serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

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Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

par energy_isere » 20 oct. 2026, 13:28

En Europe aussi, les mégaprojets de data centers d’IA se prennent les pieds dans le tapis

Les infrastructures de calcul ne poussent pas aussi vite que les investissements annoncés. Au Royaume-Uni, les difficultés de raccordement électrique ont récemment conduit Microsoft à renoncer à un contrat de location. En Finlande et en France, des projets sont confrontés à des obstacles réglementaires ou à une contestation locale. Autant d’exemples qui illustrent les difficultés qui pèsent sur les infrastructures d’IA en Europe, et ce malgré des investissements annoncés de l’ordre de plusieurs milliards.

Célia Séramour Publié le 19 octobre 2026

Aux États-Unis, où la construction de data centers a pris une longueur d’avance, la multiplication des projets destinés à répondre à l’explosion des besoins en calcul de l’intelligence artificielle suscite depuis plusieurs années une contestation croissante. Consommation électrique et hydrique, nuisances sonores, artificialisation des sols : les oppositions se multiplient, au point de contraindre certains promoteurs à revoir leurs ambitions, voire à abandonner leurs projets. L’Europe, qui accélère à son tour le développement de ses infrastructures, commence à rencontrer les mêmes difficultés. Plusieurs projets se retrouvent ainsi fragilisés, voire stoppés, malgré les milliards d’euros promis par les géants de la technologie.

Microsoft lâche Nscale au Royaume-Uni

Le dernier épisode en date concerne le britannique Nscale et Microsoft. Le géant américain a renoncé à louer une capacité de calcul de 50 mégawatts dans un data center que le premier prévoyait de construire à Loughton, dans l’Essex, au Royaume-Uni. Annoncé dans le cadre d’un investissement de 22 milliards de livres sterling destiné à développer les infrastructures d’IA outre-Manche, le projet devait notamment accueillir 23 000 puces Nvidia.

Mais le calendrier de raccordement électrique a fini par compromettre l’opération : selon la presse britannique, l’accès au réseau ne serait pas assuré avant 2030, voire au-delà. Véritable coup de massue pour Nscale, privé de son client d’ancrage pour cette infrastructure, alors qu’il doit encore résoudre le problème du raccordement électrique.

Un cas parmi bien d’autres

Ce retrait illustre l’un des principaux points de friction de la course aux infrastructures d’IA. Même lorsqu’un opérateur dispose d’un client de premier plan et d’une demande commerciale, il ne peut avancer sans une alimentation électrique adaptée à ses besoins et disponible dans les délais prévus.

Pour Nscale, la difficulté consiste désormais à trouver une solution électrique et, potentiellement, un autre locataire pour son projet. Le retrait de Microsoft ne signifie donc pas nécessairement que le data center ne verra jamais le jour, mais il fragilise clairement son modèle économique et son calendrier.

Google confronté aux autorités finlandaises

Les difficultés ne se limitent toutefois pas à la question énergétique. En Finlande, deux projets de data centers de Google basés à Muhos et Kajaani ont fait l’objet d’une mesure de suspension ordonnée par la Finnish Supervisory Agency. Selon les informations disponibles, l’autorité a demandé début octobre à la filiale de Google, Tuike Finland Oy, de stopper immédiatement les opérations concernées, ou au plus tard le 23 octobre, après des travaux de déboisement portant sur environ 500 hectares (en comptabilisant les deux sites) qui auraient été réalisés illégalement.

L’affaire intervient alors que Google a annoncé début septembre un investissement de 13 milliards d’euros en Finlande, destiné à développer ses infrastructures et ses capacités de calcul dans le pays. Elle souligne le décalage qui peut exister entre les ambitions d’investissement des géants de la tech et les contraintes réglementaires auxquelles leurs projets restent soumis. La perspective de retombées économiques importantes ne suffit pas à mettre les opérations à l’abri des contrôles environnementaux.

