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Publié : 31 juil. 2007, 21:23
par vincent128
Actu :
Western Oil Sands devient américaine pour 6,6 milliards

31 juillet 2007 - 13h28

Le raffineur américain Marathon Oil va acquérir la pétrolière albertaine Western Oil Sands (WTO).

La transaction s'élève à 6,6 G$, incluant la prise en charge d'une dette de 736,1 M$.

Western Oil Sands produit 31 000 barils de pétrole chaque jour à partir des sables bitumineux en Alberta. Elle s'attend à produire 130 000 barils en 2020.
http://www.lapresseaffaires.com/article ... INFORMER01

Quelques autres nouvelles : Suncore veut investir 4 milliards (billions en anglais du Canada) de $ canadiens dans une nouvelle mine, passant ainsi de 260 000 à 550 000 barils par jour, doublant au passage le n°1, Syncrude, actuellement à 350 000 barils/jour. Shell veut de son côté construire un "upgrader" (réacteur qui transforme le bitume en crude synthétique) capable de produire 400 000 barils par jour, pour 27 millliards de $ canadiens, ce qui en ferait le plus gros investissement dans les sables bitimineux.
Source : http://investing.reuters.co.uk/news/art ... DATE-2.XML

Publié : 01 août 2007, 18:47
par tolosa
hell a annoncé hier la construction d'un énorme complexe de traitement des sables bitumineux de l'Alberta. Marathon et Suncor ont dévoilé de gros projets. Au total, ces investissements atteignent 35 milliards de dollars
http://www.lesechos.fr/info/energie/460 ... r=RSS-2094

Publié : 01 août 2007, 20:53
par frgo84
Sa capacité, limitée à 155.000 barils par jour, doit augmenter de 60 % d'ici à 2010
Soit 248 000 b/j. 35 milliards d'investissement pour 90 000 barils en plus par jour, disons que le baril coute 100$ en 2010, il faudrait 3888 jours (10 ans et demi) pour que l'investissement soit rentable, je ne compte pas les frais d'activité, les réparations....

Publié : 01 août 2007, 21:13
par sceptique
frgo84 a écrit :
Sa capacité, limitée à 155.000 barils par jour, doit augmenter de 60 % d'ici à 2010
Soit 248 000 b/j. 35 milliards d'investissement pour 90 000 barils en plus par jour, disons que le baril coute 100$ en 2010, il faudrait 3888 jours (10 ans et demi) pour que l'investissement soit rentable, je ne compte pas les frais d'activité, les réparations....
Il me semble que le texte est mal interprété (car confus). extraits :
ces trois investissements (Shell, Marathon et Suncor) atteignent 35 milliards de dollars américains ...
L'investissement le plus massif dévoilé hier est celui de Shell ... , soit 25 milliards de dollars américains...
En la matière, Shell voit grand. L'investissement, qui s'étalerait sur quinze ou vingt ans, permettrait de sortir à terme 400.000 barils par jour, dont 100.000 par jour dès 2012 ...
Le groupe dispose déjà sur place d'une première installation, codétenue avec Chevron (20 %) et Western Oil Sands (20 %). Sa capacité, limitée à 155.000 barils par jour, doit augmenter de 60 % d'ici à 2010.
1) investissement de Shell : 25 G$ et non 35.
2) augmentation du site actuel de 155 000 b/j à 248 000 b/j (60%). Plus 93 kb/j.
3) nouveau site 100 000 b/j en 2012, 400 000 b/j à terme
Conclusion :
Le supplément de production est donc de 93 000 + 400 000 à terme.
Cela fait donc 25 G$ pour 500 kb/j (arrondi) ou 180 Mb/an. A 70$ le baril, en y consacrant 45$, le retour sur investissement est fait en 3 ans.
C'est au contraire très juteux !

Publié : 01 août 2007, 21:59
par Glycogène
J'espère que la récession aux US arrivera rapidement, histoire de bloquer tout ça, c'est vraiment de la folie !

Publié : 02 août 2007, 00:00
par sceptique
Le problème est que, pour le moment, les pétroliers jouent encore "petit" (toutes proportions gardées bien sur) avec ces sables bitumineux. Quand ils seront sur que le Moyen Orient sera en déplétion ils risquent de se lancer sur une bien plus grande échelle.
En effet, les réserves prouvées (au sens américain) sont de l'ordre de 180 Gb. Mais les réserves probables et ultimes sont de l'ordre de 10 fois plus.
Il reste à espérer que les facteurs limitants (gaz, eau, matériel d'extraction, ...) le resteront. Sinon, les USA pourront continuer leur consommation gargantuesque pendant encore plusieurs dizaines (centaines ?) d'années.
Maintenant, la récession qui s'annonce aux USA risque fort de faire comme les précédentes : une croissance molle pendant qq années et puis cela repart de plus belle.

