Publié : 14 mai 2007, 16:54
Guerre d'édition en cours sur Wikipédia pour l'article Biocarburant
http://fr.wikipedia.org/w/index.php?tit ... ocarburant
http://fr.wikipedia.org/w/index.php?tit ... ocarburant
Oui, ca faisait un bon bout de temps que ca commencer à m' interpeller.Birdy a écrit :Ne serait-il pas temps de renommer ce fil "Agro-carburants bon marché" ? Ces carburants végétaux sont tout sauf bio... Evitons les étiquettes trompeuses. Chez Kokopelli, ça s'appelle même des "Nécro-carburants"...
Voir aussi : La bataille des biocarburants, par Gaëlle Dupont (Le Monde)
La bataille des biocarburants, par Gaëlle Dupont
LE MONDE / 14.05.07
Jusqu'à une date récente, les promoteurs des biocarburants n'avaient rencontré qu'un seul véritable obstacle : l'opposition des groupes pétroliers, peu désireux de voir leur monopole remis en question. Quelques voix avaient attiré l'attention sur de possibles dérèglements économiques et écologiques liés à la production massive de carburants issus de la canne à sucre, du maïs ou de la betterave (destinés à la fabrication de l'éthanol) et du palmier à huile, du soja, du colza, ou du tournesol (pour le biodiesel). Mais elles étaient isolées et peu audibles, au milieu des applaudissements saluant l'émergence de substituts "propres" au pétrole.
Cette époque est révolue. De nombreuses mises en garde viennent de tous les horizons. Le plus célèbre représentant de ce front est Fidel Castro. Depuis la signature fin mars d'un accord de coopération et de promotion des biocarburants entre les Etats-Unis et le Brésil, le dirigeant cubain ne cesse de s'élever contre "l'idée sinistre de convertir les aliments en combustibles", qui pourrait conduire à la "mort prématurée de milliards de personnes" par la famine.
Au même moment, George Monbiot, éditorialiste au Guardian, appelle à un moratoire de cinq ans, évoquant un "désastre écologique et humanitaire" à venir. Il existe désormais une coalition européenne baptisée "biofuelwatch", qui réclame l'abandon des objectifs fixés par l'Union européenne (10 % de carburants d'origine végétale dans les réservoirs d'ici à 2020). "Cette cible va favoriser des variétés aux rendements énergétiques faibles, déclencher de la déforestation et des pertes de biodiversité et exacerber les conflits locaux liés à l'usage du sol", écrivent les écologistes, qui ne parlent plus désormais que d'"agrocarburants".
Quel contraste avec l'enthousiasme qui prévalait jusqu'à présent ! Des biocarburants, on ne voyait alors que les avantages : réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), de la dépendance énergétique... et nouveau débouché pour les agriculteurs en quête d'une image plus verte. En France, la FNSEA, syndicat agricole majoritaire, a été le plus ardent promoteur des biocarburants. Ce qui explique le volontarisme du gouvernement, qui a fixé des objectifs plus élevés que ceux de l'UE. Le président élu Nicolas Sarkozy a promis de poursuivre cette politique.
En fait, les biocarburants permettent aux élus des pays riches d'éviter d'aborder de front une question périlleuse : l'augmentation vertigineuse des émissions de GES liées aux transports et l'efficacité des déplacements des personnes et des marchandises. Un appui politique sans réserve a ancré dans les esprits l'idée que ces nouveaux carburants allaient se substituer sans dommage à l'essence et au diesel.
Or rien n'est plus faux. Tout d'abord, leur rendement énergétique est inégal. Les seules plantes véritablement performantes poussent sous les tropiques : canne à sucre pour l'éthanol, palmier à huile pour le biodiesel. Le rendement de la canne est deux fois supérieur à celui du maïs. Les méthodes de culture sont contestées. "Il serait économiquement absurde de consacrer beaucoup d'énergie à travers l'usage intensif d'engrais pour produire de l'énergie, souligne Michel Griffon, responsable du département agriculture et développement durable de l'Agence nationale de la recherche. En effet les engrais azotés sont essentiellement issus du gaz naturel, dont les prix vont augmenter. Les phosphates sont des roches fossiles et leur mise à disposition dans les exploitations agricoles représente un coût important de transport."
Les ingénieurs agronomes redoutent une course à la terre entre les "quatre F" pour Food (alimentation humaine), Feed (alimentation animale), Fiber (textile), Fuel (carburants). Alors que les biocarburants représentent moins de 1 % de l'énergie produite dans le monde, leur influence sur les cours des matières premières agricoles se fait déjà sentir. Or de nombreux pays ont fixé des objectifs de développement ambitieux pour les années à venir. "Il faudrait deux planètes pour remplir les estomacs, remplir les réservoirs et préserver l'avenir de la biodiversité", résume M. Griffon.
"POLITIQUE FOLLE"
Les forêts tropicales et les zones humides, principaux réservoirs de biodiversité, sont en première ligne. L'expansion de la culture de la canne à sucre dans le centre-ouest du Brésil aboutirait ainsi à déplacer les cultures de soja et les pâturages vers les terres occupées par la forêt amazonienne. Un raisonnement rejeté par Marcos Jank, président de l'Institut brésilien des études commerciales et des négociations internationales. "L'espace disponible au Brésil est considérable, et la production est encore peu intensive, affirme M. Jank. On passe de systèmes de culture dominés par l'élevage et le soja à des systèmes diversifiés, où la canne entre dans les rotations." "La déforestation est davantage liée aux coupes illégales et au régime de propriété foncière", ajoute M. Jank. Le gouvernement brésilien conteste également les critiques.
