GillesH38 a écrit : 27 oct. 2019, 18:44
bon si je résume : du fait que tu estimes que ~ 35 % de notre PIB est constitué d'activités de services qui ne nécessitent pas d'énergie,
le gain apporté par les fossiles n'est que d'un facteur 3, et pas d'un facteur 10 ou plus tel que c'est compté dans le PIB.
Oui, et les 35% correspondent (a la tres grosse louche) a des activites qui etaient faites historiquement.
A mon avis c'est une manière de compter incorrecte,
[...allusion au confort....]
Bref je ne suis pas complètement sur de ce qu'il faut définir comme la richesse,
Dans ta critique, tu te bases sur la notion de confort, qui est tres subjective et pas quantifiee. pour essayer de dire ce qu'est la richesse. Bref, ca ne fait que reporter la difficulté de definition sur un autre concept et je ne comprends pas bien ta demarche. Soit tu acceptes que la richesse est une notion toute subjective pas quantifiable ( ca me semble defendable), mais dans ce cas la, il n'y a pas de raison de s'alarmer de la baisse des ressources fossiles. Soit tu consideres que c'est quantifiable un peu, et lié aux fossiles, et il faut faire l'effort de quantifier. Tu adoptes une position que je ne comprends pas en disant : je ne vais pas quantifier la richesse mais je sais que ca va baisser beaucoup et dans les memes ordres de grandeur que les fossiles. ca ne me semble pas tres logique.
Pour moi, la richesse est tres decorellee de l'energie. C'est ce point que j'essayais d'objectiver et quantifier dans nos discussions. Les premiers kwh d'energie apportent beaucoup de richesses : on peut se chauffer, se deplacer et avoir des interactions avec d'autres personnes. Mais passés ces premiers kwh, les kwhs suivants sont tout a fait improductifs en termes de richesse. J'ai meme l'impression ( pour mes propres gouts que je ne pretends pas universels ) que la richesse baisse quand on utilse davantage d'energie. J'ai des poules, une voiture de 20 ans, je velotaffe un peu plutot que payer un abonnement dans un club de gym, on se retrouve avec mon fils le soir autour du poele a bois l'hiver, j'apprends tant bien que mal a jouer du piano sur un vieux coucou d'epoque, je me rase avec un coupe-choux plus sensuel que le rasoir jetable en plastique. Je trouve que ma vie a une dimension poetique qui disparaitrait si je me tentais de satisfaire mes besoins immateriels a coup de shoping et d'objets jetables en plastique.
Tu te demandes pourquoi c'est si difficile de se passer des fossiles et de notre mode de vie. Mais pour moi, c'est juste la pub. Je suis tres convaincu par le fait que nous n'avons pas de désir propre. Nous ne faisons que reproduire ce que les autres font autour de nous. Sans doute pour preserver l'unité de groupe dont toute espece vivante a besoin. Nous mangeons comme des Francais et pas comme des anglais, nous ne nous habillons ni avec un kilt, ni avec une djellabah, et du premier regard, tout le monde voit a nos vetements notre classe sociale. Bref, il n'y a jamais vraiment rien d'original dans ce que nous faisons. C'est la theorie du desir mimetique de René Girard, qui me semble tres convaincante.
Sur ce désir mimétique profondément ancré en nous, la plupart d'entre nous subissent de plein fouet le harcelement publicitaire. Mais dès qu'on coupe les pubs, qu'on discute avec des gens qui cherchent la simplicité, on s'apercoit qu'on vit plutot mieux en ayant moins de choses et en ayant davantage de temps pour les gens qu'on aime et les projets qui nous tiennent a coeur.
Tu peux faire le test, juste pour voir. Tu coupes la télé, la radio, tous les sites internets qui véhiculent les idees dominantes mediatiquement... Je suis persuadé que tu verras une grande difference dans la facon dont tu ressens la vie. Je ne crois pas en revanche qu'on puisse vraiment changer de point de vue en restant connecté aux médias. Leurs idées diffusent en nous, qu'on le veuille ou non.