Tiens, il y a des élections présidentielles en 2007 au Nigeria!
Corruption, bandes armées et explosions sociales - Au Nigeria, le pétrole de la colère
extraits (charmant pays, j'y passerais mes vacances..

)
...corruption et inégalités poussent à la révolte une jeunesse paupérisée. Les tensions montent à la veille de l’élection présidentielle de 2007, alors que le pays s’apprête à exploiter de nouveaux puits...
... il demande que 50 % des revenus tirés du pétrole soient réservés aux Etats producteurs du delta du Niger, contre les 13 % prévus par la Constitution nationale. C’est à ce titre que M. Alamieyeseigha fut accueilli en héros lors de son retour à Yenagoa, la capitale de l’Etat de Bayelsa, où plus de
70 % de la population vivent avec moins de 1 dollar par jour...
... « beaucoup de bandes du delta ont été utilisées afin d’intimider l’opposition. Mais,
quand on donne une arme à quelqu’un, il est impossible de la lui reprendre. Résultat : une fois les élections gagnées, ces hommes ont rebasculé dans la criminalité sous prétexte qu’on les avait trahis »....
Les affrontements entre milices font régulièrement des victimes. En outre, les bandes, comme le NDPVF, multiplient les attaques contre les compagnies – Shell, Chevron, Agip, Total, etc. – qui jouissent au Nigeria, comme toutes les entreprises étrangères, d’un des meilleurs retours sur investissement du globe.
le Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger a décidé d’intensifier ses attaques, et a annoncé qu’il
ne cherchera désormais plus à prendre des otages, mais tirera pour tuer
L’armée nigériane mène régulièrement de brutales opérations de représailles contre les bandes. Pour protéger leurs gisements, les firmes, qui font aussi appel à des compagnies privées de sécurité, n’hésitent pas à soutenir ces interventions. Ainsi,
Chevron Nigeria, filiale de ChevronTexaco, fer de lance américain des importations de brut nigérian, a prêté son terminal d’Escravos – et ses hélicoptères – pour qu’Abuja puisse mener des raids sur des communautés hostiles à la compagnie. En outre, les firmes n’hésitent pas à instrumentaliser les rivalités locales. Chevron a ainsi fait des Itsékiris, rivaux ancestraux des Ijaws depuis la traite des esclaves, les principaux bénéficiaires de ses programmes de développement.
Le nouveau gisement offshore de Bonga devrait permettre au Nigeria de produire 4 millions de barils de brut par jour d’ici à 2010.
Le sud-est du Nigeria est devenu le centre d’un « nouveau commerce triangulaire », celui du brut et des pétrodollars, aux effets humains aussi désastreux que ceux causés jadis, dans la même zone, par la traite des esclaves.
Pourtant, grâce à la hausse des cours du brut, l’Etat de Bayelsa a bénéficié, en 2005, d’un budget record de 470 millions d’euros... En 2005, l’Etat de Bayelsa a annoncé que 19 330 euros seulement seraient affectés à un Comité pour l’éradication de la pauvreté dont, par ailleurs, personne ne connaît, à ce jour, les activités.
Selon les rapports publiés à l’occasion du dixième anniversaire de la pendaison de Ken Saro-Wiwa, la situation dans le delta du Niger est « pire qu’en 1995 ( Ecrivain et dramaturge nigérian, Ken Saro- Wiwa fonde en 1990 le Mouvement pour la survie du peuple ogoni (Mosop), qui dénonce à la fois le gouvernement nigérian et les ravages environnementaux de Shell en pays ogoni. Ken Saro-Wiwa est condamné à mort par la dictature du général Abacha et pendu, avec huit autres membres du Mosop, le 10 novembre 1995)
Il existe également des victimes indirectes de cette économie : à Bayelsa, l’année dernière, le cocktail toxique craché par les torchères a provoqué cinq mille cas de maladie respiratoire et plus de cent vingt mille crises d’asthme . Pour échapper à la pollution affectant la chaîne alimentaire, des milliers de réfugiés écologiques quittent le cœur du delta et rejoignent les ghettos .
Des 60 millions de dollars que Shell dit avoir alloué à des projets de développement en l’an 2000, plus de 33 ont été ainsi destinés à la construction de routes qui servaient aussi aux opérations d’exploitation .
Pour le député travailliste britannique John Robertson, président du All-Party Parliamentary Group on the Niger Delta, avec qui il mena une visite en août 2005 dans la région, la situation est explosive : « Le peuple du delta sait que le pétrole génère une énorme richesse dont il ne profite pas. ... « Si une révolution survient au Nigeria, quelles en seront les conséquences pour l’Afrique ? »