Publié : 25 févr. 2006, 19:08
ben oui un âne et une petite charette rendaient bien des services !!
PARIS (AFP) - Le Premier ministre Dominique de Villepin a annoncé mardi que les industriels allaient investir un milliard d'euros pour la construction de dix nouvelles usines de production de biocarburants, qui s'ajoutent au six déjà prévues l'an dernier.
"Une nouvelle tranche d'agréments de 1,1 million de tonnes devrait être lancée d'ici la fin de l'année" et attribuée aux industriels pour la production de biocarburants (diester, éthanol), a ajouté M. de Villepin en visite au salon de l'agriculture.
Ce sont au total, 16 usines pour la fabrication de biocarburants qui seront construites au cours des prochaines années en France pour répondre aux objectifs de production, a précisé le ministère de l'Agriculture.
Biocarburants
Des bâtons dans les roues de bennes à ordures vertes
L'Etat poursuit deux communes aux ambitions écolos
par Laure ESPIEU
QUOTIDIEN : jeudi 02 mars 2006
Bordeaux correspondance
Langon (Gironde) avait opté pour des bennes à ordures roulant à l'huile végétale pure, le Sictom (syndicat intercommunal de collecte et de traitement des ordures ménagères) l'avait même voté le 30 novembre. Mais les services de l'Etat, s'en tenant à la réglementation nationale qui interdit de rouler à l'huile en dehors du monde agricole, en ont décidé autrement. Un courrier adressé par la sous-préfecture au patron du Sictom, Charles Vérité (PS), lui a demandé «de ne pas donner suite à la décision du conseil syndical dont le caractère illégal avéré pourrait justifier le cas échéant la mise en oeuvre de sanctions et amendes». Passé incognito, ce projet a été rattrapé par les remous d'une affaire similaire à Villeneuve-sur-Lot, dans le département voisin. Là, l'expérimentation a démarré en octobre, et une dizaine de bennes à ordures roulent désormais avec un mélange d'huile de tournesol et de diesel même si le préfet du Lot-et-Garonne a porté l'affaire devant le tribunal administratif. Pour le maire (PS) de Villeneuve, Jérôme Cahuzac, «le débat juridique n'est qu'une apparence. En réalité, c'est avant tout un problème économique. L'Etat veut garder le produit de la TIPP (1)».
Economies.
Pourtant, les huiles végétales, plus écologiques, permettent de réduire à condition d'être détaxées une facture énergétique de plus en plus lourde pour les communes. Et représentent une perspective pour le monde agricole. Rien que dans le Lot-et-Garonne, 26 000 hectares sont en jachère. Or, le tournesol pousse sans engrais et consomme peu d'eau, avec un investissement minime: une presse avec matériel de décantation et de filtrage coûte moins de 10 000 euros. La communauté de communes du Villeneuvois devrait consommer 150 000 litres d'huile cette année. A 80 centimes d'euro le litre, elle fera 70 000 euros d'économies dès la première année. Villeneuve a d'ailleurs également adopté le tournesol pour ses douze camions d'entretien de la voirie. Le maire est confiant : «La saisine devant le tribunal administratif n'oblige pas l'arrêt de l'expérimentation. On va donc continuer. Une directive européenne de 2003 autorise l'utilisation des huiles végétales, même si elle ne l'impose pas aux Etats membres. Nous irons jusque devant la Cour de justice européenne s'il le faut.»
De son côté, l'Institut français des huiles végétales, basé à Agen, gère une vingtaine de projets en attente, avec des collectivités partout en France. «C'est une occasion unique de faire travailler villes et campagnes en symbiose», dit Alain Juste, son fondateur. «N'importe quel moteur diesel peut fonctionner avec 30 % d'huile végétale pure ajoutée au gasoil, sans toucher à rien. Et avec 100 % de produit bio, si l'on fait des réglages. Le bilan en gaz carbonique est neutre, et on ne relève ni plomb ni benzène.»
«Lobbying». Pour les deux mairies, il ne fait aucun doute que si elles obtenaient les autorisations, tout le monde suivrait. C'est bien le problème : «Les seuls qui n'y trouvent pas leur compte sont le ministère des Finances et les compagnies pétrolières», pointe Cahuzac. «Il y a un lobbying extrêmement fort, poursuit Alain Juste. Les industriels, et notamment Total, qui met en place sa filière de bioéthanol, essayent de bloquer toutes les possibilités afin que la plus-value reste dans leur poche.»
(1) Taxe intérieure sur les produits pétroliers.
A remarquer quand même que le ministère des finances, c'est aussi nous. Ce que nous ne payons pas comme taxe, nous ne l'aurons pas non plus comme financement public. Ca pose les limites réelles des biocarburants : ça reste une énergie bien plus chère à produire "réellement". Et quand la tension de la demande jouera a plein avec la dépletion du pétrole conventionnel, les prix s'envoleront tout autant.energy_isere a écrit :http://www.liberation.com/page.php?Article=363871
«Les seuls qui n'y trouvent pas leur compte sont le ministère des Finances et les compagnies pétrolières», pointe Cahuzac. «Il y a un lobbying extrêmement fort, poursuit Alain Juste. Les industriels, et notamment Total, qui met en place sa filière de bioéthanol, essayent de bloquer toutes les possibilités afin que la plus-value reste dans leur poche.» [/color]
(1) Taxe intérieure sur les produits pétroliers.
On demande un label pour les biocarburants
09-03-2006
Alors que l’Union Européenne (UE) présentait récemment sa stratégie pour encourager l’utilisation des biocarburants et promouvoir la recherche les concernant, qu’en est-il des éventuels impacts environnementaux négatifs, liés à cette production de carburants ?
Principalement en Amérique du Sud, des millions d’hectares de forêts tropicales sont déjà détruits pour faire place à des plantations de palmiers à huile, de soja ou de canne à sucre (les principales sources de biocarburants), mettant ainsi gravement en danger la diversité biologique. En outre, l’utilisation d’OGM et de pesticides, dans ces plantations, est aussi un facteur de dégradation environnementale.
Face à cette réalité, le WWF enjoint l’UE à mettre en place un système de certification obligatoire pour tous les biocarburants utilisés en Europe, qu’ils proviennent de sources intérieures ou extérieures à l’Europe. Pour l’association, cette certification devrait prendre en considération le potentiel de chaque biocarburant à réduire véritablement les émissions des gaz à effet de serre responsables du changement climatique, en incluant les méthodes de production. En effet, la culture, le transport et la transformation des biocarburants entraînent une consommation élevée d’énergie, ce qui peu, dans les cas les plus défavorables, compromettre leur intérêt face aux carburants traditionnels.
Par ailleurs, cette certification devrait également tenir compte des critères sociaux, comme les conditions de travail… notamment dans les pays du sud.