Re: société post-pétrole : l'exemple imaginaire de Cuba
Publié : 18 janv. 2014, 15:37
Joli texte qui me conforte dans le fait d'avoir éditer le titre du fil 
Site dédié à la fin de l'âge du pétrole
https://oleocene.org/phpBB3/
C'est curieux cette faible présence des vélos. On pourrait penser que dans des pays à niveau de vie intermédiaire (c'est à dire ni pays développés, ni pays très pauvres) ce serait le moyen de transport principal.epe a écrit :ieusement les 2 roues sont rares (vélos, scooter, motos). On voit un peu plus de tricycles et side-cars ainsi que quelques charrettes tirées par un cheval, mais l'essentiel des déplacements se fait en 4 roues motorisés.
http://www.romandie.com/news/Poutine-si ... 496296.romPoutine signe l'annulation de la quasi totalité de la dette cubaine
11 Juillet 2014 Romandie.com
Le président russe Vladimir Poutine, en visite vendredi à Cuba, a promulgué avant son départ l'accord annulant 90 % de la dette contractée par La Havane auprès de l'ex-URSS. Le solde devra être remboursé sur dix ans, a annoncé vendredi le Kremlin.
L'accord conclu entre Moscou et La Havane en 2013, voté vendredi par la chambre basse du Parlement, a été signé jeudi par le chef de l'Etat russe et est définitivement ratifié, a indiqué le Kremlin dans un communiqué.
Il prévoit l'annulation de 90 % de la dette qui totalise 35,2 milliards de dollars (31,4 milliards de francs suisses), soit 31,7 milliards de dollars. Cet accord empoisonnait les relations entre Moscou et La Havane depuis la chute de l'Union soviétique.
Le solde, environ 3,5 milliards de dollars, doit être remboursé sur dix ans par des traites tous les six mois et placé sur des comptes dédiés afin d'être réinvesti par la Russie dans l'économie cubaine.
La relance de leurs relations
Vladimir Poutine, qui doit rencontrer dans la journée Raul et Fidel Castro, devait discuter avec eux de relations commerciales avec la signature de contrats, notamment dans l'énergie.
Par ailleurs, la Russie et Cuba veulent construire ensemble un important hub de transport près de La Havane intégrant l'aéroport San Antonio de los Banos. Dans l'aviation civile, Moscou souhaite aussi conclure la vente d'appareils long courrier Iliouchine 96-300, régionaux Antonov 148 ainsi que des hélicoptères Mi-171.
Depuis 2005, Moscou et La Havane relancent leurs relations, réduites à néant avec la désintégration du bloc soviétique au début des années 1990. La Russie est actuellement le 9e partenaire commercial de Cuba, loin derrière le Venezuela, la Chine et l'Espagne, les trois premiers partenaires économiques de l'Île.
Comment les cubains ont converti leur île au bio
le 16 juillet 2014
Les écologistes du monde en entier en rêvent, les Cubains l’ont réalisé. Depuis plus de vingt ans, l’île s’est convertie à l’agriculture biologique. Nécessité, possibilité et volonté ont été les clés de cette success story !
K 11 dossier cuba2
1989. Chute du Mur de Berlin. Deux ans plus tard, effondrement du bloc soviétique. Cuba perd alors son principal fournisseur de pétrole, de matériel agricole, d’engrais chimiques et autres pesticides. Avec la disparition de l’URSS et des anciens pays de l’Est, qui achetaient ses produits à prix constants, l’île perd aussi des marchés juteux, notamment celui du sucre, dont elle exportait 85% de sa production. Tous les ingrédients sont réunis pour que le pays plonge dans le chaos. D’autant que le blocus américain se resserre. Pour Cuba, c’est le début d’une nouvelle ère, de cette « période spéciale en temps de paix » annoncée en 1992 par Fidel Castro et qui durera cinq ans, autrement dit une période de grave crise économique : le produit intérieur brut (PIB) chute de 35 %, le commerce extérieur de 75%, le pouvoir d’achat de 50% et la population souffre de malnutrition.
« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait » (Marc Twain)
Nécessité fait loi. Afin de satisfaire ses besoins alimentaires, la population se lance dans la culture de fruits et légumes. « Les Cubains avaient faim, explique Nils Aguilar, réalisateur du film Cultures en transition. Ce sont eux qui ont fait les premiers pas en occupant les terres dans un mouvement spontané ». Des milliers de jardins, « organoponicos », fleurissent sur des petits lopins de terre, sur les terrasses, entre les maisons, sur d’anciennes décharges, au milieu des terrains vagues, bref dans le moindre interstice laissé vacant. Outre la culture, on y pratique souvent l’élevage de petits animaux : poules, lapins, canards, cochons. « Les principaux acteurs du mouvement agro-écologique, ce sont les paysans eux-mêmes, affirme Dorian Felix, agronome, spécialisé dans l’agroécologie tropicale, en mission à Cuba pour l’association Terre et Humanisme. Ils ont expérimenté ces pratiques, les ont validées et diffusées. Leur mobilisation et celle de la société civile tout entière a été, et reste, très importante. »
Le boom de l’agriculture urbaine
Dans la foulée, le gouvernement entame une transition forcée. Produire de la nourriture devient une question de sécurité nationale. A partir des années 1990, l’accent est mis sur la production locale, à partir de ressources locales, pour la consommation locale. L’Etat distribue des terrains à qui veut les cultiver et développe une agriculture vivrière et biologique de proximité : sans pétrole pour faire fonctionner les tracteurs, on recourt à la traction animale ; sans engrais chimiques ni pesticides, on redécouvre le compost, les insecticides naturels et la lutte biologique.
« C’est une véritable révolution verte, confirme Nils Aguilar. Dans ce pays, tout le monde est impliqué, j’ai eu la surprise d’entendre un chauffeur de taxi me vanter les prouesses de l’agroécologie ! Cuba développe une agriculture post-industrielle et prouve que ces techniques peuvent nourrir les populations ». Aujourd’hui, la main-d’œuvre agricole a été multipliée par dix. D’anciens militaires, fonctionnaires et employés se sont convertis ou reconvertis à l’agriculture, car nombre d’entre eux avaient été paysans auparavant. Chaque école cultive son potager, les administrations ont leur propre jardin, fournissant les légumes aux cantines des employés.
Phénomène sans précédent, l’agriculture urbaine s’est développée comme nulle part ailleurs dans le monde. L’île compte près de 400 000 exploitations agricoles urbaines, qui couvrent quelque 70 000 hectares de terres jusqu’alors inutilisées et produisent plus de 1,5 millions de tonnes de légumes. La Havane est à même de fournir 50% de fruits et légumes bios à ses 2 200 000 habitants, le reste étant assuré par les coopératives de la périphérie.
Révolution verte à la cubaine
En 1994, les fermes d’Etat productivistes sont progressivement transformées en coopératives pour fournir en aliments les hôpitaux, écoles, jardins d’enfants. Quant au reliquat de la production, il est vendu librement sur les marchés. Universitaires, chercheurs, agronomes sont mis à contribution pour diffuser les techniques de l’agroécologie. Un réseau de boutiques vend semences et outils de jardinage à bas prix, prodiguant également aux clients des conseils d’experts. Et dans toutes les villes du pays, on enseigne l’agriculture biologique par la pratique, sur le terrain. Bien plus qu’un simple transfert de connaissances technologiques, il s’agit de « produire en apprenant, d’enseigner en produisant et d’apprendre en enseignant. »
L’impact de cette révolution verte est multiple : réduction de la contamination des sols, de l’air et de l’eau, recyclage des déchets, augmentation de la biodiversité, diversification des productions, amélioration de la sécurité alimentaire, du niveau de vie et de la santé, création d’emplois – notamment pour les femmes, les jeunes et les retraités. C’est aussi une politique moins centralisée qui s’est mise en place, donnant davantage de marge de manœuvre aux initiatives individuelles et collectives autogérées. Le mot d’ordre dominant : « Décentraliser sans perdre le contrôle, centraliser sans tuer l’initiative ». Dans les villes, ce principe a permis de promouvoir la production dans le quartier, par le quartier, pour le quartier, en encourageant la participation de milliers de personnes désireuses de rejoindre l’initiative.