Les dommages sur la forêt du Sud-Est asiatique ont commencé. Les forêts primaires d'Indonésie et de Malaisie partent en fumée pour laisser la place à des plantations de palmier à huile. Or les cours sont dopés par la demande européenne liée au développement des biocarburants tirés du colza, dont l'huile de palme est un substitut. La perte de biodiversité est immense, et de précieux puits de carbone sont supprimés.
L'environnement des pays riches pourrait également souffrir. "Aux Etats-Unis, les cultures de maïs pour l'éthanol progressent vers l'ouest, grâce à l'utilisation d'eau prélevée sur un aquifère fossile, relève Ronald Steenblik, directeur de recherche à l'institut américain Global Subsidies Initiative. Les engrais, les pesticides, l'érosion progressent avec elles. C'est une politique folle, chère, et mauvaise pour l'environnement."
En Europe, l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) a dressé la liste des précautions indispensables pour concilier cultures énergétiques et protection de l'environnement (maintien de zones en jachère, conversion de 30 % des terres en agriculture biologique). La Commission européenne a lancé, le 30 avril, une consultation publique sur les moyens de garantir la "viabilité environnementale" des biocarburants, afin de préparer une proposition de directive-cadre sur les énergies renouvelables. Elle le fait seulement après avoir fixé un objectif chiffré contraignant.
L'émergence de biocarburants de deuxième génération, à la fois plus productifs et respectueux de l'environnement, est souvent avancée comme réponse à ces inquiétudes. Mais elle ne pourra aboutir avant une ou deux décennies. Dans l'intervalle, les dégâts sur la biodiversité pourraient être importants, et ils ne seront pas réparables.
Gaëlle Dupont
Pas si l'on privilégie la filière biométhane, a l'aide de plantes produisant une biomasse importante, cultivées dans des "green corridors" le long des pipelines de gaz naturel. La plante entière est transformée en carburant avec un EROEI de 14:1, et les effluents contenant l'ensemble des éléments minéraux absorbés sont a nouveau épandus sur la culture, réduisant considérablement les apports d'engrais.thorgal a écrit :petit a petit on va y venir. La seule solution logique a la substitution de produits petroliers servant au transport c'est, faute de miracle, une diminution du transport. Pas le choix. Mais c'est encore dit a demi mot. Ca va venir, oui, ca va venir ... car tot ou tard, il faudra bien faire un choix :
"bouffer ou conduire, il faut choisir!" comme dirait l'autre ...
Source: enerzineDes champignons pour produire du bioéthanol
Des champignons pour produire du bioéthanolUne méthode biologique de dégradation de bois a été développée par un groupe de chercheurs, universitaires et industriels, dans le but de produire du bioéthanol.
Le bois est constitué principalement de lignine et de cellulose. Pour produire du bioéthanol à partir de bois, il faut tout d'abord séparer la cellulose, riche en glucose, de la lignine afin d'en extraire le sucre et le fermenter.
Les procédés actuels de dégradation consistent à broyer mécaniquement les débris de bois, ce qui est très coûteux en énergie. La méthode biologique exploite la propriété lignivore de la pourriture blanche, espèce fongique issue de nombreuses variétés autochtones de champignons. La lignine étant détruite, l'extraction du glucose contenue dans la cellulose est facilitée. L'irradiation des matériaux par micro-ondes permet d'accélérer la dégradation. Ce procédé nécessite au final 10 fois moins d'énergie que les techniques mécaniques.
Cette méthode a été développée dans le cadre d'un projet financé par la NEDO (New Energy and Industrial Technology Development Organization). L'utilisation de biomasse non-alimentaire tels que les résidus de coupe ou le bois de sciage est un enjeu majeur pour le Japon qui est loin de survenir à ses besoins en bioéthanol.
L'équipe souhaite commercialiser cette méthode d'ici 3 à 5 ans, une fois la culture des champignons optimisée.
En France, il est interdit par la loi de nomer "bio" quelque chose qui n'est pas issue de l'agriculture biologique. Comme le yaourt "bio" de Danone, renommé (enfin, après des années) "Activa".Silenius a écrit : Assimiler le terme a "BIO" a "produit issu de l'agriculture biologique" est une erreur grossière.
Interessant ça, aurais tu un lien direct la dessus (meme en Anglais) ?Silenius a écrit : Pas si l'on privilégie la filière biométhane, a l'aide de plantes produisant une biomasse importante, cultivées dans des "green corridors" le long des pipelines de gaz naturel. La plante entière est transformée en carburant avec un EROEI de 14:1, et les effluents contenant l'ensemble des éléments minéraux absorbés sont a nouveau épandus sur la culture, réduisant considérablement les apports d'engrais.
il y a déja des systèmes qui utilisent ce principe http://www.betalcool.ch/bilan_FR.htm iciet les effluents contenant l'ensemble des éléments minéraux absorbés sont a nouveau épandus sur la culture, réduisant considérablement les apports d'engrais.
Bonsoir Silenius,Silenius a écrit : Pas si l'on privilégie la filière biométhane, a l'aide de plantes produisant une biomasse importante,
C'est très particulier géographiquement. Quel flux énergétique peut on espérer tirer, par rapport aux 85MB jour de petrole aujourd'hui ?cultivées dans des "green corridors" le long des pipelines de gaz naturel.
Aujourd'hui, c'est largement plus de 10 calories d'hydrocarbure pour produire une calorie alimentaire. On peut baisser les engrais, mais le défi reste énorme....La plante entière est transformée en carburant avec un EROEI de 14:1, et les effluents contenant l'ensemble des éléments minéraux absorbés sont a nouveau épandus sur la culture, réduisant considérablement les apports d'engrais.