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Publié : 27 avr. 2006, 14:20
par metamec
Je ne sais pas si tu parles de l'AIEA et si les chiffres "absurdes" en question, c'est celui du rapport produit par l'OMS, mais je me permets de rappeler que
1. l'AIEA ne fait pas d'étude médicale, c'est l'OMS qui a fait l'étude épidémiologique sur l'Ukraine (cf le lien donné par th)
2. Si on ne peut pas croire à l'OMS (!), on peut encore certainement moins croire à Greenpeace et autres organisations anti-nucléaires. Question de simple bon sens : on ne peut pas demander à un renard de garder le poulailler.
Il existe à l'ONU un accord OMS/AIEA (Res. WHA 12-40) qui fait que l'OMS est très liée à l'AIEA et ne doit pas gêner la promotion du nucléaire.
Combien de temps après la catastrophe l'OMS est elle arrivée sur les lieux?
Tout ça pour dire que sur Tchernobyl on ne saura jamais combien il y a eu de victimes, et c'est certainement ce que voulait l'AIEA.
Publié : 27 avr. 2006, 16:08
par miniTAX
Tout ça pour dire que sur Tchernobyl on ne sera jamais combien il y a eu de victimes, et c'est certainement ce que voulait l'AIEA.
Bah si des "milliers de victimes", selon Greenpeace
http://archive.greenpeace.org/comms/nukes/chernob/
Publié : 27 avr. 2006, 16:39
par phylippe
Publié : 27 avr. 2006, 20:30
par energy_isere
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0 ... 222,0.html
Le nouveau sarcophage de Tchernobyl en attente de construction
Le compteur s'agite. Tic-tic-tic, crachote son petit haut-parleur, tel un réveil devenu fou, pendant que les chiffres défilent sur l'écran. Au bout d'une minute, il atteint 545 : ce n'est pas un score de jeu vidéo, mais le nombre de désintégrations radioactives enregistrées à 200 mètres de ce qui reste du réacteur no 4 de la centrale ukrainienne de Tchernobyl.
Le matin, à Kiev, l'appareil oscillait en dessous de 20. La radioactivité près du sarcophage qui enrobe le réacteur détruit est impressionnante. Si l'on restait en permanence sur place, on accumulerait rapidement la dose considérée comme acceptable en un an.
C'est que l'enveloppe de béton et de ferraille qu'avaient construite en un temps record - et au prix de risques importants - les "liquidateurs", en 1986, pour enfermer les matières radioactives encore présentes dans la ruine fumante, est percée de multiples trous représentant une surface d'environ 100 m2. Il s'en échappe un nuage invisible mais nocif. Des centaines d'ouvriers travaillent aujourd'hui à consolider le vieux sarcophage. Par petites périodes, pour ne pas accumuler une dose dangereuse.
Mais la grande affaire reste la construction prochaine d'une nouvelle enceinte de confinement. Trois raisons justifient cet ouvrage. D'abord, le sarcophage actuel menace ruine, car, comme le souligne Jean-Paul Chatry, qui a participé au nom d'EDF aux études techniques du nouveau projet, "c'est un vrai Lego, dont le toit ne tient que sur deux poutres, et dont la dalle, comme le sol est sablonneux, a tendance à s'affaisser".
Ensuite, de l'eau s'est accumulée dans les parties basses de la structure qui pourrait atteindre la nappe phréatique. Enfin, la poussière radioactive piégée dans la structure actuelle - près de 4 tonnes selon la direction de la centrale - pourrait s'échapper.
Les Occidentaux espéraient signer l'engagement des travaux de la nouvelle enceinte avant le 26 avril et tourner ainsi la page sur cette catastrophe. Mais l'on n'attend pas d'accord imminent entre le gouvernement ukrainien et la BERD (Banque européenne de reconstruction et de développement), qui gère les quelque 850 millions d'euros alloués par les pays occidentaux pour réaliser ce travail.
Pourtant, le projet technique est bien défini. Elaboré à la suite d'un concours d'idées lancé en 1992, il a conduit après diverses péripéties au lancement en 2004 d'un appel d'offres. Deux consortiums, l'un conduit par une firme américaine, CH2M Hill, l'autre par deux entreprises françaises, Bouygues et Vinci, ont remis leurs dossiers à l'automne 2005.