Publié : 02 août 2007, 08:26
par echazare
sceptique a écrit :Le problème est que, pour le moment, les pétroliers jouent encore "petit" (toutes proportions gardées bien sur) avec ces sables bitumineux. Quand ils seront sur que le Moyen Orient sera en déplétion ils risquent de se lancer sur une bien plus grande échelle.
En effet, les réserves prouvées (au sens américain) sont de l'ordre de 180 Gb. Mais les réserves probables et ultimes sont de l'ordre de 10 fois plus.
Il reste à espérer que les facteurs limitants (gaz, eau, matériel d'extraction, ...) le resteront. Sinon, les USA pourront continuer leur consommation gargantuesque pendant encore plusieurs dizaines (centaines ?) d'années.
Maintenant, la récession qui s'annonce aux USA risque fort de faire comme les précédentes : une croissance molle pendant qq années et puis cela repart de plus belle.
Et les débits de production ?

Dire que l'on a de grosses réserves n'est pas suffisant...

Les débits de production seront toujours limitant...

Publié : 02 août 2007, 08:49
par mobar
echazare a écrit : Et les débits de production ?

Dire que l'on a de grosses réserves n'est pas suffisant...

Les débits de production seront toujours limitant...
Un gisement de sables bitumineux à ciel ouvert est complètement différent d'un gisement pétrolier que l'on peut tuer si on pompe n'importe comment.

Le débit de brut produit par un gisement de sables bitumineux est proportionnel aux moyens mis en oeuvre en surface, si les contraintes environnementales n'existent pas la marge de progression est plus importante qu'un gisement pétrolier. Elle est limitée par le débit d'extraction physique des sables et celui ci croit avec la surface du carreau. !

Publié : 02 août 2007, 08:51
par echazare
mobar a écrit :
echazare a écrit : Et les débits de production ?

Dire que l'on a de grosses réserves n'est pas suffisant...

Les débits de production seront toujours limitant...
Un gisement de sables bitumineux à ciel ouvert est complètement différent d'un gisement pétrolier que l'on peut tuer si on pompe n'importe comment.

Le débit de brut produit par un gisement de sables bitumineux est proportionnel aux moyens mis en oeuvre en surface, si les contraintes environnementales n'existent pas la marge de progression est plus importante qu'un gisement pétrolier. Elle est limitée par le débit d'extraction physique des sables et celui ci croit avec la surface du carreau. !
A bon et le pétrole conventionnel non ? plus de puits plus de débit non ?

Tout les sables ne sont pas en surface il me semble.
J'imagine qu'au début on fait le plus facile et ensuite les moyens doivent croitre pour maintenir les volumes non ?
Comme pour une mine

ce que je constate, c'est que les débits actuels sont "misérables" et que les prévisions les plus optimistes ne vont pas au delà de 5 mbj en 2015 /2020... pas de quoi créer une nouvelle AS.

Publié : 02 août 2007, 09:04
par sceptique
mobar a écrit : Un gisement de sables bitumineux à ciel ouvert est complètement différent d'un gisement pétrolier que l'on peut tuer si on pompe n'importe comment.
Le débit de brut produit par un gisement de sables bitumineux est proportionnel aux moyens mis en oeuvre en surface, si les contraintes environnementales n'existent pas la marge de progression est plus importante qu'un gisement pétrolier. Elle est limitée par le débit d'extraction physique des sables et celui ci croit avec la surface du carreau. !
C'est exactement cela. De plus, la surface de ces gisements est immense. Il n'y a donc pas de problèmes de place.
echazare a écrit :les moyens ne sont ils pas grandement dépendants d'énergie comme le pétrole par hasard ?
Plutot le gaz que le pétrole, entre autres. Ce sont les facteurs limitants que j'ai indiqué plus haut. C'est pour cela que les pétroliers veulent installer des centrales nucléaires pour fournir la chaleur nécessaire au lieu du gaz.
Je répète donc : pour le moment les pétroliers investissent "petit bras" (toutes proportions gardées) car ils craignent une baisse brutale des cours si le Moyen Orient ouvre les vannes en grand. Mais quand ils auront la certitude que cela sera impossible ...

Publié : 02 août 2007, 09:09
par mobar
echazare a écrit : A bon et le pétrole conventionnel non ? plus de puits plus de débit non ?
Sur un gisement de pétrole conventionnel si tu augmentes le nombre de puits au début de l'exploitation tu augmentes le débit extrait.

