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Situation énergétique : le monde et la France en particulier
Publié : 07 déc. 2007, 09:46
par pascal47
Bjr,
Cette situation pour le mois d'octobre ne signifie pas, à mon sens, une réalité d'un manque de moyens de productions mais plutot un pic négatif qui sera équilibré plus ou moin le mois prochain.
Les courbes import/exports du RTE font des hauts et des bas me semble t-il.
Parfois nous sommes exportateur, d'autres fois importateur.
Publié : 07 déc. 2007, 10:57
par Jägermeifter
Nous avons en effet des variations, mais jamais de l'ampleur de celles que nous avons vécu le mois dernier, qui sont uniques dans l'histoire récente.
Sinon, la hausse des prix semble se terminer, avec des prix redescendus sous les 50€/MWh depuis quelques jours, grâce notamment à des températures plus clémentes sur l'ensemble de l'Europe occidentale, et la baisse des prix du gaz.
La faible disponibilité du nucléaire en France comme en Allemagne garde cependant les prix relativement haut, mais bien moins que ce que nous avons vécu le mois dernier.
Publié : 17 déc. 2007, 09:59
par Jägermeifter
Suite aux échanges le mois dernier sur les exportations, voila les données officielles:

Baisse des exportations de 90%!

On dit une fois de plus merci aux allemands, pour avoir sauvé notre équilibre offre-demande et éviter quelques délestages.
On les critique souvent sur leur système électrique, mais nous sommes quand même bien content de pouvoir importer leur électricité charbonnée.
Publié : 17 déc. 2007, 15:39
par phyvette
Alors que le froid est de retour, la remonté du prix du MWh est elle à envisager ? Mais la bonne question reste pourquoi l'électronucléaire flanche ? L'age du parc qui demande une maintenance plus longue, alliée à une demande en hausse constante des consommateurs ?
Aura t-on en lieu et place en préalable au PPP un pic électrique ?
Encore et toujours un problème de débit ?

Publié : 17 déc. 2007, 15:47
par Environnement2100
Je ne comprends toujours pas très bien : ces chiffres montrent que nous exportons plus que nous n'importons ?
Publié : 17 déc. 2007, 16:00
par phyvette
Mais pour combien de temps , si la tendance se confirme , si ces causes sont récurrentes, nous pouvons devenir importateur net .
Seules exportatrices notables avec l'Allemagne si la France devient déficitaire,
l'Allemagne resterait seul exportatrice en attendant le CSP Saharien.
Publié : 17 déc. 2007, 23:16
par Jägermeifter
phyvette a écrit :Alors que le froid est de retour, la remonté du prix du MWh est elle à envisager ?
hahaha !
phyvette a écrit : Mais la bonne question reste pourquoi l'électronucléaire flanche ? L'age du parc qui demande une maintenance plus longue, alliée à une demande en hausse constante des consommateurs ?
Aura t-on en lieu et place en préalable au PPP un pic électrique ?
Encore et toujours un problème de débit ?

Le nucléaire, c'est 63,3 GW installés pour 88 GW consommé en pointe aujourd'hui, ca demande beaucoup de maintenance et de combustible. Il a sa place, mais nous avons besoin d'un vrai mix énergétique, et aujourd'hui, nous manquons de capacités de production, et de diversité.
Le thermique classique, c'est 27,1 GW, alors en thermique, cela ne fait que tout juste la consommation à le pointe...
Pour le pic de l'électrique, on en est loin vu la quantité de charbon qu'il reste ! ... et malheureusement pour notre pauvre planète.
Pour ce qui est de la France, des problèmes d'approvisionnement en combustible, nous n'en avons pas encore en France, pour l'instant.
Cependant, il est intéressant de constater que les seules 2 mines d'AREVA du Niger nous fournissent le combustible pour l'équivalent de production de 16 GW nucléaire. Les stocks de LEU/HEU nous fournissent encore plus, et s'épuisent...
Publié : 17 déc. 2007, 23:28
par phyvette
Jägermeifter a écrit :
Pour le pic de l'électrique, on en est loin vu la quantité de charbon qu'il reste !
Oui, mais un pic de capacité de production installée en Europe n'est il pas très proche ?
Des études Suisse , Belge, ou Française , postées dans les files dédiées sont toute très pessimistes , sur les moyens pour répondre à la demande future.
Publié : 17 déc. 2007, 23:36
par Jägermeifter
phyvette a écrit :Oui, mais un pic de capacité de production installée en Europe n'est il pas très proche ?
Des études Suisse , Belge, ou Française , postées dans les files dédiées sont toute très pessimistes , sur les moyens pour répondre à la demande future.
Pic de production, je ne crois pas. Cela n'empêchera pas une pénurie de production, ni l'augmentation des prix.
Ce qui compte, c'est l'équilibre offre-demande, et il sera dur de le maintenir dans l'électricité en Europe, comme dans le pétrole (ou même le gaz d'ailleurs).
Publié : 17 déc. 2007, 23:43
par phyvette
Non Jäg , mon questionnement porte sur les moyens de production, la capacité installée disponible en fait .
Publié : 17 déc. 2007, 23:48
par Jägermeifter
phyvette a écrit :Non Jäg , mon questionnement porte sur les moyens de production, la capacité installée disponible en fait .
La capacité installée, surement pas. Nous pouvons toujours installer plus de centrales (c'est ce qu'on fait d'ailleurs partout en Europe). La question sera ensuite de transformer ces MW en MWh. La il y aura un pic, mais je ne crois pas que ce soit rapidement, à moins que les Russes, et algériens en décident autrement!
Le fait que nous produisions toujours plus ne change rien au problème. Peu importe la production ou la consommation, ce qui compte, c'est la pénurie, même faible, et elle arrive déjà.
Publié : 17 déc. 2007, 23:49
par energy_isere
phyvette a écrit :Non Jäg , mon questionnement porte sur les moyens de production, la capacité installée disponible en fait .
Phyvette, aurais tu déjà oublié les différents post ou on citait les nouvelles capacités de production qui vont étre installées en FRANCE en centrale thermique Gaz à cycle combiné ?