Il s'agit de construire une arche de 260 m de portée, 108 m de hauteur et 150 m de longueur qui recouvrira le réacteur détruit. Pour limiter l'exposition des ouvriers à la radioactivité - 80 milliSievert par heure sur le toit du réacteur -, cette structure sera assemblée par morceaux à 200 m du réacteur détruit. Ceux-ci seront ensuite poussés progressivement par des vérins au-dessus des restes de la centrale en glissant sur des rails de béton. Quand l'arche sera installée, la déconstruction interne pourra commencer. L'arche sera constituée d'une double peau de métal, assurant une bonne isolation thermique. Elle est prévue pour durer une centaine d'années.
Si les industriels et la BERD considèrent que l'affaire pourrait être réglée maintenant, la partie ukrainienne, qui assurera la maîtrise d'ouvrage, n'est pas décidée. "Le comité d'appel d'offres n'a pas un avis unanime. Il y a encore une divergence technique", indique à Kiev Vladimir Kolocha, vice-ministre des situations d'urgence.
Le problème est surtout politique. Il faut d'abord attendre que les circuits de décision, bousculés par les élections de mars 2005, se stabilisent. La décision à prendre relève aussi de la politique étrangère. La sélection d'un des deux consortiums revient à choisir entre l'Europe et les Etats-Unis, deux alliés également précieux pour Kiev. Enfin, tant les observateurs extérieurs que des personnalités ukrainiennes pensent que la corruption complique la prise de décision. "Ceux qui sont impliqués dans le processus sont surtout intéressés par le flot d'argent", dénonce Vladimir Usatenko, ancien liquidateur et député au Parlement ukrainien jusqu'en 2001.
Cette suspicion explique que nombreux sont ceux en Ukraine qui pensent qu'une solution plus économique aurait été possible. Ils contestent qu'il reste beaucoup de matière radioactive dans le réacteur et, donc, que les problèmes de sécurité soient très importants.
Officiellement, le réacteur contient encore près de 95 % du combustible originel, soit 190 tonnes. Mais, selon le président d'une association de liquidateurs, Georgi Lépine, "il ne reste que moins de 10 % du combustible".
Fin mars, le vice-président de la BERD, Fabrizio Saccomanni, reconnaissait que la réalisation du nouveau sarcophage "était plus compliquée qu'anticipé". Sans doute un euphémisme.
Hervé Kempf
Article paru dans l'édition du 27.04.06
Publié : 28 avr. 2006, 00:00
par th
J.M. Jancovici a ecrit une "
Lettre ouverte aux journalistes qui vont évoquer Tchernobyl, et surtout à ceux qui les écoutent, les lisent ou les regardent".
C'est ici :
http://www.manicore.com/documentation/Tchernobyl.html
Il ne va se faire que des amis....
Qu'on en juge par cet extrait :
Car je tiens à votre disposition le programme des Verts aux présidentielles de 2002, où il était explicitement indiqué que le nucléaire devait être remplacé par du gaz, qui comme chacun sait est inépuisable (les réserves ultimes restantes de gaz sont du même ordre que celles de pétrole), qui comme chacun sait est abondamment présent en France (nous importons 97% de notre gaz, et bien sûr M. Poutine s'est engagé à ne jamais nous réserver de surprise), qui comme chacun sait ne fait pas de CO2 (le gaz naturel engendre 20% des émissions mondiales de CO2), tout en expliquant que l'on va diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Je ne parle même pas de Sortir du Nucléaire, de qui je tiens un papier expliquant que l'on peut avoir une "France Durable" en consommant 95 millions de tonnes de pétrole par an ! Je vous pose la question : des gens qui ont des raisonnements à ce point farfelus doivent-ils être considérés comme des interlocuteurs plus sérieux et crédibles que les dizaines de milliers de médecins qui ont effectué des travaux sur les conséquences sanitaires de la radioactivité ? J'attends avec impatience l'argumentaire journalistique qui m'expliquera que oui !