Arrivé à une certaine densité de puits qui est propre à chaque gisement, le débit ne peut plus augmenter pour des raisons physiques (viscosité du brut, diamètre des pores de la roche, baisse de pression interne ...) et toute tentative pour essayer de passer outre peut amener a créer des "bouchages" des drains naturels de la roche qui font converger le brut vers les points de pompage. En général l'exploitant du puits ne prends pas le risque de dépasser le débit limite déterminé pour chaque puits en cours d'exploitation.

C'est pour cela qu'on dit qu'un gisement mature ne peut donner plus qu'une certaine valeur de débit. Par contre ce qui peut augmenter c'est le pourcentage de brut extrait en rallogeant la durée d'exploitation et en utilisant des artifices (injection d'eau de vapeur, de CO2, fracturation de roches ....).

Publié : 02 août 2007, 09:38
par echazare
sceptique a écrit :
mobar a écrit : Un gisement de sables bitumineux à ciel ouvert est complètement différent d'un gisement pétrolier que l'on peut tuer si on pompe n'importe comment.
Le débit de brut produit par un gisement de sables bitumineux est proportionnel aux moyens mis en oeuvre en surface, si les contraintes environnementales n'existent pas la marge de progression est plus importante qu'un gisement pétrolier. Elle est limitée par le débit d'extraction physique des sables et celui ci croit avec la surface du carreau. !
C'est exactement cela. De plus, la surface de ces gisements est immense. Il n'y a donc pas de problèmes de place.
echazare a écrit :les moyens ne sont ils pas grandement dépendants d'énergie comme le pétrole par hasard ?
Plutot le gaz que le pétrole, entre autres. Ce sont les facteurs limitants que j'ai indiqué plus haut. C'est pour cela que les pétroliers veulent installer des centrales nucléaires pour fournir la chaleur nécessaire au lieu du gaz.
Je répète donc : pour le moment les pétroliers investissent "petit bras" (toutes proportions gardées) car ils craignent une baisse brutale des cours si le Moyen Orient ouvre les vannes en grand. Mais quand ils auront la certitude que cela sera impossible ...
je n'y crois absolument pas à cette explication concernant le risque venant de la prod d'AS.
Ils (les investisseurs) sont certainement bien plus au courant que nous de la réalité de l'AS et du reste du monde. Ils sont certainement bien plus au courant que nous des possibilités des sables.
Ce que nous voyons en est l'expression... je doute fort que l'on est mieux que cela....

Publié : 02 août 2007, 10:18
par Glycogène
echazare a écrit :les prévisions les plus optimistes ne vont pas au delà de 5 mbj en 2015 /2020... pas de quoi créer une nouvelle AS.
Une demi AS alors ??

Publié : 02 août 2007, 12:36
par sceptique
Glycogène a écrit :
echazare a écrit :les prévisions les plus optimistes ne vont pas au delà de 5 mbj en 2015 /2020... pas de quoi créer une nouvelle AS.
Une demi AS alors ??
Attention ! Ces prévisions sont faites par des gens (AIE, IEA, CERA ...) qui ne croient pas au PO avant 2020-2030 voire plus tard. Ils prévoient tout au plus qq difficultés transitoires. Donc, ils ne vont pas se lancer logiquement à fond dans ces sables ! Cela serait suicidaire d'un point de vue économique. Par contre, avoir 5 Mb/j (1/4 des besoins US) de disponibles dans un pays sûr, meme plus cher que le prix du marché (si le pétrole redescend en 2015-2020) ces memes personnes jugent cela satisfaisant. Leur sécurité à un prix.

Publié : 02 août 2007, 13:05
par LeLama
sceptique a écrit : A 70$ le baril, en y consacrant 45$, le retour sur investissement est fait en 3 ans.
C'est au contraire très juteux !
Le pb, c'est que sur des projets aussi enormes, les erreurs d'evaluation le sont aussi. Penser au tunnel sous la manche, au concorde... dont les couts et les retours sur investissements n'ont pas été à la hauteur.

Le risque est en fait énorme. Il est possible de se tromper d'un facteur 5 tant qu'on n'a pas testé grandeur réelle un projet nouveau. On ne comprend bien le projet dasn son ensemble qu'une fois qu'il est fini :cry: , peut etre quand on se rend compte qu'en fait ce n'est pas rentable. Si c'était rentable sans risque, ca ferait longtemps que ce serait exploité à grande échelle.

Attendre pour que le prix du petrole augmente pour etre sur du retour sur investissement, oui, mais il faut savoir que de nombreux projets ont été annulés suite a l'augmentation du petrole...parce que les couts augmentaient justement. Pareil ici. La question, c'est l'EROEI. S'il est a peine superieur à 1 ou inferieur à 1, l'exploitation des schistes n'aura jamais lieu. S'il est bien supérieur à un, elle aura (malheureusement) lieu.