franck1968 a écrit :Une question, quel est le delais prevu pour la constuction du "tuyau" vers l'amérique du sud ?
Les travaux n'ont pas encore commencé; mais l'accord politique semble être finalisé, ainsi que les grosses lignes du tracé.
Les travaux en eux-mêmes prendraient de 5 à 7 ans; ils pourraient donc être bien entamés pendant les legislatures actuelles des dirigeants du Brésil, Uruguay, Paraguay et Argentine, et en cas de changements pour la législature suivante, étant donné l'énorme avantage que le gazoduc leur apporterai, même des dirigeants ferocement anti-chavistes et soumis à Washington continueraient avec le projet (on peut le constater avec l'attitude du président Colombien Uribe; il deteste Chavez, le voudrait voir mort; mais est d'accord pour l'oléoduc Vénézuela-Pacifique).
Pour ce qui est de la Bolivie et du Vénézuela, on est certain que les présidents actuels resteront en place, vu leur immense popularité.
Le projet a donc toutes les chances de se réaliser.
Le gazoduct ferait 8.000km de long entre le Vénézuela, le Brésil et l'Argentine, pour un investissement de 20 milliards de dollars.
Il y aurait une ramification partant de/vers la Bolivie (la Bolivie produit du gaz, donc ce serait plutôt pour permettre à la Bolivie d'envoyer son gaz dans le tuyau), le Paraguay et l'Urguay.
Une fois en Argentine il serait relié au réseau de gazoducs argentins qui vont jusqu'au tout au sud de la Patagonie.
En clair: une fois construit, l'acheminement du gaz serait garanti pour tous les pays reliés (Vénézuela, Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay, Bolivie), pendant plusieures decennies.
En cas de victoire du candidat Ollanta Humala au Pérou, il n'est pas exclu que le Pérou ne vienne pas se joindre au projet.
Quant au Chili, la Bolivie n'y enverra pas du gaz, mais construira des centrales éléctriques au gaz à la frontière, et fournira l'éléctricité pour l'industrie minière chilienne. La Bolivie garde le gaz comme arme de négociation pour recuperer son accès à la mer. Si ce problème d'accès à la mer se resolvait, le Chili pourrait alors à son tour être raccordé et approvisionné en gaz, mais tant que cela ne sera pas resolu, la Bolivie y mettra son veto, et le Vénézuela, ainsi que le Pérou, soutiendront la Bolivie.
Cela explique pourquoi Lula n'avez pas un ton beliqueux par rapport aux espagnols.
Le gouvernement brésilien est un allié stratégique du gouvernement bolivien; si bien ils n'ont pas exactemment les mêmes vues, ils seront bien plus souvent côté à côte qu'affrontés.
L'alliance Bolivie-Vénézuela (et Cuba) est extrêmement forte; il est impossible de vouloir être ami de l'un en s'attaquant à l'autre, donc de toutes façons le Brésil ne s'attaquera jamais à la Bolivie, car cela equivaudrait à s'attaquer au Vénézuela.
Mais en plus le gouvernement brésilien n'a pas de raison de s'attaquer à la Bolivie. Oui, le directeur de Petrobras a eu des mots durs (qualifiant al decision bolivienne d'"inamicale" etc); mais Petrobras n'est pas une compagnie publique, l'Etat brésilien y est majoritaire, mais ce n'est pas le seul patron; donc la position de Petrobras ne reflète pas celle du gouvernement brésilien (ce n'est pas le cas de PDVSA, qui est à 100% propriété de l'Etat, et donc la position reflète exactement celle du gouvernement vénézuelien).
Le gouvernement brésilien est pour la souveraineté des pays sur leurs ressources, il ne peut le vouloir pour lui et le refuser à ses voisins, donc politiquement il ne peut qu'appuyer la decision bolivienne.
De plus, ce qui compte c'est l'approvisionement en gaz; et il est garanti par la Bolivie.
La position espagnole est differente; les compagnies espagnoles ont, pendant les années 1980-90, racheté à tour de bras les compagnies nationales latinoaméricaines privatisées; avec les renationalisations qui s'annoncent, elles ont peur de perdre ce qu'elles ont (mal) acquis.
Mais l'Espagne n'est pas en position d'exiger quoi que ce soit; tout particulièrement en Bolivie, qui fut exploitée par l'Espagne pendant 500 ans de façons incroyable; d'ailleurs Evo Morales y a fait allusion, laissant entendre que si l'Espagne lui cherche noise, il a largement de quoi contrataquer et demander des dommages aussi.
Le grand changement géostratégique aujourd'hui c'est que l'Amérique latine n'a plus aucun besoin ni des Etats-Unis ni de l'Europe; elle est auto-suffisante (et exportatrice) en matières premières, avec les apports du Vénézuela, la recuperation (nationalisation) des ressources et la future banque latinoaméricaine elle est en voie de l'être aussi financièrement, et pour ce qui est de l'accès aux produits de haute technologie, il y a la Chine et la Russie, qui sont prêts, contrairement aux Etats-Unis et l'Europe, à commercer sans imposer des conditions de soumission.
L'Amérique latine a donc, à condition de s'unir, tous les atouts en main pour s'emanciper pleinement.
Les pays qui ont opté pour le changement le comprennent très bien, c'est pourquoi il n'y aura pas de rupture entre eux, même s'il y a des divergeances, ils feront tout pour les resoudre en interne.
Les Etats-Unis ont fini par le comprendre aussi, c'est pourquoi ils tenteront tout pour fomenter la discorde et empêcher l'union des pays latinoaméricains.