Publié : 21 sept. 2007, 17:11
… et ils roulent sans doute 3x plus (pas de source, sorry).
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Alors que les adeptes de la décroissance participaient samedi à Lyon à un contre-Grenelle de l’environnement , Serge Latouche explique pourquoi la société de croissance a atteint ses limites.
A la place du ministre de l’Ecologie, quelles politiques mettriez-vous en place ?
Le rôle de l’intellectuel n’est pas de définir des politiques, mais de lancer des idées. Ce qui frappe dans les débats du Grenelle, c’est que le diagnostic de l’impasse dans laquelle nous sommes est partagé. Mais on n’analyse pas pourquoi nous allons droit dans le mur. Ce n’est pas la croissance le problème en soi - on ne peut pas être contre la croissance de la qualité de l’air, de l’eau, des espaces verts, de la facilité des transports… - mais le fait que nous vivons dans une société qui a pour seul objectif la croissance pour la croissance. Il faut décoloniser l’imaginaire, pas seulement trouver des mesurettes pour faire en sorte de prolonger la croissance.
S’il en sortait un moratoire sur les autoroutes et les OGM ou un contrôle des publicités, le Grenelle serait-il un succès ?
Absolument. J’ai lu la plate-forme de coordination des ONG, et je m’y retrouve. Mais je doute que ce programme soit accepté. Comment peut-il être compatible avec la volonté de réaliser un taux de croissance de 3 % par an ? Il y a une vraie contradiction entre, par exemple, le moratoire sur les autoroutes et les projets européens - de grosses infrastructures de transport : autoroutes, tunnels, TGV…
Vous évoquez la décolonisation de l’imaginaire… Comment se dépollue-t-on la tête ?
Ce n’est pas en disant aux gens «travaillez plus pour gagner plus» mais plutôt «travaillez moins pour vivre mieux». Il faut ralentir le rythme, la production, la consommation et prendre le temps. De vivre. C’est délirant de proposer à des gens stressés, malades de leur travail, de faire toujours plus. La décolonisation de l’imaginaire consiste à changer les fondamentaux sur lesquels repose notre société de croissance. A bousculer ce qui prend racine dans la grande mutation qu’a connue l’Occident entre le XVIe et le XVIIIe siècle et que certains appellent la mise sur orbite du mode de production capitaliste.
Comment construire un consensus social démocratique pour aller vers une société de décroissance ?
Le consensus ne va pas tomber du ciel, nous sommes toxico-dépendants de la croissance et de la société de consommation. Or, dans une dépendance, il y a deux acteurs : les drogueurs et les drogués. Les premiers sont les plus gros pollueurs de la planète : Monsanto, Novartis, Total, Areva, Nestlé, etc. Et les drogués, ce sont nous. Nous sommes plus enclins à fréquenter notre dealer pour avoir notre dose quotidienne plutôt que d’entreprendre une cure de désintoxication. Avec la crise écologique, il y a urgence. Il ne faut pas changer uniquement à cause de l’urgence, mais comprendre que nous vivrions mieux autrement. Déjà, dans les années 70, des théoriciens tels Ivan Illitch ou André Gorz nous y invitaient. Ils ont prêché dans le désert mais ils avaient raison. Leur message était inaudible car la catastrophe semblait si lointaine…
La croissance verte serait-elle la drogue de substitution pour la désintoxication ?
On ne peut pas atterrir en douceur. Il faut un choc salutaire. Le coup de l’autre croissance, on nous l’a déjà fait. Depuis les débuts de l’ère industrielle, ça a pris toutes sortes de formes : l’opposition croissance-développement, un autre développement, une autre croissance. En 1972, le président de la Commission européenne disait «il faut entrer dans une croissance négative». Le collège des commissaires s’est accordé sur une «autre» croissance. C’était il y a trente ans.
C’est une thérapie de choc, une désintoxication sans produit de substitution. Pas très mobilisateur…
L’objectif est un changement radical : la remise en question de la base imaginaire de l’Occident qui consiste à croire que l’homme est maître et dominateur de la nature. Ce que les Grecs appelaient lubris , la démesure, est incorporé dans notre système. Pour passer de la société actuelle à une démocratie écologique, une société autonome, éco-compatible, soutenable, on doit imaginer des transitions. Mais il ne s’agit pas de rendre compatible ce qui ne l’est pas, comme le fait le Grenelle, à savoir le développement et la survie de la biosphère.
Ils resteront des farfelus pétris de certitudes et sans aucune crédibilité.Le rôle de l’intellectuel n’est pas de définir des politiques, mais de lancer des idées.
comme les politiques restent pétris de certitudes au sujet de la croissance.Ils resteront des farfelus pétris de certitudes et sans aucune crédibilité.
Qui sont les fossoyeurs de l'écologie?Maintenant que le politique a débarrassé l'écologie de ses fossoyeurs et que les vrais solutions vont pouvoir être mises en oeuvre il s'agit de ne pas retomber dans les errements du passé, de rester vigilants et de construire l'avenir.
Faudrait peut être chercher du coté des purs esprits comme Latouche dont le rôle semble être d'émettre des idées toutes plus farfelues et inapplicables les unes que les autres, de discuter sans fin sur des thèories fumeuses en évitant soigneusement de proposer des solutions ou de prendre partie pour des réalisations.metamec a écrit : Qui sont les fossoyeurs de l'écologie?
La différence avec les politiques c'est qu'ils sont élus, que lorsqu'ils se plantent, tu as le droit de les virer et que leur mode d'expression passe par l'action.metamec a écrit : comme les politiques restent pétris de certitudes au sujet de la croissance.
Ok, alors je cite toutes les mères de familles, et même certains père qui acceptent de prendre un temps partiel congé parental pour s'occuper de leur enfant. C'est d'office une baisse du pouvoir d'achat.GillesH38 a écrit :très bien, mais proposez à n'importe qui de baisser son pouvoir d'achat (y compris un militant écolo) et vous verrez le résultat...
C'est pas ça qui va résoudre le problème de la faim dans le monde, du sous développement, la misère, le réchauffement climatique. Surtout si cela entraine une augmentation de la population occidentale.Yves a écrit : Ok, alors je cite toutes les mères de familles, et même certains père qui acceptent de prendre un temps partiel congé parental pour s'occuper de leur enfant. C'est d'office une baisse du pouvoir d'achat.
Perdre par exemple 15-20% de son salaire pour passer un jour par semaine avec les siens, c'est décroissant il me semble, non ?
Non, la croissance est une idée simpliste :la décroissance est une solution simpliste qui nie la réalité des mécanismes de la vie
Elle s'imposera à ceux qui en font la promotion et qui disparaitrons et à ceux qui n'auront pas les moyens, la technicité, la volonté et l'énergie pour survivre.mrlargo a écrit : La décroissance est un processus effectivement extrêmement complexe à mettre en oeuvre. La seule certitude, c'est qu'elle s'imposera à nous.