Tiennel a écrit :Ton modèle doit être trop simple pour être valable. Les coûts de transport ne représentent jamais plus de 10% d'une étape de valeur ajoutée industrielle.[...]Autrement dit, au pire théorique, quand le baril double, les prix au détail doublent.
Tiennel, tu fais ici, me semble t il, une erreur magistrale en simplifiant toi aussi.
En effet, tu prends le prix de revient entre les mains d'un decideur (marketing) et le prix magasin. Et bien, c'est un erreur grossière. En effet, le décideur ne verra pas son prix augmenter, à cause du rapport très élevé entre le prix magasin/prix sortie usine (ex : 1000% pour un vêtement fait en Chine), mais tu oublis que son système économique dépend de toute la chaîne de production/transport/livraison/magasin.
En d'autres termes, malgré que le coût de transport ne représentent pas plus de 10%, son objet à vendre ne sera pas livré : les intermédiaires, déjà pressés comme des citrons, ne rentrerons pas dans leur frais. Ils refuseront donc de travailler à perte, et le système se bloquera.
C'est le cas du Boulanger : il travaillera pas tant que le clients accepteront de payer, mais tant que la farine lui arrivera en temps et en heure. Si les agriculteurs refusent de travailler à perte, le meunier lui refusant de travailler à perte, le chauffeur lui refusant de travailler à perte, je ne sais pas comment le Boulanger pourra organiser la cohérence d'un système qui vient de voir son principale paramètre (le pétrole) se modifier brutalement, sans alternative.
Cependant, le cas du boulanger est encore simple et non délocalisé, mais pour un système complexe comme la construction d'une voiture ou pire, d'un avion, une pièce qui manque au puzzle et c'est la chaîne qui est stoppé.
Je suis convaincu qu'il y a un effet de seuil, induit par tout le système pervers des marges arrières construit par les multinationales qui pressent les sous traitants, qui seront bloqués dès que le seuil énergétique sera franchi, tout simplement parce qu'il n'existera pas d'alternative rapide à mettre en place.
Une sorte de blocage prédestiné si aucune transition est anticipée (et encore).
C'est ce qui ce passe avec les routiers, les pêcheurs et les agriculteurs. Il suffit qu'ils se révoltent pour bloquer toute la filière. En général, l'Etat arrose pour dénouer ce type de conflit. Le pourra t il ?
phyvette a écrit :
Soit ils déposent le bilan a commencé par les plus faibles économiquement ou les moins prévoyant des contextes a venir.
C'est effectivement ce qui va arriver : dépôt de bilan en cascade, avant que les multinationales aient compris qu'ils fassent répartir leur bénéfice (et donc réduire leur prix de revient par objet). Shutdown. Le modèle occidental est out (sauf si anticipation).
Même l'Etat ne pourra rien faire, car il essayera de maintenir le calme, à moins de prendre de mesure de réquisition type 1944, lorsque les patrons avaient fuis à la libération.