Je n'ai pas trouvé de référence à ce
rapport assez sympa de NETL,qui fait l'effort :
- de collationner et d'ordonner les dates prévisionnelles du Pic, un peu comme la
page d'Eric - on voit qu'il n'y a pas tout-à-fait les mêmes valeurs
- de fixer quelques idées fortes, voir ci-dessous, qui me paraissent extrêmement valables ;
Pour une fois je traduis quelques mots, parce que
ce doc est court, intelligent, et il émane de l'un des labos les plus officiels des USA : difficile de remettre en cause sa crédibilité.
Qu'en pensez-vous ?
Peaking of World Oil Production: Recent Forecasts
DOE/NETL-2007/1263 February 5, 2007
Après une définition très propre du Pic (finitude des réserves)
qui ne fait pas allusion à la courbe de Hubbert, le rapport propose trois tableaux :
- le tableau "dans les choux" : tous les mecs qui ont proposé des dates avant 2010
- le tableau "étrange association" : les prévisions comprises entre 2010 et 2020, avec des gens de tous les bords
- le tableau "Terreplate", avec les prévisions post 2020, le CERA en bonne place et, à mon grand regret parce qu'ils méritent mieux, l'OPEC
Ensuite l'auteur s'amuse à lister ceux qui ont changé d'avis (valait mieux) et ceux qui restent forts : ça donne une sacrée impression de la crédibilité de cette bande ...
L'auteur cite également quelques poids lourds du domaine qui s'expriment sans donner de date ; une grande partie d'entre eux souligne la
fin du pétrole bon marché, c'est sans doute l'idée la plus forte et la plus commune à tous les observateurs ; l'auteur signale qu'on n'obtient pas de raison formelle pour ce consensus, puisque certains parlent de limites géologiques, alors que d'autres parlent de manque d'investissement, et que tous oublient de citer le terrorisme (et j'ajoute : le simple nationalisme).
L'auteur attaque ensuite la notion de
coûts de mitigation de la crise genre théorie des Jeux, avec le
risque asymétrique, locution très en vogue à notre époque :
- si on démarre trop tôt le plan B, ça va coûter cher pour rien
- si on démarre trop tard, les conséquences sont graves (sous-entendu : coût nettement plus élevé que ci-dessus)
Il propose ensuite trois scenarios

:
- on démarre le plan B le jour du Pic : déficit de pétrole pendant 20 ans
- on démarre le plan B 10 ans avant le Pic : on s'en sort, mais il y a toujours un petit déficit pendant une décennie
- on démarre le plan B 20 ans avant le Pic : tout baigne.
La
composante Temps est donc essentielle dans le traitement du Pic
(j'ajoute : surtout quand on détecte le Pic après son passage)
Enfin je vous livre la conclusion verbatim :
The obvious conclusion … is that with adequate, timely mitigation, the economic costs to the world can be minimized. If mitigation were to be too little, too late, world supply/demand balance will be achieved through massive demand destruction (shortages), which would translate to significant economic hardship.
There will be no quick fixes. Even crash programs will require more than a decade to yield substantial relief.
It is our sincere hope that readers will look beyond the conflicting forecasts and focus on the consequences of underestimating the enormity of the peak oil problem. Effective mitigation means taking decisive action well before the problem is obvious.
...
Il n'y aura pas de solution rapide : même des programmes d'urgence prendront une décennie avant de produire une amélioration sensible.
C'est notre sincère espoir que les lecteurs regardent au-delà des prédictions contradictoires, et se concentrent sur les conséquences de sous-estimer l'énormité du problème du Pic. Les mesures de sauvegarde ne seront efficaces que si les décisions sont prises bien avant que le problème ne surgisse.
PS : les travaux de Hubbert ne sont pas cités. Je pense que l'attitude des Peakistes y est pour beaucoup.