par energy_isere » Aujourd’hui, 10:33
Le bioéthanol attire davantage d'automobilistes face aux prix de l'essence
AFP avec Connaissance des Énergies le 22 septembre 2026
Deux mois après la pose d’un boîtier E85, Julien Landreau, infirmier scolaire à Marseille, illustre l’attrait croissant de la conversion au bioéthanol.
Un différentiel de prix décisif à la pompe
Pour Julien Landreau, 44 ans, le calcul économique domine. Lors du contrôle de son boîtier installé sur une petite Kia, il affirme qu’« un plein de bioéthanol me coûte 25 à 30 euros », quand l’essence classique reviendrait à « plus du double maintenant ».
Le Superéthanol E85, carburant composé d’essence sans plomb et de bioéthanol, affichait un prix moyen de 0,89 €/l, contre plus de 2,17 €/l pour le SP95-E10, carburant le plus vendu en France. Selon le ministère chargé de l’Énergie, les ventes d’E85 ont toutefois reculé de 0,6 % en 2024, après une phase de forte progression depuis son lancement en 2007.
Cette différence de prix pousse davantage d’automobilistes vers les garages habilités. Nicolas Greco, 31 ans, cogérant d’un garage du centre de Marseille, estime recevoir « quatre fois plus de demandes » d’installation de boîtiers qu’un an auparavant.
Une conversion encadrée par homologation
Dans un autre atelier marseillais, le garagiste Matthieu Vales pose un système de conversion sur une voiture hybride. Après le diagnostic du véhicule, l’intervention consiste à raccorder le boîtier aux injecteurs via un faisceau électrique, une opération qu’il décrit comme « un travail minutieux ».
Son garage installe ces équipements depuis juin et indique avoir vu « doubler la demande » depuis cette date. La Région Sud a ouvert le 15 septembre une aide forfaitaire de 250 euros destinée aux ménages non imposables pour la fourniture et la pose d’un boîtier E85 homologué sur un véhicule essence.
La conversion légale impose le recours à un professionnel homologué. Après installation, l’automobiliste doit faire modifier sa carte grise, puis peut utiliser dans le même réservoir du SP95, du SP98, du SP95-E10 ou de l’E85, qui contient entre 65 % et 85 % de bioéthanol.
Le coût d’un boîtier « peut monter jusqu’à mille euros, grand maximum. On trouve des promotions à cinq cents euros », selon Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes. Le dispositif reste limité aux motorisations essence et dépend aussi de « l’âge du véhicule, des kilomètres au compteur ».
Un marché encore limité malgré l'intérêt des conducteurs
Les fabricants constatent une progression des demandes, mais le parc converti demeure marginal. Jérôme Loubert, directeur général de FlexFuel Energy Development, principal fabricant français de boîtiers de conversion au bioéthanol, évalue à « un peu plus de 400.000 » le nombre de personnes roulant à l’éthanol en France, sur environ 15 millions de véhicules éligibles.
Bioéthanol France, syndicat professionnel des producteurs français d’alcool agricole, chiffre l’économie à « 841 euros par an pour 13.000 kilomètres parcourus par rapport au SP95-E10 ». Selon cette estimation de la filière, le coût de conversion peut être amorti en un an pour certains profils d’usage.
Le contexte fiscal contribue à cet écart de prix, le bioéthanol bénéficiant d’une taxation plus favorable que les carburants fossiles conventionnels. Le prix final à la pompe reste néanmoins sensible aux coûts de production agricole, de transformation et de distribution, comme pour les autres carburants routiers.
Des gains climatiques discutés
Le bilan environnemental du bioéthanol est plus débattu que son intérêt économique immédiat. La betterave ne représentait que 5,8 % des matières premières utilisées pour produire les agrocarburants consommés en France en 2024, selon la Statistique publique de l’énergie, des transports, du logement et de l’environnement.
Les bioessences consommées en France provenaient à 69 % de cultures conventionnelles en 2024, selon les chiffres clés des énergies renouvelables publiés par le SDES. Le maïs et le blé, majoritaires, sont des cultures « très gourmandes en eau, en engrais azoté et en pesticides » et « peu résilientes au changement climatique », affirme Diane Strauss, directrice du bureau français de l’ONG Transport et Environnement.
La production nationale ne couvre pas l’ensemble de la demande. En 2024, 48 % des volumes de bioessence consommés en France reposaient sur des matières premières agricoles d’origine étrangère, d’après le SDES.
En intégrant les émissions liées aux importations, Transport et Environnement estime que le bioéthanol réduirait les émissions de CO2 « au mieux de 10 à 40% » par rapport à l’essence. Pour Diane Strauss, « la solution climatique, c'est la voiture électrique. Les biocarburants, c'est une distraction. »
https://www.connaissancedesenergies.org ... nol-260922
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AFP avec Connaissance des Énergies le 22 septembre 2026
Deux mois après la pose d’un boîtier E85, Julien Landreau, infirmier scolaire à Marseille, illustre l’attrait croissant de la conversion au bioéthanol.
