Publié : 10 janv. 2006, 18:55
Le Monde se corrige, rectifie le tir et devient beaucoup plus prudent (on lit Oléocène à la rédaction
?)
Je vais vous infliger l'article mais je crois que la comparaison avec le premier jet vaut le coup d'oeil.
Je vais vous infliger l'article mais je crois que la comparaison avec le premier jet vaut le coup d'oeil.
Le centre Wiesenthal accuse M. Chavez d'antisémitisme
LE MONDE | 10.01.06 | 13h52 • Mis à jour le 10.01.06 | 13h52
BOGOTA CORRESPONDANTE
erdue dans le flot de paroles du président vénézuélien, la petite phrase était passée inaperçue. Visitant le 24 décembre 2005 un centre social, Hugo Chavez célèbre "le Christ révolutionnaire, le Christ socialiste", avant de s'en prendre "aux descendants de ceux qui ont crucifié le Christ", devenus "une minorité qui s'est appropriée les richesses du monde".
Quinze jours plus tard, dans une lettre adressée au chef d'Etat, Shimon Samuels, directeur des relations internationales du centre Simon-Wiesenthal, et Sergio Widder, représentant pour l'Amérique latine, basé à Buenos Aires, manifestent leur indignation. "Dans vos paroles convergent deux arguments centraux de l'antisémitisme : l'accusation faite aux juifs d'avoir tué Jésus et l'association des juifs aux richesses", écrivent-ils. Le centre exige une rétractation et des excuses publiques, car "le silence ne pourrait être interprété que comme la réaffirmation d'une pensée antisémite".
Le service de presse de la présidence vénézuélienne se contente de recommander la lecture complète des propos de M. Chavez. La phrase qui inquiète le centre Wiesenthal a été coupée. "Il y a dans le monde de quoi satisfaire les besoins de tout le monde, mais (il y a) des minorités, les descendants de ceux qui ont crucifié le Christ, les descendants de ceux-là même qui ont expulsé Bolivar (héros de l'indépendance sud-américaine) d'ici et qui l'ont crucifié à sa manière à Santa Marta en Colombie. Une minorité s'est appropriée des richesses du monde." Hugo Chavez ne craint ni les erreurs de syntaxe ni les amalgames historiques.
20 000 JUIFS
Dans un courrier qui circule sur Internet, le rabbin Arthur Waskow, du centre Shalom de Philadelphie, met en doute l'antisémitisme du président vénézuélien. "Je ne connais personne qui accuse les juifs de s'être battus contre Simon Bolivar", note-t-il. Tout en critiquant la formule "négligente et dangereuse" de M. Chavez, il se dit prêt à croire que celui-ci voulait attaquer les héritiers actuels des empires passés. "Nous n'avons pas besoin d'enrôler de nouveaux antisémites. Ils ne sont que trop nombreux sans que nous recrutions pour leur compte", conclut le rabbin.
Le 9 novembre 2005, David Bachenheimer, secrétaire général de la communauté juive, déclarait à l'un des principaux quotidiens de Caracas, El Nacional, qu'il n'y a pas d'antisémitisme au Venezuela. Il répondait ce faisant au rabbin de Sao Paulo (Brésil), Henry Sobel, qui s'était inquiété devant le président Bush, de la situation des 20 000 juifs du Venezuela.
Marie Delcas
Article paru dans l'édition du 11.01.06

