energy_isere a écrit : 06 sept. 2022, 21:26
sceptique a écrit : 06 sept. 2022, 20:06
Mais cette tactique n'est possible que grâce aux armes longue portée sans équivalent coté russe.
Est ce que les Russes ont un programme de développement pour essayer d'y parvenir ?
Quels sont les véritables défis pour mettre au point cette technologie maitrisée sur le Caesar Français et le Himars des tazus ?
La difficulté est elle que sur le canon lui meme et/ou sur la munition ?
A ma connaissance les russes n'ont pas de programme dans ce sens. A mon avis (peut être faux) ils préfèrent se reposer sur leur pléthorique artillerie datant pour l'essentiel des programmes soviétiques. Ils préfèrent des programmes plus prestigieux comme les missiles hypersoniques ou les torpilles nucléaires.
Le Caesar est avant tout un problème technologique de fonderie d'aciers spéciaux et d'usinage à qq 1/100 mm sur une longueur de plusieurs mètres avec des machines-outils dédiées. Sachant que le métal "travaille" et que la déformation due aux contraintes internes (ou à leur libération) est importante.
J'ai justement bossé dans la machine-outil il y a 50 ans et l'usine fabriquait des petits tours montés sur barres. Le soin et la qualité d'usinage, la technicité des ouvriers étaient sans égal. Les concurrents qui ont essayé de l'imiter ont échoué. Le "savoir faire" demande beaucoup de temps !
Lors d'essais aux USA pour le remplacement de leur matériels existants, les américains ont été impressionnés par la portée et la précision des Caesar qui surclassaient les autres matériels. Et cela avec des munitions standards fournies par les américains ! Munitions faciles à fabriquer et peu chères en quantité industrielle : les livraisons cumulées ou prévues USA + Europe + ... devant être de l'ordre du million.
Pour les obus spéciaux, propulsés et/ou guidés, c'est une autre histoire. Et je ne connais pas la technologie.
ils coûtent une petite fortune à l'unité et doivent donc être utilisés à bon escient en connaissant parfaitement les coordonnées de la cible et en anticipant des déplacements éventuels. J'imagine que leur production doit être aussi en nombre beaucoup plus faible.
Les Caesar et autres 155 mm sont donc avant tout équipés d'obus standards. Avec cela ils tirent déjà plus loin, et de manière plus précise que leurs homologues russes. On a vu des images de bombardement russes sur des routes : l'essentiel des trous d'obus est dans les champs à coté de la cible ! En balançant comme ils l'on fait 50 000 obus par jour sur une ligne de front réduite dans le Donbass ils arrivaient quand même à mettre hors de combat qq centaines de combattants ukrainien. Du coup, ils ont épuisé une bonne partie de leur stock et usé prématurément les tubes de leurs pièces ce qui accroît encore la dispersion des tirs.
La grande force de ces canons est donc l'utilisation de munitions standards (peu importe l'usine de fabrication US ou Europe) peu chères, permettant de surclasser les obusiers russes. Un seul Caesar peut détruire plusieurs obusiers russes en restant hors de portée.
Les obus spéciaux, beaucoup plus rares, mais fort utiles dans certains cas sont donc utilisés dans des conditions très particulières. De plus ils demandent une qualification spéciale des canons eux mêmes et des artilleurs.
Maintenant, il y a les Himars. Beaucoup plus performants mais avec des munitions beaucoup plus chères et rares.
Toutes les cibles ne sont donc pas traitées uniformément !