Bon en discutant avec un collègue j'ai réussi à mettre le problème des coûts sous une forme ramassée pour montrer le paradoxe.
La lutte contre le RC ne peut être "scientifiquement fondée" que si on arrive à démontrer que le coût de l'action est bien inférieur au coût de l'inaction, donc que se passer de fossiles coûterait bien moins cher que le coût du RCA.
Or les chiffrages disponibles montrent que le coût du RCA est certainement inférieur à 1% du PIB. Le raisonnement demanderait donc que se passer de fossiles coûterait bien moins que 1% du PIB.
Outre que ça parait invraisemblable, si c'est le cas, évidemment la décision de remplacer les fossiles devrait etre prise avec ou sans RCA. Ca résout tellement de problèmes (ressources, pollution ) qu'il n'y a pas besoin du RCA ... pourquoi insister alors autant sur les coûts supposés très élevés du RCA si ça n'a pas d'importance pour la décision ?
La seule explication alternative serait que les coûts du RCA augmenteraient très fortement à l'avenir, et que donc ça laisse une place pour une action qui certes couterait bien plus que 1% du PIB mais quand même moins que le RCA. Sauf que pour ça il faut que les coûts du RCA augmentent très fortement, 1% ça ne suffit pas : c'est l'argument de "la falaise" (Cliff) qui a été sorti par Jeudi et sort de temps en temps par exemple dans cet article qui critique la fonction de coûts de Nordhaus
https://alaingrandjean.fr/2019/09/04/pr ... -lui-lest/
les courbes bleues et noires sont des exemples de courbes "à falaise" (type "diode" ) qui justifieraient effectivement de limiter le RC bien en dessous de ces valeurs, au -dessus desquels le coût du RCA deviendrait virtuellement infini devant tous les autres coûts.
Le problème est que ces courbes sont inventées pour l'exemple, elles n'ont jamais été calculées par personne, et qu'elles ont même démenties par les scientifiques
https://www.eenews.net/articles/climate ... t-give-up/
The Paris climate targets are still within reach, according to the new IPCC report — but the more ambitious target of 1.5 degrees is quickly approaching. The world is likely to hit it within a decade or two unless global greenhouse gas emissions dramatically decline within a few years.
But that’s no reason to despair, experts caution. There’s a misconception that exceeding a temperature target is akin to falling off a climate cliff. That’s not true.
Climate change is a mostly incremental process. Every little bit of warming makes it gradually worse, but that also means every bit of warming prevented makes a difference.
“There’s very little evidence in our models, or in climate science more broadly, that 1.5 C is fine and 1.6 C is catastrophic — or 2 C is fine and 2.1 C is the end of the world,” Hausfather said. “There’s no particular tipping points once you get slightly over these thresholds that cause things to spiral out of control.”
That doesn’t mean the world shouldn’t take these targets seriously. They’re important benchmarks, goals to help the world unite to halt climate change as early as possible. Climate impacts at 2 degrees will be worse than 1.5 degrees, and definitely worse at 3 degrees than at 2.
But there’s never a point at which it becomes too late to act.
(en, fait selon moi les scientifiques commencent à réaliser qu'ils ont fabriqué un monstre Frankenstein qui échappe à leur contrôle, ils ont tellement joué sur la peur du RCA que c'est devenu une panique tendant à faire penser que tout est fichu, mais ça ça ne leur va pas du tout, parce que si tout est fichu ce n'est plus la peine d'étudier le climat et de financer leurs recherches hein ....)
Donc au total il n'y a pas de situation rationnelle où le RCA nécessite d'agir , soit il n'y a pas à diminuer les fossiles volontairement (plus que la déplétion naturelle qui va déjà nous en faire baver), soit il y a à le faire mais on n'a pas besoin du RCA pour le motiver.