https://www.agenceecofin.com/actualites ... eption-eicPourquoi les projets d’hydrogène vert annoncés en Afrique peinent à dépasser le stade de la conception (EIC)
Agence Ecofin 20 janvier 2026
Alors que la demande mondiale d’hydrogène vert progresse plus lentement que prévu, le rapport recommande aux gouvernements africains et aux développeurs d’abandonner les projets à grande échelle pour se concentrer sur des usines plus modestes et échelonnées, qui ne nécessitent pas des investissements colossaux dans les infrastructures et dont la production peut être écoulée plus facilement.
La quasi-totalité des projets de production d’hydrogène vert annoncés en Afrique n’a pas encore passé la rampe cruciale de la décision finale d'investissement (FID), en raison du manque d’acheteurs, du coût élevé des infrastructures de soutien telles que les gazoducs et les usines de dessalement et de l’absence de chaînes d’approvisionnement locales en équipements, selon un rapport publié le mercredi 14 janvier par l’Energy Industries Council (EIC).
Association professionnelle spécialisée dans le soutien aux entreprises fournissant des biens et des services aux industries énergétiques mondiales, l’EIC a recensé 78 projets d'hydrogène vert annoncés ces dernières années sur le continent, avec des coûts d'investissement cumulés d’environ 194 milliards de dollars. L'Egypte, le Maroc et l'Afrique du Sud dominent le paysage avec environ 80 % des investissements prévus, grâce aux stratégies d'exportation ciblant l'Europe adoptées par les pays d’Afrique du Nord et aux ambitions affichées par le pays d’Afrique australe en matière d’exportation de l'ammoniac vert par voie maritime vers des marchés asiatiques tels que le Japon et la Corée du Sud.
La stratégie énergétique européenne baptisée « REPowerEU », adoptée après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, a prévu la mise en place d'un marché de l'hydrogène propre d’ici 2030. Elle a fixé des objectifs de production de 10 millions de tonnes d'hydrogène vert par an et d'importations équivalentes de 10 millions de tonnes d'ici la fin de la décennie.
Si les stratégies nationales de développement de la filière de l’hydrogène vert et les accords soutenus par les gouvernements ont alimenté une vague d'annonces, un énorme fossé existe entre les ambitions affichées et les résultats concrets sur le terrain à travers le continent. L’écrasante majorité des projets prévus sont encore au stade très précoce et spéculatif de la conception, et aucun grand projet n’a encore atteint le stade de la décision finale d'investissement. Seuls deux projets à petite échelle sont actuellement opérationnels en Afrique, tous deux en Namibie, avec une capacité combinée de 17 mégawatts (MW) seulement. Or, la capacité cumulée des projets annoncés sur le continent s’élève à 38 gigawatts (GW).
Les avantages comparatifs de l'Afrique dans le domaine de la production de l’hydrogène vert sont évidents (ressources éoliennes et solaires abondantes, proximité des centres de demande européens et intérêt géopolitique croissant), mais plusieurs défis empêchent la concrétisation des projets. Il s’agit, en premier lieu, de l’incapacité des entreprises impliquées dans le développement des projets annoncés sur le continent à sécuriser des contrats d’achat à long terme (offtake agreements) pour compenser les coûts de production élevés liés à la fabrication de carburants décarbonés.
Ces accords d’achat à long terme constituent un facteur essentiel pour faire passer les projets de la phase pré-FID à la phase de construction, car ils offrent des certitudes quant aux revenus futurs aux producteurs. Et c’est pour cette raison d’ailleurs que certaines entreprises ont déjà annoncé la suspension de leurs projets en Afrique. Tel est par exemple le cas du groupe australien CWP Global qui a mis en pause, en juin 2025, le développement de son projet de production d’hydrogène et d’ammoniac vert en Mauritanie, l’un des plus vastes au monde, faute d’acheteurs. Baptisé « Aman », ce projet devrait entrer en production entre 2029 et 2030 pour produire jusqu’à 1,7 million de tonnes d’hydrogène vert ou 10 millions de tonnes d’ammoniac vert par an. L’investissement global était estimé à 40 milliards de dollars par l’entreprise.
De son côté, le géant allemand de l’énergie RWE a annoncé, fin septembre dernier, son retrait du projet namibien de production de dérivés d’hydrogène vert Hyphen, un chantier de 10 milliards de dollars destiné à faire du pays un hub majeur de l’hydrogène vert. La décision de l’entreprise, qui s’était engagée à explorer l’achat d’environ 300 000 tonnes d’ammoniac vert par an à partir de 2027, a été prise alors que la demande pour les produits dérivés de l’hydrogène progresse beaucoup plus lentement que prévu en Europe. D’après le European Hydrogen Index 2025, l’hydrogène renouvelable ne représentait en 2023 qu’environ 0,3 % de la demande totale d’hydrogène dans l’Union européenne.