Aujourd’hui, Cuba produit pour sa consommation plus de 70% de fruits et légumes, ce qui ne lui garantit pas une totale autonomie alimentaire, dans la mesure où elle dépend encore des importations de riz et de viande, notamment. Mais, selon les critères de l’ONU, « le pays a un indice de développement humain élevé et une faible empreinte écologique sur la planète ». Si demain les importations de nourriture devaient s’arrêter, les habitants seraient beaucoup moins en péril que ceux d’un pays comme la France, qui dispose seulement de quelques jours de réserves dans ses supermarchés (d’après le Ceser – Conseil économique, social et environnemental Ile-de-France -, la région dispose de quatre jours de réserves alimentaires).
Il aura fallu une crise pour que Cuba découvre les vertus de l’agroécologie, de la permaculture, de l’agroforesterie ou encore du sylvopastoralisme. L’île a-t-elle réussi pour autant sa transition énergétique ? En partie seulement. La consommation de pétrole a redémarré en 1993 grâce à (ou à cause de ?) la production nationale et à l’aide du Venezuela qui lui fournit près de 110 000 barils de pétrole par jour. Mais on peut parier que le pays ne pourra plus faire machine arrière. Car au-delà de la révolution agricole, les initiatives individuelles et collectives ont prouvé que les Cubains pouvaient prendre en main leur destin. Une véritable révolution culturelle !
Par Frédérique Basset
Texte extrait du dossier “Plus forts ensemble” de Kaizen 11.
La pédagogie et l'exemple venant du haut serait plus efficace qu'une écolo dictatureTovi a écrit :Le truc, c'est que s'il faut attendre que tout le monde se sente concerné par le bio ou les économies d'énergie, ça risque de prendre quelques siècles. C'est peut être un peu utopique. Par contre, trouver des solutions concrètes face aux contraintes est bien plus efficace.
C'est pourquoi je pense qu'il faut être plus coercitif en matière d'écologie.
La vie est compétition. La coopération s'impose quand elle est plus favorable à la suivie du groupe ou de l'espèce. Ex le paysan qui cède une partie de sa récolte au guerrier chargé de défendre ses terres.mobar a écrit :Tant que le profit individuel et la compétition pour s'accaparer les richesses du monde primeront sur le partage et le développement collectif, no future!
Pour pouvoir accompagner le mouvement en douceur, il faudrait être libéré de ce que tout le système à mis en place pour assurer la collaboration des esclaves :phyvette a écrit : Mais coercitions et punitions imposées par l'élite corrompue et discrédité de la société complexe finissante n'a pas la moindre chance d'être des solution, sauf a être un continuiste obtus.
La bonne démarche pour l'individu dans ce contexte : se rendre inutile et inefficace au fonctionnement actuel de l'économie. Ne pas tenter de réparer ce qui s'écroule, mais accompagner le mouvement en douceur.
La vie de l'homme moderne est compétition, nuance, et compétition dévoyée et exacerbéeEPE_bel a écrit :La vie est compétition. La coopération s'impose quand elle est plus favorable à la suivie du groupe ou de l'espèce. Ex le paysan qui cède une partie de sa récolte au guerrier chargé de défendre ses terres.mobar a écrit :Tant que le profit individuel et la compétition pour s'accaparer les richesses du monde primeront sur le partage et le développement collectif, no future!