Et, très accessoirement bien sûr, il faut que vous ayez bien conscience d'une chose : en présentant les conséquences sanitaires de Tchernobyl comme plus graves que ce qu'en disent les médecins, vous ne favorisez que très peu les fabriquants des éoliennes et de panneaux solaires ; ce sont essentiellement les charbonniers et les gaziers qui en profitent. En croyant défendre l'environnement, on favorise la hausse des émissions de gaz à effet de serre : l'enfer est pavé de bonnes intentions....
Dans la même veine le collectif "Sauvons le climat" a publié une
A propos du 20ème anniversaire de Tchernobyl - Lettre ouverte à ceux qui nous informent .
Publié : 28 avr. 2006, 00:09
par Schlumpf
on ne présente rien de bien pire que qui que ce soit. ON VEUT LA VERITE. LA VERITE ET RIEN QUE LA VERITE. Peut importe à qui cela profite. Et les petits calculs de Monsieur Jancovici, il peut se les mettre ou il veut.
C'est quasiment irréspirable ce qu'il écrit. Je suis assez ecoeuré et déçu par ce Monsieur. Dommage. On ne trouvera un autre. Au revoir Monsieur Jancovici. Remplissez bien votre frigidaire. Mais n'oubliez pas qu' il pourrait y avoir des pannes de courant à l'avenir...
Publié : 28 avr. 2006, 01:06
par th
on ne présente rien de bien pire que qui que ce soit. ON VEUT LA VERITE. LA VERITE ET RIEN QUE LA VERITE
Mais c'est quoi pour toi, LA VERITE ? Aucune des estimations sur le nombre futur des victimes de tchernobyl n'est vrai, ni celle qui prevoie 4000 victimes (UNSCAR), ou 9000 (OMS), 16000 (OMS, CIRC), ou 30 000 (TORCH )....
Ce ne sont que des
predictions basées sur des modeles, prenant des hypotheses et des méthodologies différentes.
Il n'y a pas, je pense, de malhonetetés ou d'influence des lobby dans ces divergences. Je t'invite à lire les rapports (et non les compte endu dans la presse). Les auteurs ne pretendent pas detenir la vérité. Ils donnent les resultats d'un modeles, basé sur les données et les hypotheses qu'ils pensent les plus juste.
Par contre ceux qui font états de "centaines de milliers de morts" d'ici 30 ans sont tres certainement malhonnetes. C'est je pense ce genre de discours que Jancovici à voulu denoncer.
Publié : 28 avr. 2006, 01:56
par Schlumpf
oui. Les rapports sont plus faciles à rédiger que les avis de décès...
Et la vérité bien difficile à appréhender. Surtout lorsqu'il s'agit d'un accident nucléaire... C'est bien dommage. Je suis néanmoins soulagé que l'on ne parle plus des 50 morts "officiels" de l'ère soviétique. (ère soviétique oblige). Maintenant les 4000 "morts" de L'UNSCAR, 20 ans après sont une infamie. Car tout le monde sait entre temps que ceux qui ont eu à souffrir (et à mourir) des retombées de Tchernobyl sont bien plus nombreux.
Mais les morts ne doivent pas être des données statistiques. Leurs souffrances sont bien plus intolérables. Maintenant notre devoir à leur égard est de présenter les faits tels qu'ils se sont passés. Le plus objectivement possible. Pour leurs souffrances et pour les générations futures. Pour que l'on SACHE ce qui s'est passé à Tchernobyl ce jour d'avril 1986 et ce que cela a eu comme conséquence. Pour ma part, je retiendrais aussi à ce titre le rapport de L'IPPNW qui parle de 100.000 morts liés à Tchernobyl.
Peu importe le nombre, tous ceux qui ont dit des mensonges et colporté ceux-ci (notamment ceux concernant le "nuage") méritent les assises.
Point barre.
Publié : 28 avr. 2006, 02:44
par toto
Tout a fait. Et quand on voit le desastre humain independamment du nombre de morts, la moindre des attitudes serait de dire pouce on arrete ces conneries.
Quel est cet entetement a vouloir toujours produire plus d'electricite quel qu'en soit le prix?
Publié : 28 avr. 2006, 10:23
par th
Peu importe le nombre, tous ceux qui ont dit des mensonges et colporté ceux-ci (notamment ceux concernant le "nuage") méritent les assises
Pellerin a gagné tous les proces en diffamation qu'il a intentés. La réalité est plus complexe.
