nemo wrote:Comme les candidats à l'assemblée doivent être membre du parti,
mais non!
tu confonds peut-être avec l'URSS où je crois que c'était effectivement le cas; mais à Cuba n'importe qui peut être candidat, il n'y a pas besoin d'être membre du parti communiste.
Il est vrai que nombreux deputés le sont, ainsi que la totalité des membres du Conseil d'Etat; mais ce n'est pas une condition necessaire, c'est juste qu'il est assez normal à Cuba que des gens impliqués politiquement au niveau national decident d'être membres du parti communiste.
Sur le site du parlement cubain il y a la liste de tous les deputés; si tu regardes tu verras que pour certains d'entre eux il est indiqué qu'ils sont membres du PCC et d'autres pas.
De plus l'accés a des médias alternatifs est bien plus limité à Cuba qu'en Europe.
Sans doute; d'un autre côté les cubains sont en général bien mieux informés que les européens sur nombre de sujets (dont celui de la finitude du pétrole). Les journalistes n'ont aucune restriction d'accès aux médias (j'ai déjà discuté avec des journalistes cubains).
Rafa je t'invite a ton tour a ne pas te fier aveuglément à ce que la presse cubaine (et un certain nombre de groupie de la révolution cubaine) raconte de celle-ci. Un peu de distance critique ne fait de mal a personne.
Je souligne que je me sens totalement solidaire des cubains dans leur résistance à l'impérialisme. Mais cela ne m'aveugle pas sur la nature réelle de leur gouvernement.
Il y a quelque chose de bien dans la presse cubaine, c'est qu'elle ne raconte pas de mensonges.
Elle peut ne pas diffuser certaines informations, et elle le fait, ce qu'on appelle donc la censure, mais elle ne racconte pas sciamment de mensonges, contrairement à la presse européenne qui le fait très couramment.
Donc, si, je me fie sans retenue à ce que la presse cubaine dit; je sais que ce n'est pas tout, et que je peux (et dois) apprendre d'autres choses autrement; mais je sais que je peux crorie ce qu'elle dit; c'est déjà beaucoup.
Il faut voir aussi que la deification du concept de liberté n'est pas anodin non plus et corresponds à un endoctrinnement qui favorise un système inégal et injuste.
Quelqu'un a dit un jour qu'entre le faible et le fort, la liberté opprime et la loi libère; c'est à dire que c'est bien facile de profiter de la liberté quand on en a les moyens, quand on a de l'argent et du pouvoir; par contre quelqu'un qui n'arrive pas à se nourrir, qui dort à la belle étoile, malade et sans soins, etc, ça lui fait une belle jambe de savoir qu'il est "libre".
De plus, on deifie la "liberté", mais pas une liberté totale, elle a des limites, non dites dans le discours d'endoctrinnement, des limites taboues, qui sont celles de la propriété des moyens de production, de la valeur de l'argent... étrangement personne ne s'emeut du fait que je ne suis pas libre d'occuper une maison vide, que je ne suis pas libre de remetre en fonctionnement une usine à l'abandon, que je ne suis pas libre de refuser de payer des interêts,... ah non, ça c'est tabou; par contre, si on n'est pas libre de créer un parti pour defendre des interêts particuliers, là, scandale!
Il est interessant d'ailleurs de voir d'où vient cette idée des "partis", ils n'ont pas toujours existé, du temps de la démocratie des villes grecques de l'antiquité ça n'existait pas; en fait c'est très recent, ils sont nés avec le capitalisme, et pour permettre des associations pour promouvoir et defendre ces interêts privés contre l'interêt général (car pour l'interêt général il n'est pas besoin de fractionner la population en partis, il faut considerer la population dans son ensemble si on veut l'interêt de l'ensemble de la population; mais pour l'interêt d'une partie... là oui un parti est adequat).
Le capitalisme a fait son temps, il arrive à son terme, et avec lui mourront ses outils tels que les partis, les éléctions multipartites, la démocratie representative; et ça laissera la place à une democratie participative, où la citoyenneté sera acteur politique dans son ensemble, sans fractionnement en parti(e)s antagoniques.
J'ai déjà lu.
