La Chine a déployé 125 avions et un porte-avions autour de Taïwan en guise « d’avertissement »
La Chine a déployé ce lundi 14 octobre un nombre record d’avions et des navires de guerre pour encercler Taïwan, dans le cadre d’exercices militaires présentés comme un « sérieux avertissement » aux autorités « séparatistes » de l’île. Ces manœuvres suscitent l’inquiétude des États-Unis.
Cette photo prise le 14 octobre 2024 montre un garde-côtes taïwanais sur un navire de patrouille au large de l’îlot Pengjia (Keelung), pointant un navire des garde-côtes chinois qui navigue en dehors des eaux territoriales de Taïwan. | AFP PHOTO / TAIWAN COAST GUARD
Le marin 14 oct 2024 avec AFP
Pékin a déployé lundi 14 octobre un record de 125 avions ainsi que des navires de guerre, dont son porte-avions Liaoning, autour de Taïwan. La Chine considère l’île comme une partie de son territoire à réunifier. Elle privilégie une solution pacifique, mais n’a jamais renoncé à employer la force militaire pour en reprendre le contrôle.
Les États-Unis, qui avaient dès vendredi mis en garde contre toute provocation de Pékin à l’égard de Taipei après des échanges acrimonieux entre les deux voisins, ont dénoncé des opérations injustifiées qui représentent un risque d’escalade . Depuis 1979, Washington reconnaît Pékin au détriment de Taipei comme seul pouvoir chinois légitime, mais reste l’allié le plus puissant de Taïwan et son principal fournisseur d’armes.
L’armée chinoise a qualifié ces nouveaux exercices de sérieux avertissements face aux actions séparatistes des forces de « l’indépendance de Taïwan », un message notamment dirigé contre les autorités de l’île. Il s’agit d’une opération légitime et nécessaire pour sauvegarder la souveraineté de l’État et l’unité nationale , a estimé le capitaine Li Xi, porte-parole du commandement oriental de l’armée.
Plusieurs destroyers et frégates
Pékin a déployé lundi 14 octobre un record de 125 avions ainsi que des navires de guerre, dont son porte-avions Liaoning, autour de Taïwan. La Chine considère l’île comme une partie de son territoire à réunifier. Elle privilégie une solution pacifique, mais n’a jamais renoncé à employer la force militaire pour en reprendre le contrôle.
Les États-Unis, qui avaient dès vendredi mis en garde contre toute provocation de Pékin à l’égard de Taipei après des échanges acrimonieux entre les deux voisins, ont dénoncé des opérations injustifiées qui représentent un risque d’escalade . Depuis 1979, Washington reconnaît Pékin au détriment de Taipei comme seul pouvoir chinois légitime, mais reste l’allié le plus puissant de Taïwan et son principal fournisseur d’armes.
L’armée chinoise a qualifié ces nouveaux exercices de sérieux avertissements face aux actions séparatistes des forces de « l’indépendance de Taïwan », un message notamment dirigé contre les autorités de l’île. Il s’agit d’une opération légitime et nécessaire pour sauvegarder la souveraineté de l’État et l’unité nationale , a estimé le capitaine Li Xi, porte-parole du commandement oriental de l’armée.
Plusieurs destroyers et frégates
Des chasseurs, des bombardiers et d’autres avions d’attaque ont été déployés, ainsi que plusieurs destroyers et frégates , a précisé la télévision publique chinoise CCTV. Ces exercices interviennent quelques jours après un discours du président taïwanais Lai Ching-te, dont les propos sont régulièrement considérés par Pékin comme indépendantistes.
Face aux menaces extérieures, je voudrais assurer à mes compatriotes que le gouvernement continuera à défendre le système constitutionnel démocratique et libre, à protéger un Taïwan démocratique et à sauvegarder la sécurité nationale , a indiqué lundi Lai Ching-te dans un message publié sur Facebook : .....................
Les exercices chinois, baptisés Joint Sword-2024B ( Épées tranchantes unies-2024B ), ont lieu dans des zones au nord, au sud et à l’est de l’île de Taïwan , a expliqué le capitaine Li Xi. Ils se concentrent sur des patrouilles de préparation au combat mer-air, le blocus de ports et zones clés ou encore l’assaut de cibles maritimes et terrestres , a-t-il ajouté. La Chine a annoncé lundi dans la soirée en avoir terminé avec ces nouvelles manœuvres.
Ce document de l’Armée populaire de libération (APL) de la Chine, publié le 14 octobre 2024, montre les emplacements des exercices militaires « Joint Sword-2024B » menés par la Chine autour de Taïwan. |
HANDOUT / THE EASTERN THEATRE COMMAND OF CHINA’S PEOPLE’S LIBERATION ARMY / AFP
Le ministère taïwanais de la Défense a dénoncé un comportement irrationnel et provocateur de Pékin, assurant avoir déployé les forces adéquates pour réagir de manière appropriée dans le but de protéger la liberté et la démocratie, ainsi que pour défendre la souveraineté de Taïwan. Face à la menace ennemie, tous les officiers et soldats du pays sont prêts , a-t-il ajouté dans un communiqué. Les îles taïwanaises en périphérie de l’île principale, comme Penghu, Kinmen et Matsu, sont en état d’alerte renforcée , a-t-il indiqué.
Sans faire de lien clair avec les manœuvres en cours, les garde-côtes taïwanais ont annoncé ce lundi 14 octobre avoir procédé à l’arrestation d’un ressortissant chinois après une possible intrusion à Kinmen - une île à proximité immédiate de la ville chinoise de Xiamen.
Pression sur l’île
Une équipe de l’AFP près de la base aérienne de Hsinchu, dans le nord de Taïwan, a vu quatre avions de chasse décoller lundi. Les garde-côtes chinois ont de leur côté expliqué avoir engagé des inspections du maintien de l’ordre dans les eaux entourant l’île de Taïwan . Plusieurs bateaux ont traversé la ligne médiane du détroit de Taïwan, en référence à la ligne, non reconnue par Pékin, qui coupe en deux l’espace maritime entre l’île et la Chine continentale, ont indiqué les garde-côtes taïwanais.
La Chine accuse les autorités taïwanaises actuelles de vouloir creuser la séparation culturelle entre l’île et le continent. En réponse, elle a accentué sa pression sur l’île, en renforçant notamment son activité militaire autour du territoire.
Pékin a organisé trois séries de manœuvres de grande ampleur ces deux dernières années, faisant intervenir son aviation et sa marine pour encercler l’île. Dimanche 13 octobre, l’armée taïwanaise avait affirmé être en état d’alerte après avoir détecté le porte-avions chinois Liaoning au sud de l’île.
Les relations entre Pékin et Taipei sont exécrables depuis 2016 et l’arrivée à la présidence taïwanaise de Tsai Ing-wen, puis de son successeur Lai Ching-te en 2024. Investi en mai, Lai Ching-te s’était engagé jeudi à résister à l’annexion chinoise de l’île ou à l’empiètement de (sa) souveraineté , lors de la fête nationale taïwanaise. Pékin avait réagi en prévenant que les provocations du président taïwanais entraîneraient un désastre pour son peuple.
Les différends entre Pékin et Taipei remontent à la longue guerre civile qui a opposé les combattants communistes menés par Mao Tsé-toung aux forces nationalistes de Tchang Kaï-chek. Défaits par les communistes, qui ont fondé la République populaire de Chine le 1er octobre 1949, les nationalistes se sont réfugiés avec de nombreux civils à Taïwan, l’une des seules parties du territoire national alors non conquises par les forces de Mao Tsé-toung.