Sur 2025, 12,5 % de la production d’électricité dans l’UE d’origine solaire
Selon Eurelectric, la croissance record du solaire a profondément modifié l’équilibre du système électrique européen en 2025. Si la production renouvelable a permis de réduire les émissions et la dépendance aux combustibles fossiles, la persistance d’une forte volatilité des prix et la faiblesse de la demande d’électricité mettent en lumière l’urgence d’accélérer l’électrification et de renforcer la flexibilité du système.
janvier 15, 2026 Gwénaëlle Deboutte
Composition du mix de production électrique en 2025 dans l'UE. Image : Eurelectric
Selon Eurelectric, association européenne qui représente l’industrie de production électrique, le solaire s’est imposé comme la principale source de croissance du mix électrique européen. Avec plus de 340 TWh produits en 2025, il représente désormais 12,5 % de la production totale de l’UE, un record historique (contre 5,52 % en France). La hausse annuelle de plus de 60 TWh – équivalente à la consommation électrique annuelle du Portugal – a permis de compenser la baisse de la production hydraulique (-13 %) et éolienne (-4 %) entre 2024 et 2025.
Dans ce contexte, le nucléaire est resté stable autour de 24 % du mix, continuant d’assurer une production de base fiable. La progression du solaire a par ailleurs contribué à contenir la production à partir de combustibles fossiles, limitant ainsi leur impact sur les émissions et les prix.
Volatilité persistante des prix
Les prix de gros journaliers de l’électricité ont atteint une moyenne de 88 €/MWh en 2025, un niveau inférieur à celui de 2023, mais légèrement supérieur à celui de 2024. Les prix ont été plus élevés au cours du premier semestre, en raison d’une production éolienne et hydraulique plus faible, avant de se modérer au second semestre grâce à la forte production solaire et à la baisse des prix du gaz.
Malgré cette détente, la volatilité est restée marquée. Des prix négatifs ont été enregistrés sur environ 3,3 % des heures, tandis que des pics supérieurs à 150 €/MWh ont concerné 9,3 % des heures. Ces niveaux, inférieurs à ceux observés en 2022 mais supérieurs à ceux de 2024, soulignent le besoin croissant de flexibilité du système électrique.
Parallèlement, les prix de l’électricité ont montré une dépendance moindre aux coûts des combustibles fossiles. En moyenne dans l’Union européenne, environ 74 % des heures en 2019 affichaient des prix de l’électricité supérieurs au coût de production à partir du gaz, contre seulement 32 % en 2025. Cette évolution illustre la capacité des énergies renouvelables à découpler les prix de l’électricité de ceux du gaz.
Dégradation de la valeur du photovoltaïque
Mais la valeur du photovoltaïque connaît toujours une dégradation préoccupante. Selon des données RTE – EPEX SPOT, sa valorisation est aujourd’hui de 35,87 €/MWh et le capture rate est de 59 % (contre 68% en 2024 et 86 % en 2023). En cause : la surproduction électrique, aux heures ensoleillées, et le retard de l’électrification des usages.
La consommation totale en 2025 est demeurée pratiquement inchangée par rapport à 2024, mais restait inférieure d’environ 7 % aux niveaux de 2021. Pour tirer pleinement parti de ces bénéfices, Eurelectric souligne donc la nécessité d’accélérer les investissements dans les capacités de stockage, la réponse à la demande et d’autres solutions de flexibilité.