Publié : 18 déc. 2007, 00:22
par phyvette
Certes non Energy je ne pense qu'à ça, et à tout ça aussi :
Perspectives énergétiques Suisse 2035 pdf
Rappord de la Greg , pdf
Sans parlé du pdf de 120 pages de RTE sur les prévisions énergétiques, poster par Jäg.
Jäg a écrit :Peu importe la production ou la consommation, ce qui compte, c'est la pénurie, même faible, et elle arrive déjà.
Bon , ben alors adieu voiture électrique de Bolloré ou de Sceptique , et bonjour VAE s'il reste qq kWh .
Publié : 18 déc. 2007, 05:32
par Environnement2100
Le poids des .pdf, nouvelle mesure de la pénurie ?
Tartiflette électrique française
Publié : 05 juin 2012, 13:10
par Clarkie
"En France, on pourrait aller jusqu'à 25 000 MW d'éolien et de solaire, sans construire une seule centrale à gaz" (Cédric Philibert, Agence Internationale de l'Energie, Revue La Recherche)
Pour tous ceux qui s'intéressent au solaire et à l'éolien, une interview passionnante de Cédric Philibert, senior analyste à la division énergies renouvelables de l'Agence Internationale de l'énergie, vient d'être publiée dans la revue "La Recherche" n°465 de juin 2012. Elle est intitulée "L'énergie solaire en passe de devenir compétitive" (pages 76, 77 et 78).
Extrait:
"En 2020, le prix de revient du mégawattheure (MWh) fourni par des centrales photovoltaïques ne devrait pas dépasser 60 euros au Maghreb, 90 euros dans le Var et 120 euros dans le nord de la France. Par comparaison, selon la cour des comptes, le MWh produit par un réacteur nucléaire EPR coûterait entre 70 et 90 euros (...)
(...) On entend souvent qu'il faut ajouter autant de puissance d'appoint que l'on installe de solaire et d'éolien, mais c'est absurde. Car on ne part pas de rien, il existe déjà des capacités flexibles, thermiques ou hydrauliques. En France, on pourrait aller jusqu'à 25 GW d'éolien et de solaire, sans construire une seule centrale à gaz."
De plus notre continent dispose d'un climat relativement favorable au couplage du solaire et de l'éolien. En été il y a plus de soleil, et en hiver plus de vent. Une étude allemande vient de montrer qu'un mélange de 60% d'éolien et de 40% de solaire suit assez bien la courbe de la demande électrique toute l'année.
Et quand il n'y a ni soleil ni vent, ce qui n'arrive que quelques jours par an, il y a plusieurs moyens pour s'approvisionner, que l'on peut associer: importer depuis les pays voisins, utiliser un appoint fossile, et s'appuyer sur des stations de pompage-turbinage (Step) qui tansfèrent de l'eau entre deux réservoirs séparés par un dénivelé. Ces installations se rentabilisent rapidement car elle fonctionnent tous les jours, voir plusieurs fois par jour: dès qu'il y a de l'électricité en exédent, on remonte l'eau dans le réservoir supérieur. Aux heures de pointe, on la fait redescendre pour produire du courant. En 2005, il y avait 100 GW de Step installées dans le monde, il y en aura le double en 2015 et on peut aller bien plus loin. Sur la terre ferme, mais aussi en construisant des Step le long des côtes pour utiliser la mer comme réservoir inférieur, comme à Okinawa au Japon, et même en pleine mer comme l'envisage la Belgique et les Pays-Bas.
Sans stockage on doit pouvoir produire 10 à 12% de l'électricité mondiale photovoltaïque. Pour aller au delà, il faut développer le stockage ou se tourner vers les centrales solaires à concentration qui offrent plus de souplesse puisqu'on peut stocker la chaleur dans des réservoirs de sels fondus (...)"
Henri Proglio (PDG d'EDF), vient d'annoncer, suite à la victoire de François Hollande, qu'il a fixé comme objectif 50% de nucléaire + 25% de renouvelable + 25% de fossile pour 2020.
Les fossiles pèsent 10% aujourd'hui dans le mix électrique français, il est complètement absurde, et inutile, de passer à 25% de fossile. L'hydro pèse aujourd'hui 12% dans le mix électrique français, et les autres renouvelables 3%, soit un total renouvelables de 15%. Henri Proglio veut donc augmenter de seulement 10 points les renouvelables, et de 15 points les fossiles, un objectif parfaitement absurde. Ce qu'il faut pour la France pour 2020, c'est 50% de nucléaire, 40% de renouvelable et 10% de fossile. Et c'est possible.