Eva Joly cherche la fusion ! Quelle fusion ?
Médiapart () le 20 Août 2010
Par Jacques Eutro
...La fusion se fera d'autant plus que les écologistes politiques sont opposés à la fusion. Le paradoxe n'est qu'apparent.
Le plus intéressant c'est ça, tout au moins à mes yeux. Eva Joly et Laurence Vichnievsky ont rejoint Europe Écologie, avant les récentes régionales. Quelle éthique y a-t-il à adopter ou à rejeter la fusion ?
Ces deux femmes n'ont pas à faire leur preuve en matière d'éthique. C'est le sentiment commun. Pourtant sont elles éthiques lorsqu'elles rejettent la fusion ? Ne sont elles pas soupçonnables d'opportunisme ? Le climat des affaires les portent, est-ce suffisant ?
Cécile Duflot, leader des Verts, dispose-t-elle d'une masse critique politique suffisante pour empêcher cette fusion ou la réaliser à son avantage ? C'est peu probable, les femmes ont cette force qui est d'être raisonnable et pragmatique. Si les deux mouvements politiques ne l'empêchent pas, la fusion se fera, les leaders la veulent, d'autant plus que Cécile Duflot est également hostile à la fusion.
L'hostilité à la fusion c'est leur socle. Ils ont une revanche à prendre contre le Grenelle de l'environnement à l'issue duquel ils ont le sentiment d'avoir beaucoup trop lâché à propos de la question du nucléaire.
Les deux anciennes magistrates, récemment entrées en politique active, ont donné des gages à ce propos. Madame Laurence Vichnievsky leader de la liste écologiste en région PACA, lors des dernières élections régionales, a mené un débat contradictoire intense à propos de l'intérêt du projet d'avenir Iter.
http://www.iter.org/fr/accueil
Les écologistes politiques qui ont déjà réussi à faire fermer Superphénix à la fin des années 90, peuvent-ils fusionner contre la fusion ? Sans aucun doute. C'est même pour eux une clé de voute solide et fiable. Les écologistes politiques vont fusionner contre la fusion. Est-ce une bonne nouvelle pour la gauche, à la veille des présidentielles ? Est-ce une bonne nouvelle pour la droite ? Est-ce une bonne nouvelle pour les citoyens français ?
Une fois cette fusion réalisée, les écologistes politiques pourront-ils imposer ce point de vue à leurs autres alliés de la gauche, voire du centre gauche dont l'addition peut être nécessaire pour arriver aux 51% des suffrages de la victoire ?
Si un candidat de gauche unie est désigné, avant le premier tour, arrivera-t-il à battre la droite avec cette idée centrale ? Jean-Luc Mélenchon semble prêt à tout dire pour plaire aux écologistes, mais si le candidat uni est issu du Parti Socialiste, que dira-t-il ? Finassera-t-il pendant la campagne pour mieux poursuivre le projet Iter ensuite, en arguant des engagement internationaux de la France ? Où sera la probité ? Les électeurs ne se sentiront-ils pas lésés, particulièrement, les militants écologistes ? La position internationale de la France déjà très fragilisée, résistera-t-elle à l'abandon du projet Iter sur son sol, après avoir tant mobilisé de pays pour obtenir ce projet ? Est-ce que le candidat unique de la gauche annoncera immédiatement sa position, favorable à Iter, s'il est socialiste, au risque de détruire l'amalgame de gauche, en cours d'enrichissement, avant le premier tour ?
Il est urgent que les Socialistes, le Mouvement de Gauche et les Communistes se prononcent concernant la fusion, notamment concernant Iter.
Martine Aubry, tout comme Ségolène Royal, ne peuvent pas simplement nous dire à ce propos : « Nous les femmes, pragmatiques, nous nous entendrons toujours sur cette question ». Les hommes, François Hollande, DSK, Laurent Fabius et les autres ne peuvent pas nous dire : « Iter est un sujet grave qui mérite une analyse sérieuse et précise que nous réaliserons après l'élection ».
Ils doivent, tous, individuellement, se prononcer maintenant avec clarté. L'élection présidentielle est individuelle, sans fusion. Madame Eva Joly, future candidate de la fusion des écologistes politiques, hostile à la fusion, a déjà annoncé son rejet du projet Iter.
Les citoyens français se passent de Superphénix, fermé en 1998. Pouvaient-ils réellement se passer de cette installation à la pointe ? Ne serait-elle pas utile aujourd'hui pour «brûler» une partie des déchets nucléaires et permettre à la France d'importer de l'uranium en moins grande quantité, tout en produisant davantage d'électricité ?
Les citoyens français pourront-ils se passer d'Iter et de la fusion, pour leur confort, pour leur environnement et pour leur sécurité ?
Les deux candidats du second tour de la présidentielle, pourront-ils, une nouvelle fois, montrer une incurie comparable à celle de 2007,concernant le bilan énergétique de la France lors du débat qui les opposera avant le choix ultime des français ?