Re: La croissance mondiale
Publié : 19 nov. 2013, 16:35
http://www.lesechos.fr/economie-politiq ... 630636.phpL’OCDE réduit d’un demi point ses prévisions de croissance mondiale
Les Echos 19/11/2013
Le ralentissement des pays émergents, le possible changement de politique monétaire aux Etats-Unis et le feuilleton budgétaire américain ont conduit l’OCDE à ramener de 3,1 % à 2,7 % le taux de croissance mondial cette année
Coopération et de Développement Economiques (OCDE) qui publie ce mardi matin ses nouvelles prévision s a procédé, tant pour cette année que l’an prochain, à un ajustement à la baisse. Pour l’année en cours, la croissance mondiale ne devrait s’élever qu’à 2,7 % contre 3,1 % encore espéré en mai dernier. L’année prochaine verrait une hausse du Produit Intérieur Brut (PIB) global de 3,6 %, un niveau amputé là aussi d’un demi-point par rapport aux estimations du printemps. Pour l’économiste en chef de l’Organisation, Pier Carlo Padoan, trois événements ont conduit à cet exercice. Les discussions, au début de l’été, liées à la possibilité d’une réduction des achats de titres du Trésor par la Réserve fédérale américaine ont provoqué de fortes réactions sur les marchés financiers. Les inquiétudes quant au ralentissement économique des pays émergents ont-elles mêmes déclenché de nouvelles tensions sur les marchés consécutives au rapatriement de capitaux. Le feuilleton américain sur le relèvement du plafond de la dette fédérale, à l’automne, a constitué le troisième élément perturbateur de la croissance mondiale.
Pas de repli significatif du chômage
Dans un tel contexte de reprise modeste, l’OCDE ne s’attend guère à un repli significatif du chômage dont le taux ne refluerait que d’un demi-point pour l’ensemble des pays de la zone OCDE à 7,4 % d’ici fin 2015. Aussi, les experts du Château de la Muette conseillent ils de maintenir des politiques monétaires accommodantes dans les deux années à venir. La Réserve fédérale américaine devrait attendre début 2015 avant de commencer à relever ses taux d’intérêt. Même au Royaume Uni dont la croissance est prévue à 1,4 % cette année et 2,4 % en 2014, l’OCDE recommande de maintenir une politique monétaire souple et de ne resserrer les conditions du crédit qu’à la fin de l’année 2015. Côté budgétaire, l’Organisation met en garde contre un nouvel épisode relatif au relèvement du plafond de la dette américaine au début de l’an prochain. Afin d’éviter toute répétition d’un tel événement, il serait préférable d’abolir le plafond nominal de la dette fédérale « de telle sorte que les besoins d’emprunts impliqués par le budget et les résolutions votées au Congrès soient automatiquement autorisés », conseille l’OCDE.
Laisser jouer les stabilisateurs automatiques
Rien de tel pour la zone euro où la croissance est attendue à 1 % l’an prochain après un repli du PIB de 0,4 % cette année. « La politique monétaire doit rester inchangée si les pressions désinflationnistes ne s’intensifient pas », indique l’Organisation dans son rapport. « La Banque Centrale Européenne devrait envisager d’autres mesures si les risques déflationnistes deviennent plus sérieux », avertit même Pier Carlo Padoan. L’OCDE conseille également aux responsables politiques de laisser jouer les stabilisateurs automatiques afin de ne pas handicaper la faible croissance de la zone. Et, malgré les récents progrès enregistrés, l’OCDE appelle à la mise en place rapide d’une véritable union bancaire. « La faiblesse du système bancaire européen constitue un frein majeur à la croissance de la zone », estime Pier Carlo Padoan. Avant d’ajouter que l’exercice, l’an prochain, consistant à évaluer la qualité des actifs financiers détenus par les banques (Stress test) doit être conduit de manière rigoureuse et donner lieu, si nécessaire, à la recapitalisation des établissements afin de restaurer le mécanisme de transmission de la politique monétaire de la BCE. Dans cet environnement de fragilité, le taux de chômage de la zone euro devrait rester au-dessus de 12 % d’ici à la mi 2015, prédit l’OCDE.