Le deuxième défi majeur auquel sont confrontés les projets de production d’hydrogène vert en Afrique est le coût élevé de construction des infrastructures de soutien comme les pipelines dédiés au transport du combustible, les centrales électriques solaires et éoliennes, les usines de dessalement et les infrastructures portuaires. Ces infrastructures sont actuellement largement inexistantes en Afrique. Ce facteur permet de comprendre pourquoi les coûts cumulés des investissements prévus dans les projets d’hydrogène vert sont moins élevés en Europe (166 milliards de dollars) qu’en Afrique (194 milliards de dollars), bien que la capacité globale de production projetée sur le Vieux continent soit beaucoup plus importante.
Et last but not least, le rapport explique que les contraintes liées à la chaîne d'approvisionnement en équipements constituent un autre défi. Aucun fabricant d'électrolyseurs n'opère actuellement en Afrique, ce qui rend les premiers projets dépendants des équipements importés. L'Egypte fait figure d'exception partielle, puisque ce pays a introduit une exigence de contenu local de 20 % dans sa stratégie de développement de la filière.
Pour faire avancer les projets d’hydrogène vert en Afrique, le rapport recommande aux gouvernements et aux entreprises de cesser de s’orienter vers des projets de grande envergure ayant des capacités de production de plusieurs gigawatts, qui manquent d'acheteurs assurés et d'infrastructures de soutien essentielles, pour se concentrer sur des projets plus modestes et échelonnés pouvant être mis en œuvre plus rapidement. Sans cela, une grande partie des projets de production d’hydrogène vert annoncés sur le continent risquent d’être aussi illusoires qu’un mirage dans le Sahara.
Et la situation sur le continent africain ???
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Re: Et la situation sur le continent africain ???
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Re: Et la situation sur le continent africain ???
Le corridor de Lobito, voie de chemin de fer pour sortir le cuivre et cobalt de la RDC, a travers l' Angola
voir aussi ce post du 24 aout 2024 dans le fil sur le Cuivre : http://www.oleocene.org/phpBB3/viewtopi ... 7#p2397067
voir aussi ce post du 24 aout 2024 dans le fil sur le Cuivre : http://www.oleocene.org/phpBB3/viewtopi ... 7#p2397067
vidéo 3mn24s https://information.tv5monde.com/afriqu ... ux-2799038Le corridor de Lobito, au coeur des rivalités entre la Chine et les Occidentaux
Le 24 Nov. 2025 Par TV5MONDE Demet Korkmaz
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Re: Et la situation sur le continent africain ???
https://www.agenceecofin.com/actualites ... i-2027-aieAfrique : la demande d’électricité devrait augmenter de 10 % d’ici 2027 (AIE)
Agence Ecofin 23 juillet 2026
La consommation électrique s’accélère sur le continent, plus rapidement qu’à l’échelle mondiale. Malgré cette évolution, l’Afrique conservera un poids limité dans la demande globale.
La demande nette d’électricité en Afrique devrait passer de 799 TWh en 2025 à 880 TWh en 2027, soit une hausse de 10,1 %. C’est ce qui ressort du rapport Electricity Mid-Year Update 2026, publié le jeudi 23 juillet par l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Selon le document, cette demande devrait progresser de 5,5 % en 2026 pour atteindre 843 TWh, avant d’augmenter encore de 4,4 % en 2027. Dans le même temps, la consommation mondiale passerait de 28 600 TWh en 2025 à 30 700 TWh en 2027 (+7,3 %). Malgré une croissance plus soutenue que la moyenne mondiale, la part de l’Afrique dans le total mondial ne progresserait que marginalement, de 2,8 % à environ 2,9 %.
Évolution de la demande nette d’électricité
L’étude de l’AIE met en évidence une hausse générale de la consommation électrique. L’industrie, les équipements électriques, la climatisation, les centres de données et l’électrification des usages figurent parmi les principaux moteurs identifiés par l’institution, qui évoque « l’aube de l’ère de l’électricité ».
