflété les prix très élevés atteints l'an dernier par les cours du pétrole brut, sur fond de tensions géopolitiques autour de l'Iran.
L'an dernier, le prix du baril de Brent coté à Londres avait atteint en moyenne 111,7 dollars, battant légèrement le record de 2011 (111,2 dollars), et a également touché un nouveau sommet historique en euros (à près de 87 euros en moyenne annuelle).
Ce facteur, couplé à un redressement en cours d'année des marges de raffinage en Europe, qui constituent depuis plusieurs années le talon d'Achille du géant pétrolier hexagonal, a permis de compenser
un repli de 2% de sa production d'hydrocarbures, tombée à 2,3 millions de barils équivalent pétrole par jour en moyenne.
Ce recul de la production était attendu, du fait d'une série d'incidents qui ont plombé les activités du groupe. Le plus pénalisant a été une grave fuite de gaz en mer du Nord britannique qui a interrompu l'extraction sur les gisements voisins d'Elgin et Franklin depuis près d'un an.
A ce sujet, le groupe confirme que l'activité devrait reprendre progressivement sur ces deux champs durant le premier trimestre.
Pour l'année en cours, Total projette d'augmenter de 2 à 3% sa production de pétrole et de gaz. Pour remplir les objectifs du groupe, "il va falloir bien évidemment accélérer, puisque 2012 a été une année moyenne, et nous avons prévu pour 2013 une production en hausse de 2 à 3%, et je l'espère plus proche de 3%", a déclaré le PDG Christophe de Margerie lors d'une conférence de presse.
Total n'est pas pour autant intéressé par la recherche et l'extraction dans l'Hexagone du gaz de houille (ou grisou), c'est-à-dire du gaz naturel associé aux gisements de charbon, a affirmé son président.
"Quand on regarde le potentiel des gaz de schiste par rapport à ce que l'on appelle le gaz de houille en France, ce n'est du tout comparable. Nous avons regardé (ce dossier, ndrl) et considéré que ça ne valait pas la chandelle (...), ça ne fait pas partie du coeur de métier de Total", a-t-il expliqué.
Enfin, le groupe s'est félicité de la bonne avancée de son programme de cession d'actifs, qui vise à réaliser pour 15 à 20 milliards de dollars de transactions entre 2012 et 2014.
Il devrait réaliser 9 milliards de dollars de cessions cette année, après 6 milliards l'an dernier, atteignant ainsi dès fin 2013 le plancher de ce programme de cessions.
Cela devrait inclure la vente envisagée à un consortium mené par EDF et le groupe italien Snam de la filiale française de gazoduc TIGF (Transport Infrastructures Gaz France) pour 2,4 milliards d'euros, et celle à l'autrichien Borealis des activités de fertilisants du groupe en Europe.
TIGF (Transport Infrastructures Gaz France) est la filiale de transport et de stockage de gaz du groupe, basée à Pau (Pyrénées-Atlantique) qui gère le réseau gazier dans le sud-ouest de la France, et dont le groupe avait décidé l'an dernier de se défaire.
Enfin, le groupe a confirmé dans la foulée ses perspectives financières révisées en septembre dernier, avec un potentiel de production de 3 millions de barils par jour en 2017. Et il a également annoncé le redémarrage récent de sa raffinerie normande de Gonfreville-l'Orcher en Seine-Maritime, après un vaste programme de modernisation.
Total est le 3e producteur de pétrole et de gaz d'Europe de l'Ouest derrière les britanniques Shell et BP, et la 1ère entreprise de France par la valeur boursière, au coude-à-coude avec son ancienne filiale, le laboratoire pharmaceutique Sanofi.