[b]Un différentiel de prix décisif à la pompe[/b]
Pour Julien Landreau, 44 ans, le calcul économique domine. Lors du contrôle de son boîtier installé sur une petite Kia, il affirme qu’« un plein de bioéthanol me coûte 25 à 30 euros », quand l’essence classique reviendrait à « plus du double maintenant ».
Le Superéthanol E85, carburant composé d’essence sans plomb et de bioéthanol, affichait un prix moyen de 0,89 €/l, contre plus de 2,17 €/l pour le SP95-E10, carburant le plus vendu en France. Selon le ministère chargé de l’Énergie, les ventes d’E85 ont toutefois reculé de 0,6 % en 2024, après une phase de forte progression depuis son lancement en 2007.
Cette différence de prix pousse davantage d’automobilistes vers les garages habilités. Nicolas Greco, 31 ans, cogérant d’un garage du centre de Marseille, estime recevoir « quatre fois plus de demandes » d’installation de boîtiers qu’un an auparavant.
[b]Une conversion encadrée par homologation[/b]
Dans un autre atelier marseillais, le garagiste Matthieu Vales pose un système de conversion sur une voiture hybride. Après le diagnostic du véhicule, l’intervention consiste à raccorder le boîtier aux injecteurs via un faisceau électrique, une opération qu’il décrit comme « un travail minutieux ».
Son garage installe ces équipements depuis juin et indique avoir vu « doubler la demande » depuis cette date. La Région Sud a ouvert le 15 septembre une aide forfaitaire de 250 euros destinée aux ménages non imposables pour la fourniture et la pose d’un boîtier E85 homologué sur un véhicule essence.
La conversion légale impose le recours à un professionnel homologué. Après installation, l’automobiliste doit faire modifier sa carte grise, puis peut utiliser dans le même réservoir du SP95, du SP98, du SP95-E10 ou de l’E85, qui contient entre 65 % et 85 % de bioéthanol.
Le coût d’un boîtier « peut monter jusqu’à mille euros, grand maximum. On trouve des promotions à cinq cents euros », selon Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes. Le dispositif reste limité aux motorisations essence et dépend aussi de « l’âge du véhicule, des kilomètres au compteur ».
[b]Un marché encore limité malgré l'intérêt des conducteurs[/b]
Les fabricants constatent une progression des demandes, mais le parc converti demeure marginal. Jérôme Loubert, directeur général de FlexFuel Energy Development, principal fabricant français de boîtiers de conversion au bioéthanol, [color=#FF0000]évalue à « un peu plus de 400.000 » le nombre de personnes roulant à l’éthanol en France[/color], sur environ 15 millions de véhicules éligibles.
Bioéthanol France, syndicat professionnel des producteurs français d’alcool agricole, chiffre l’économie à « 841 euros par an pour 13.000 kilomètres parcourus par rapport au SP95-E10 ». Selon cette estimation de la filière, le coût de conversion peut être amorti en un an pour certains profils d’usage.
Le contexte fiscal contribue à cet écart de prix, le bioéthanol bénéficiant d’une taxation plus favorable que les carburants fossiles conventionnels. Le prix final à la pompe reste néanmoins sensible aux coûts de production agricole, de transformation et de distribution, comme pour les autres carburants routiers.
[b]Des gains climatiques discutés[/b]
Le bilan environnemental du bioéthanol est plus débattu que son intérêt économique immédiat. La betterave ne représentait que 5,8 % des matières premières utilisées pour produire les agrocarburants consommés en France en 2024, selon la Statistique publique de l’énergie, des transports, du logement et de l’environnement.
Les bioessences consommées en France provenaient à 69 % de cultures conventionnelles en 2024, selon les chiffres clés des énergies renouvelables publiés par le SDES. Le maïs et le blé, majoritaires, sont des cultures « très gourmandes en eau, en engrais azoté et en pesticides » et « peu résilientes au changement climatique », affirme Diane Strauss, directrice du bureau français de l’ONG Transport et Environnement.
[color=#FF0000]La production nationale ne couvre pas l’ensemble de la demande. En 2024, 48 % des volumes de bioessence consommés en France reposaient sur des matières premières agricoles d’origine étrangère, d’après le SDES.[/color]
En intégrant les émissions liées aux importations, Transport et Environnement estime que le bioéthanol réduirait les émissions de CO2 « au mieux de 10 à 40% » par rapport à l’essence. Pour Diane Strauss, « la solution climatique, c'est la voiture électrique. Les biocarburants, c'est une distraction. »
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https://www.connaissancedesenergies.org/afp/face-au-prix-des-carburants-des-automobilistes-se-convertissent-au-bioethanol-260922