Un potentiel renouvelable à concrétiser
À l’échelle mondiale, les renouvelables devraient dépasser le charbon dès 2026 et devenir la première source de production électrique. Leur part dans le mix progresserait de 33 % en 2025 à 37 % en 2027. Le solaire photovoltaïque en sera le principal moteur, avec une production attendue en hausse de 23 % cette année, soit 610 TWh supplémentaires. Il devrait ainsi dépasser l’éolien et devenir la deuxième source renouvelable derrière l’hydroélectricité.
Le rapport ne précise toutefois pas quelles sources d’énergie répondront à la hausse de la demande en Afrique. Il anticipe néanmoins une progression de la production d’électricité à partir du gaz en 2026. Les énergies renouvelables, qui tirent désormais la croissance de la production mondiale et dont le continent dispose d’un important potentiel, notamment solaire, pourraient également y contribuer. À ce stade, l’AIE ne conclut toutefois pas à une bascule du mix électrique africain en faveur des renouvelables.
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Re: Et la situation sur le continent africain ???
https://www.agenceecofin.com/actualites ... es-en-2026Solaire : l'Afrique se dirige vers un record historique de 17 GW installés en 2026
Agence Ecofin 28 aout 2026
En Afrique, l’énergie solaire monte en puissance depuis deux décennies. Après une année 2025 faste, 2026 s’annonce aussi particulièrement dynamique.
D’ici la fin de cette année, le continent africain pourrait installer 17 GW de capacités solaires, soit 45 % de plus qu’un an plus tôt. C’est ce qu’estime une analyse publiée le 27 août par le centre de réflexion britannique Ember et African Tech Futures Lab.
Cette prévision s’appuie sur les données douanières chinoises, qui permettent de suivre les exportations de panneaux photovoltaïques vers chaque pays africain et de pallier l’absence de données nationales complètes.
D’après le rapport, les nouvelles capacités installées en 2026 pourraient produire environ 23 TWh d’électricité par an, soit l’équivalent de la hausse moyenne annuelle de la demande d’électricité en Afrique durant la dernière décennie.
« L’Afrique du Sud, qui représentait auparavant plus de la moitié des importations africaines de panneaux solaires, ne devrait compter que pour moins d’un cinquième des installations en 2026, à mesure que la croissance se diffuse vers de nouveaux marchés », indiquent les auteurs.
Au total, 36 pays africains sur 54 sont en voie d’installer un volume record de solaire cette année alors que 19 ont déjà enregistré une hausse annuelle supérieure à 100%, dont la RDC, le Zimbabwe, la Zambie et l’Égypte.
Pour l’essentiel, le cabinet britannique souligne que la croissance attendue en 2026 repose en grande partie sur les importations de panneaux chinois. Environ 94% des modules installés sur le continent proviennent de Chine. Si l’Afrique dispose d’une capacité de fabrication appelée à atteindre 3,5 GW en 2026, soit quatre fois plus que l’année précédente grâce à de nouvelles usines en Égypte et en Tanzanie, cette production reste insuffisante face aux besoins régionaux et une grande partie est destinée à l’exportation, notamment vers les États-Unis.
Le solaire décentralisé, nouveau moteur de la progression du secteur
Selon Ember, l’une des principales transformations du marché solaire africain vient du segment décentralisé.
Dans son rapport, le think-tank indique que près de trois quarts de la capacité solaire ajoutée en Afrique entre 2023 et 2025 proviendraient de systèmes installés hors des grandes centrales raccordées au réseau : installations sur les toitures des ménages et entreprises, équipements destinés aux commerces ainsi que mini-réseaux alimentant des zones rurales.
Dans de nombreux pays où les réseaux électriques restent insuffisamment étendus, fragiles ou coûteux pour les utilisateurs, l’installation de panneaux solaires, souvent complétée par des batteries, offre une alternative dont le coût devient plus prévisible que celui du carburant importé.
Le mouvement s’est accéléré avec la baisse mondiale des prix des modules photovoltaïques et l’essor des solutions de financement adaptées comme les paiements échelonnés et le modèle de tarification à l’usage (Pay As You Go).
Cette dynamique reste pourtant largement invisible dans les bases de données traditionnelles. Les centrales solaires de grande taille sont identifiables par leurs contrats, leurs permis et leur raccordement au réseau. À l’inverse, les installations individuelles ou de petite taille sont rarement déclarées.
Au moins quinze pays africains ont toutefois mis en place, ou sont en train de déployer, des systèmes d’autorisation et d’enregistrement pour les installations solaires. La généralisation de ces outils doit permettre d’améliorer la collecte de données et d’intégrer le solaire décentralisé dans les stratégies énergétiques nationales.