Et le fait qu'il soit anarchiste, qu'il aie decidé de s'installer au Mexique ou qu'il n'aime pas le système cubain ne me derange pas.
Par contre, je ne peux lui pardonner qu'il s'associé au "Mouvement libertaire cubain"; je ne sais si les gens du MLC sont juste des crétins et des menteurs, ou s'ils reçoivent un salaire de la CIA; mais ce qui est sur c'est qu'ils mentent encore plus effrontement dans la manipulation de la réalité que RSF (qui elle reçoit de l'argent de la CIA). Une perle, et ça suffit à situer le niveau du MLC: Castro serait selon eux "le dictateur le plus sanguinaire que l'Amérique latine aie connu"; quiconque connaît un peu l'Amérique latine ne peut qu'être choqué et écoeuré par une telle affirmation.
En Amérique latine la torture, l'assassinat politique et la disparition forcée ont été pratiqué à grande échelle (même dans des pays et des périodes qualifiée de "démocratiques", comme au Vénézuela avant l'arrivée de Chavez; "démocratique" selon nous, c'est vrai on votait pour des partis; mais où des milliers de personnes ont été torturées et assassinées); mais pas à Cuba, alors pretendre que Cuba serait le pays le plus sanguinaire de tous quand au contraire c'est celui qui l'est le moins, je n'ai même pas envie de lire le reste.
il ne donne pas de référence ce qui est dommage (contrairement a l'article dont je parle plus haut) mais ses critiques me paraissent tout à fait fondés...
Je pense plutôt qu'il a envie de regler quelques comptes; qu'il n'a pas été très heureux de la vie qu'il a mené et qu'il se venge.
C'est vrai qu'avoir un parent ou aieul illustre est lourd, le regard des autres est lourd; et Canek semble avoir été incapable de supporter le poids et maintenant il se venge.
Il fut un temps où j'aurai pu (surtout si j'avais été recuperé par des gens interessés par un discours allant dans un certain sens) avoir un discours similaire, et me venger en quelque sorte de ma famille; puis j'ai grandi.
C'est vrai que la vie est dure parfois à Cuba; elle est injuste aussi parfois.
On peut, et c'est facile, rejeter toute la faute sur "le système", sur "Castro", etc.
Mais si on regarde bien la situation en prenant en compte tous les elements, le tableau d'ensemble, on a une autre vision, on se rends compte que les difficultés et les injustices ne peuvent pas toujours être évitées, et on perçoit mieux les causes et les raisons, parfois bien cachées si on ne fait qu'un coup d'oeil rapide.
Pour des critiques de Cuba je n'ai pas besoin d'aller écouter ses ennemis, je peux très bien discuter avec des cubains (si on sait gagner leur confiance -- notamment s'ils pensent que je ne vais pas utiliser ce qu'ils vont me dire pour les enfoncer -- ils parlent très volontiers)
Et quoi qu'il en soit, le futur de la société cubaine sera l'oeuvre des cubains; et les cubains ne veulent pas que les étrangers participent à l'attaque médiatique de leur système politique (aucun des cubains que je connais, vivant à Cuba ou en dehors, ne demande que l'on "répudie la dictature" comme Canek Guevara le dit), alors je ne le fais pas, si je dois en parler en termes critique et négatif je le ferai en privé.
Il en était bien different avec la dictature de Pinochet au Chili par exemple, alors tous les chiliens que je connaissait (*TOUS* sans exception) me demandaient effectivement de repudier la dictature chilienne, de participer à des manifestations, à des meetings, d'envoyer des courriers, de faire connaître leur situation, etc.
Mais il en est très differement dans le cas cubain; les cubains vivant hors de Cuba n'ont pas ce genre de demande, beaucoup au contraire defendent bec et ongles leur système politique (parfois bien plus depuis qu'ils ne vivent plus à Cuba), d'autres sont apolitiques et s'ils ne defendent pas ne condamnent pas non plus.
Je sais qu'il y a des cubains qui sont contre, mais étrangement ils semblent n'evoluer tous que dans des couches sociales aisées, frequenter des ministres, des presidents de chaîne de TV ou présidents de grosse ONG et trucs du genre; on ne les trouve apparamment pas parmi les gens du commun, en tout cas je n'en ai encore jamais rencontré aucun.