Il reste à déterminer précisément quelles parcelles et quelles phases des deux projets sont concernées par la décision, ainsi que ses conséquences sur leur calendrier. Une suspension administrative ne signifie pas nécessairement l’abandon définitif des infrastructures, mais elle peut entraîner des retards importants, des coûts supplémentaires et une remise en cause du calendrier initial.

En France, des projets contestés sur le terrain

En France aussi, les tensions autour de l’implantation de nouvelles infrastructures de calcul se font plus visibles. Dans l’Indre, à Étrechet, la contestation d’un projet de data center de Google a conduit la maire et quatre élus municipaux à démissionner. Cet épisode illustre la difficulté pour les élus locaux de concilier les promesses d’investissements et de développement économique avec les inquiétudes des habitants et les conséquences potentielles de ces infrastructures sur leur territoire.

Le dossier montre également que l’acceptabilité locale peut devenir un facteur déterminant dans le développement des infrastructures d’IA. Les collectivités sont sollicitées pour accueillir des installations présentées comme stratégiques, mais doivent aussi répondre aux interrogations sur leur impact environnemental, leur consommation de ressources et les bénéfices réellement attendus pour le territoire. Une opposition suffisamment forte peut compliquer les décisions politiques et administratives nécessaires à la réalisation d’un projet.

Dans la Drôme, un permis de construire en suspens

Autre illustration, dans la Drôme : le 10 juillet 2026, le tribunal administratif de Grenoble a suspendu le permis de construire du projet de supercalculateur porté à Rovaltain par Sesterce. L’investissement annoncé, de l’ordre de 1,5 milliard d’euros, devait permettre d’installer une infrastructure consacrée au calcul intensif pour l’IA sur le site de l’ancien pôle Ecotox, à Alixan.

« Le maire d’Alixan a par un arrêté du 18 décembre 2025, autorisé la société Sesterce Group à construire une telle infrastructure au sein du parc d’activités économiques Rovaltain, à proximité de la gare TGV de Valence et de la liaison autoroutière entre les autoroutes A7 et A49. Par une ordonnance du 10 juillet 2026, le juge des référés a suspendu l’exécution de cette autorisation », peut-on lire dans la décision de justice rendue par le tribunal.

Là encore, la suspension du permis ne vaut pas abandon définitif. Elle suffit néanmoins à remettre en question le calendrier de construction et à rappeler que les projets de grande ampleur restent tributaires des procédures d’autorisation et du respect des règles d’urbanisme et d’environnement. Pour un secteur où les opérateurs cherchent à mettre rapidement en service de nouvelles capacités, chaque mois de retard peut compliquer les engagements financiers et commerciaux.

Des milliards annoncés, mais des infrastructures loin d’être garanties

Ces différents dossiers ne relèvent pas tous de la même cause et ne conduisent pas nécessairement à l’abandon des projets concernés. Ils ont néanmoins un point commun : ils montrent que les annonces d’investissement ne garantissent ni la construction ni la mise en service des infrastructures. Entre les contraintes de raccordement électrique, les exigences environnementales, les recours juridiques et les contestations locales, les opérateurs doivent composer avec des obstacles qui peuvent bouleverser leurs calendriers.

À mesure que l’Europe cherche à renforcer ses capacités de calcul pour répondre aux besoins de l’IA, la disponibilité du foncier et des capitaux ne suffit donc plus. Encore faut-il obtenir les autorisations nécessaires, disposer d’une alimentation électrique compatible avec les ambitions affichées et convaincre les territoires d’accueillir ces installations. Le développement des data centers se heurte ainsi à une réalité plus prosaïque : la course à la puissance de calcul dépend aussi de ressources physiques limitées et de décisions locales qui ne se décrètent pas depuis la Silicon Valley.
https://www.usine-digitale.fr/informati ... CJZIA.html

Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

par energy_isere » 15 oct. 2026, 20:19

C’est parti ! Une mégastructure XXL du numérique est en train de s'installer à Béthune ! Les entreprises « Nebius » et « Azur Datacenter » ont fait le choix de s’implanter ensemble en partenariat sur le site de l'ex usine « Bridgestone » sur la zone d'activités économiques Washington à Béthune. Ces entreprises sont spécialisée dans l’intelligence artificielle et dans les datacenters au service de l’intelligence artificielle. Ici, c’est un gigantesque data center à la pointe de la technologie qui atteindra à terme la puissance de 240 mégawatts qui est en train de sortir de terre voir dans notre ville sur une surface de 26 000 mètres carrés qui va permettre la création à terme d’au moins 200 à 300 emplois. Un investissement prodigieux qui dépassera à terme les 8 milliards d’euros pour installer dans notre ville l’un des sites dédiés à l’Intelligence Artificielle les plus puissants de France et même d’Europe ! Avec cette nouvelle implantation, progressivement le site de l’ex usine « Bridgestone » se reconvertit et se transforme en parc d’entreprises clairement orienté vers l’économie circulaire mais également désormais vers les nouvelles technologies ! Un projet absolument titanesque qui constituera un atout incroyable pour notre ville !
https://www.facebook.com/pegibson62/pos ... 720069164/

ca avait été annoncé le 12 février 2026 :
https://www.latribune.fr/article/tech/2 ... -de-france

Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

par energy_isere » 13 oct. 2026, 10:50

Le projet de data center de Microsoft dans le Haut-Rhin franchit une nouvelle étape

AFP avec Connaissance des Énergies le 13 octobre 2026

Les élus de Mulhouse Alsace Agglomération ont approuvé en conseil lundi la déclaration d'intérêt général du projet de centre de données de Microsoft dans le Haut-Rhin, nouvelle étape dans ce projet à deux milliards d'euros contesté par des associations écologistes.

Un site de 36 hectares au bord du Rhin

Le conseil de Mulhouse Alsace Agglomération a approuvé la déclaration d’intérêt général du projet, qui doit permettre l’implantation du site à Petit-Landau et Hombourg, à l’est de Mulhouse. Le commissaire chargé de l’enquête publique avait rendu en août un avis favorable à la construction du centre. Cette enquête s’était déroulée du 1er juin au 3 juillet 2026 et portait sur le projet, les permis de construire et les autorisations environnementales nécessaires.

La validation par l’agglomération ne clôt pas la procédure administrative. Un avis favorable a aussi été délivré le 6 octobre par le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques, mais le projet doit encore obtenir l’arrêté préfectoral puis les permis de construire délivrés par Petit-Landau et Hombourg.

Microsoft prévoit un chantier à partir de 2029 sur un terrain d’environ 36 hectares situé au bord du Rhin, aujourd’hui exploité par des agriculteurs. Le dossier soumis à enquête publique décrit trois bâtiments dédiés aux équipements numériques, des espaces administratifs, des installations techniques et une sous-station électrique.

Une consommation électrique attendue de plus de 1 500 GWh par an

Le raccordement doit être assuré par RTE au moyen de deux nouvelles lignes souterraines à 225 000 volts depuis un poste électrique « Sud Alsace », selon le dossier public de la procédure. La Mission régionale d’autorité environnementale Grand Est a évalué en mars 2026 la consommation électrique du projet à plus de 1 500 GWh par an.

Dans le même avis, la MRAe Grand Est indiquait que cette consommation équivalait à la production du parc photovoltaïque du Grand Est en 2024 et à environ 80 % de la consommation électrique des ménages du Haut-Rhin. Elle relevait également que le projet relevait du régime des installations classées pour la protection de l’environnement et des statuts IED et Seveso, notamment en raison de 111 groupes électrogènes prévus pour le secours électrique.

Microsoft estime que le centre pourrait créer environ 200 emplois directs après sa mise en service. L’investissement annoncé atteint deux milliards d’euros.

