TotalEnergies et Air liquide veulent produire de l’hydrogène vert aux Pays-Bas avec l’éolien en mer
Les deux industriels français ont annoncé, mardi 18 février, un nouveau partenariat sur la construction aux Pays-Bas de deux électrolyseurs qui fonctionneront grâce à des champs éoliens offshore. L’hydrogène vert produit doit participer à la décarbonation du géant pétrolier français.
Air liquide se lance dans un nouveau projet de production d’hydrogène par électrolyse avec TotalEnergies. Elle est déjà engagée dans des projets similaires, à l’image de celui d’Oberhausen (photo) en Allemagne en partenariat avec Siemens energy. | CHRISTOPH REICHWEIN/DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP
avec AFP. le 18/02/2025 Le marin
Les deux géants français du pétrole et des gaz industriels TotalEnergies et Air liquide ont annoncé mardi 18 février un accroissement de leur coopération dans l’hydrogène vert aux Pays-Bas afin de décarboner, notamment, des plateformes de TotalEnergies aux Pays-Bas et en Belgique. Les deux partenaires prévoient pour cela la construction de deux électrolyseurs de 200 et 250 megawatts près de Rotterdam et à Flessingue (raffinerie Zeeland), alimentés par l’électricité de champs éoliens offshore.
S’ils sont menés à terme, les deux électrolyseurs permettraient d’éviter de 450 000 à 500 000 tonnes d’émissions d’équivalent CO2 par an provenant des raffineries de TotalEnergies à Anvers, en Belgique, et à Flessingue, aux Pays-Bas et d’autres industriels de la zone, selon les deux groupes.
Le premier, baptisé ELYgator situé sur la Maasvlakte, l’avant-port pde Rotterdam, d’une capacité de 200 MW, pourrait produire 23 000 tonnes d’hydrogène par an, dont 15 000 réservées à la plateforme TotalEnergies d’Anvers. Il devrait être en service à partir de fin 2027 . Il fonctionnerait grâce à de l’électricité venant du parc éolien offshore OranjeWind, développé par TotalEnergies (50 %) et l’Allemand RWE (50 %), et grâce à des contrats d’achat d’énergie renouvelable à long terme (PPA) conclus avec le Suédois Vattenfall en provenance du parc éolien Hollandse Kust Zuid au large des côtes néerlandaises.
Un deuxième projet en attente
Le deuxième électrolyseur, un investissement global de l’ordre de 600 millions d’euros selon TotalEnergies, est encore en projet et dans l’attente de ses autorisations et de sa décision finale d’investissement. Il fait aussi l’objet de demandes de soutien au titre des programmes de subvention européens et nationaux . Sa construction serait permise par la création d’une nouvelle coentreprise Air Liquide/TotalEnergies annoncée mardi également, à parts égales. Lui aussi alimenté par le champ éolien offshore OranjeWind, il produirait jusqu’à 30 000 tonnes d’hydrogène par an à partir de 2029, essentiellement pour la raffinerie Zeeland de Flessingue, dont TotalEnergies est l’actionnaire majoritaire.
Les deux projets, qui ont reçu ou demandé des aides européennes et nationales au titre de la décarbonation de l’industrie, représentent un investissement combiné de plus d’un milliard d’euros a souligné Air liquide dans un communiqué.
Et pour les deux projets, Air Liquide s’appuiera sur des électrolyseurs fabriqués par sa coentreprise avec l’Allemand Siemens Energy.
Déjà collaborateurs en France
Les groupes pétroliers utilisent de l’hydrogène dans le processus de fabrication des carburants. Jusqu’à présent, il s’agissait d’hydrogène dit « gris », dont le processus de fabrication à partir de méthane est fortement émetteur de gaz à effet de serre. D’ici 2030, TotalEnergies s’est engagé à remplacer tout l’hydrogène gris consommé par ses plateformes européennes par de l’hydrogène « vert » ou décarboné, issu de l’électrolyse de l’eau, procédé très peu émetteur de CO2.
Les deux industriels collaborent déjà en France pour alimenter en hydrogène décarboné la raffinerie TotalEnergies de Normandie, et les bioraffineries de Grandpuits, à l’est de Paris, et La Mède, près de Marseille, a souligné Vincent Stoquart, responsable de la division raffinage-chimie de TotalEnergies dans un communiqué. Au total, le groupe pétrolier français a ainsi sécurisé ou contractualisé plus de 170 000 tonnes d’hydrogène vert ou décarboné par an sur des contrats long terme, avec Air liquide, mais aussi avec son concurrent américain Air products. Son but est de réduire ses émissions de CO2 d’environ trois millions de tonnes par an d’ici 2030 .