Et quand on voit le desastre humain independamment du nombre de morts, la moindre des attitudes serait de dire pouce on arrete ces conneries.
Il faut arreter ce genre de raisonnement simpliste.
Arrete-t-on la production d'engrais ou de pesticide à cause de Bhopal et d'AZF? L'exploitation des mines de charbon à cause des innombrables catastrophes ? La construction de barrages à cause de Vajont?
Et quid de la bagnole (1 million de morts par an), le tabac (idem), etc etc...
Et des conséquences du RC lié aux energies fossiles ?
Publié : 28 avr. 2006, 10:37
par toto
Merci pour le raisonnement simpliste.
Je persiste et signe, OUI il faut arreter. Quel est l'interet de produire de l'electricite dans ces conditions, quel est l'interet de se deplacer vite en detruisant tout, etc...
Le dieu progres est une absurdite.
A la place de courir apres un progres technique qui ne sert pas a grand chose, on ferait mieux de chercher le progres de notre vie tout simplement.
Quand je vois la detresse des ukrainiens et bielorusses, ca me conforte dans mon choix de refuser la connexion EdF pour mon chalet.
Je prone l'arret immediat de la production d'electricite et suis pret a m'en accomoder sans rechigner.
Publié : 28 avr. 2006, 10:49
par echazare
100% d'accord, on se pose jamais la question de nos besoins, et pour revenir a la lettre de Jancovici, je trouve son paragraphe 2 un peut osé:
"2 - En matière de climat, toutes les ONG "environnementales" basent leur action sur le consensus scientifique établi par une agence onusienne : le GIEC. Il se trouve que pour Tchernobyl, il existe aussi une agence onusienne qui effectue exactement le même travail que le GIEC pour le climat, et cette agence s'appelle... l'Organisation Mondiale de la Santé. Et là, surprise ! Les même ONG "environnementales" qui acceptent les conclusions du GIEC sans les discuter sont toutes à peu près unanimes pour réfuter celles de L'Organisation Mondiale de la Santé en ce qui concerne Tchernobyl. Pourtant l'OMS fait exactement le même travail que le GIEC : dans les deux cas, l'action se borne à synthétiser ce qui se publie dans les revues scientifiques (en l'espèce les revues médicales pour Tchernobyl) pour en tirer une vision d'ensemble."
On en revient toujours à l'accord OMS/AIEA dont aucun défenseur du nucléaire n'a réussi à expliquer clairement la raison d'être, si ce n'est brouiller les cartes et promouvoir le nuk a tout prix.
Publié : 28 avr. 2006, 11:10
par thorgal
pacte Faustien, quand tu nous tiens ...
Publié : 28 avr. 2006, 11:53
par th
Je prone l'arret immediat de la production d'electricite et suis pret a m'en accomoder sans rechigner.
Je ne suis pas sur que 6 milliards d'habitants soit prets à se passer d'electricité et d'energie fossile sans rechignement...
On en revient toujours à l'accord OMS/AIEA dont aucun défenseur du nucléaire n'a réussi à expliquer clairement la raison d'être, si ce n'est brouiller les cartes et promouvoir le nuk a tout prix.
Que dit cet accord ?
l'Organisation mondiale de la Santé reconnaît qu'il appartient principalement à l'Agence internationale de l'Énergie atomique d'encourager, d'aider et de coordonner dans le monde entier les recherches ainsi que le développement et l'utilisation pratique de l'énergie atomique à des fins pacifiques, sans préjudice du droit de l'Organisation mondiale de la Santé de s'attacher à promouvoir, développer, aider et coordonner l'action sanitaire internationale, y compris la recherche, sous tous les aspects de cette action.
En clair : l'OMS est independante de l'AIEA.
De quand date l'accord : du 28 mai 1959, 14 ans avant le premier choc petrolier. Existait il a cette époque une volonté de promouvoir cette energie 'a tout pris', alors qu'il n'existait dans le monde que 2 petits reacteurs produisant de l'energie ?
Revenons sur le fond, et arretons de faire des proces d'intention à l'OMS, Janco ou qui se soit.
Publié : 28 avr. 2006, 12:03
par echazare
Balayer le probleme en niant son existance, je trouve cette attitude pour le moins étrange.
Pourquoi diable cet accord, qu'on me l'explique.