energy_isere a écrit : M. Khelil a répondu que le cartel allait étudier l'approvisionnement du marché et la question de savoir si la baisse des stocks récente est "conjoncturelle" ou non, ainsi que les perspectives au deuxième et troisième trimestres.
Intéressant : cela signifie que l'OPEC compte réguler également sur les stocks, pas seulement sur les prix, après avoir constaté que ceux-ci on grimpé au-delà de leurs espérances sans pour autant casser la machine.
Il a ajouté que l'Opep avait "déjà fait des gestes dans le passé", comme lorsqu'elle a augmenté sa production de 500.000 barils par jour en septembre, mais que "cela n'a servi à rien" puisque les prix "ne sont pas vraiment tombés, ils ont augmenté".
Mouais, ça c'est nettement plus hypocrite : au moment où l'OPEC a anoncé cette augmentation officielle, les 500 000 barils étaient déjà (en fraude des quotas) sur le marché, l'OPEC n'a rajouté que des "barils bidons" si j'ose dire.
Selon lui, la relation prix-production ou prix-stocks "n'est peut-être pas aussi forte que nous le pensons, elle est peut-être plus liée à la situation géopolitique et à la spéculation".
Ca me fait plaisir que Khelil dise cela, puisque j'ai moi-même été pris au dépourvu par l'intense spéculation qui a fait grimper le baril de 60 à 100 USD (moins la dévaluation de l'USD) : ça signifie que l'OPEC aussi en a été surprise. Je continue de m'interroger d'ailleurs sur l'inaction de l'Occident, ou plutôt des pays importateurs de pétrole, sur ce sujet : cette spéculation rapporte (très peu) à un tout petit nombre de gens en Occident (les hedgeurs), mais alimente les pays exportateurs avec de vrais dollars, avec une "prime non nécessaire" de l'ordre de 30 %. Cette absence de réaction, que l'on pourrait trouver tolérable sur le marché de l'étain ou du café (deux marchés qui furent très cartélisés dans le passé), me paraît coupable à bien des égards :
- elle nous coûte cher
- elle enrichit des gens qui ne sont pas tous nos amis - et en tous cas pas tous des amis des USA.
Si l'on estime à 30 USD/bbl cette surprime, si les USA importent 12 Mbbl/d, ils déséquilibrent leur balance des paiements de 10 milliards USD par mois pour rien. Tout ça pour alimenter les Saoudiens et les Russes ? Si c'est pas de la mauvaise gestion...
Quand je parle d'absence de réaction, je veux dire par là que la spéculation responsable de la "surprime" sur le baril n'est pas nécessaire au fonctionnement correct de l'industrie pétrolière, on pourrait parfaitement s'en passer sans attenter aux sacro-saints droits immémoriaux de faire du pognon en général. Il faudrait envisager d'interdire aux boursiers non professionnels du pétrole d'acheter des futures - peut-être que quelqu'un de plus compétent pourrait s'exprimer sur ce sujet particulier.
Chakib Khelil est considéré comme l'un des meilleurs spécialistes du sujet, avec le verbe facile : faudra pas compter sur lui pour nous dorer la pilule.