Un collectif « IA pas moyen »

Avant la réunion du conseil d’agglomération, une trentaine de manifestants se sont réunis devant le parc des expositions de Mulhouse pour dénoncer le projet. Plusieurs associations environnementales alsaciennes, dont Alsace Nature et Stop Fessenheim, se sont regroupées dans le collectif « IA pas moyen ». Les opposants mettent en avant le résultat des contributions citoyennes à l’enquête publique, défavorables à 80 % selon eux. Ils redoutent principalement les effets environnementaux du futur centre, en particulier ses besoins en eau et en électricité.

L’avis favorable du commissaire enquêteur comportait une réserve sur les nuisances sonores. Microsoft devra mesurer le bruit après la mise en service du site et engager des mesures correctrices si le niveau constaté est jugé excessif.

L’essor mondial de l’IA augmente les besoins de calcul et accélère l’implantation de nouvelles infrastructures numériques, parfois contestées localement. L’Ademe a publié en janvier 2026 une étude de prospective consacrée à l’évolution de la consommation des data centers en France jusqu’en 2060 et l'agence a appelé en juillet 2026 à la vigilance sur les impacts environnementaux de l’IA générative.
1500 GWh par an ca fait 171 MW en moyenne.
https://www.connaissancedesenergies.org ... oft-261012

Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

par energy_isere » 09 oct. 2026, 23:12

Plus d’infos sur le projet de data centrer d’IA à 5 milliards € sur la future Zac de Paris-Villaroche

8 octobre 2026 Yves Grandmontagne

On en sait un peu plus sur le projet de data center dédié à l’IA et au calcul haute performance de Verne Data Centers. Il va s’installer sur la future ZAC Paris‑Villaroche à Réau (Seine‑et‑Marne), sur 38 hectares réservés au sein d’une zone d’aménagement de 150 hectares, avec une mise en service visée à l’horizon 2031.

Porté par la société Verne, le site devrait comprendre quatre bâtiments et employer près de 300 personnes, dans un projet annoncé comme « d’ampleur nationale » et adossé à des fonds français et européens pour renforcer la souveraineté numérique.

L’annonce, faite lors de la première réunion de concertation fin septembre 2026, a immédiatement cristallisé les tensions : élus et habitants pointent l’artificialisation de terres agricoles, les risques de nuisances (trafic, chaleur) et s’interrogent sur la pertinence d’ajouter un nouveau site alors que d’autres data centers sont déjà en développement à quelques kilomètres, notamment à Fouju.

Pour rassurer, Grand Paris Sud met en avant une doctrine stricte (pas de prélèvement d’eau dans la nappe ou la Seine pour le refroidissement, énergie excédentaire mise à disposition des autres industriels, critères de sobriété) et assure que le projet, adossé à un investisseur européen, s’inscrit dans une logique de réindustrialisation et de souveraineté.

Reste que la concertation, qui court jusqu’au 3 novembre, devra trancher un arbitrage sensible entre développement économique, contraintes environnementales et acceptabilité locale, dans un contexte national où les demandes de raccordement de data centers explosent (près de 16 GW identifiés par RTE, contre 5 GW fin 2024).
https://dcmag.fr/un-data-centrer-dia-a- ... illaroche/

Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

par energy_isere » 09 oct. 2026, 14:35

Les centres de données ont perdu leur légitimité sociale” : après l’Irlande, au tour de l’Écosse de bannir les datacenters. Bientôt la France ?

Corentin Bechade Publié le 09/10/26

En Écosse, le projet de construire le deuxième plus gros centre de données au monde a mis le feu aux poudres et vient d’encourager l’adoption d’un moratoire d’un an sur l’installation de nouveau hangar à données dans le pays.

