Un autre point que j'ai déjà signalé plus haut : le retrait vers Donetsk et pas vers Sievierodonetsk chèrement conquise me semble indiquer que cette ville et les alentours sont en voie d'abandon ainsi que peut être toute la LPR (oblast de Louhansk), car je ne vois pas sur la carte googlemaps d'obstacle naturel.
D'ailleurs :
https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-in ... te-1787688
Par Yves Bourdillon
Publié le 13 sept. 2022 à 17:02Mis à jour le 13 sept. 2022 à 17:35
La déroute russe continue. Alors qu'on pouvait s'attendre à ce qu'elles stoppent leur offensive pour consolider leurs positions et ne pas étirer leurs lignes d'approvisionnements, les forces ukrainiennes ont continué d'avancer, lundi soir et mardi matin.
Après avoir repris, ce week-end , des noeuds ferroviaires indispensables pour l'approvisionnement en hommes et matériel de l'armée russe, ainsi que les villes de Balakleya, Koupiansk et Izioum, elles ont continué leur progression sur les trois axes simultanés de leur offensive lancée il y a dix jours.
avec une belle carte :

Il semblait impossible de reprendre Sievierodonetsk frontalement en mode 14-18, mais ...
On voit clairement, si cette carte est exacte, que Lyman va bientôt tombé et probablement Sievierodonetsk. En effet l'attaque a lieu du sud, de l'Est, et du Nord. Impossible de tenir avec une telle tenaille qui va se transformer en "chaudron".
Il y a de tels chaudrons un peu partout avec plusieurs milliers de russes encerclés.
L'Oskil River qui semblait être un mur permettant aux russes de se reconstituer semble donc franchie comme un simple ruisseau.
Combien de jours pour reprendre Louhansk ? Quelle va être l'attitude des troupes de cette LPR quand tout leur territoire va être repris ? Vont-ils être contents de l'abandon de Poutine ?
Dernier point :
j'ai vu par ailleurs les reconquêtes en km2 en qq jours :
700, 1000, 2000,2500,3000 dimanche,6000 hier et maintenant 9000 ! Cela s'accélère. Ce n'est plus analogue à une fuite mais à une rupture de barrage.
Cela me rappelle ce que j'avais dit en avril. Les russes allaient venir buter sur l'enclume des fortifications dans cette région. Et les ukrainiens allaient lancer une offensive depuis le nord tel un marteau pour écraser les russes sur l'enclume. Cela a pris du temps, et l'enclume a beaucoup souffert ( Lyssytchansk , Sievierodonetsk) mais elle a tenu en épuisant l'attaquant.
Et maintenant le marteau écrabouille tout.
Les russes goûtent donc à la position entre le marteau et l'enclume. Position inconfortable.
Tout ceci a été rendu possible par l'arrivée du matériel occidental, surtout l'artilllerie longue portée, nos Caesar en tête (cocorico), mais pas que. Ces "long bras" comme disent les ukrainiens fond la différence à 1 contre 10 ou 100. Evidemment, le plus important est le nombre, la qualité, et la motivation des soldats ukrainiens.
Il y a un risque : le fer de lance ukrainien est très étiré et devient fragile sur ses flancs. Les troupes du "second échelon" sont elles suffisantes en nombre et en rapidité pour suivre et protéger les flancs et les arrières ? Les soldats de l'avant vont tellement vite ... On peut faire confiance aux officiers ukrainiens sur le terrain et au QG : ils maîtrisent à la perfection la Blitzkrieg.