Devenue une terre d’accueil privilégié par les géants du Net, l’Écosse vient de mettre un sérieux frein au développement de l’IA dans le pays. Le gouvernement local vient de faire passer une loi suspendant pendant au moins 12 mois l’installation de nouveau centre de données dans le pays, autant pour des raisons pratiques, qu’écologiques et politiques note Euronews. Le but de cette suspension temporaire est d’établir de nouvelles règles d’urbanisme, mais aussi de laisser au public le loisir de débattre et d’interroger les priorités du pays en termes d’électrification propre et de dépense d’énergie. En parallèle, les centres de données dont la demande en électricité dépasse les 50 mégawatts, soit la plupart des "hyperscalers" modernes pensés pour l’IA, feront également l’objet d’évaluation d’impact environnemental obligatoire.

Une question d'énergie

Plus de 20 nouveaux projets de centres de données ont en effet été soumis à l’approbation des autorités écossaises, dont un dans la région côtière du Fife, qui est présenté comme "le second plus gros data center au monde". De quoi brusquer la population locale et la représentation nationale. "Les 24 premiers projets à eux seuls consommeraient une fois et demie plus d’électricité que la consommation électrique maximale de l’Écosse", souligne Patrick Harvie du parti écologiste "Un projet d’une telle ampleur est simplement irréaliste". Selon l’élu, l’électricité disponible devrait plutôt aller décarboner le secteur des transports et du chauffage.

Confronté à une possible utilisation de la fusion nucléaire pour alimenter ces superstructures, le rapporteur du texte a balayé cette possibilité de la main en expliquant que cela ne deviendrait pas une réalité "avant quelques décennies". Si le débat s’articule assez nettement autour des besoins en électricité de ces installations, plusieurs interventions parlementaires ont également souligné l’importance de "préserver les terres agricoles et la beauté des espaces naturels" du pays, tout comme les craintes concernant le bruit et la pollution de l’air se sont aussi fait entendre.

Selon Patrick Harvie, l’idée n’est pas d’interdire purement et simplement le centre de données du pays, mais de penser intelligemment un système qui permettra de répondre à leurs besoins en électricité sans sacrifier la transition écologique. Il n’est pas question "d’être contre la technologie, mais contre un vide juridique" sur l’implémentation des centres de données. "Les habitants veulent savoir ce que ces projets impliqueront pour eux, leur environnement, leurs routes, leur consommation d’eau, leur électricité et leurs communautés", appuie une députée de l'autre bord de l'hémicycle. .

Et en France ?

Derrière la question de l’énergie, c’est pourtant bien des questions politiques plus matérielles qui s’imposent dans le débat outre-Manche. Les interrogations sur les retombées économiques de ces projets sont notamment prégnantes. "L’Écosse va-t-elle simplement céder ses terres, son eau et son énergie aux plus riches entreprises de la planète, ou allons-nous mettre en place un modèle écossais dans lequel les communautés qui fournissent ces ressources en bénéficieront directement", interroge une parlementaire. Un autre résume plus abruptement le débat en affirmant que "les centres de données dédiés à l’IA ont perdu leur légitimité sociale".L’Écosse suit là l’exemple de l’Irlande, qui a également signalé son intention de réduire la voilure sur l’installation de centre de données sur son territoire. La France, elle, est dans une position inverse. Riche de son électricité nucléaire décarbonée, le pays souhaite faire des centres de données des "projets d’intérêt national majeurs" (PINM) leur épargnant justement les évaluations environnementales habituellement obligatoires pour ce genre de projets.Le député de la Somme François Ruffin a tout de même déposé ce 8 octobre 2026 une proposition de moratoire de cinq ans sur les centres de données "non souverains" appelant à "un temps de réflexion et de démocratie" pour éviter la "colonisation numérique" par le GAFAM. "On est en train de laisser notre énergie se faire capter par les géants de la tech, qui ne travaillent pas dans notre intérêt" expliquait Cyrielle Chatelain, présidente du groupe Écologiste à l'Assemblée nationale et soutien du projet, à Libération.

À l’heure où la contestation gronde en Indre, en Seine-et-Marne et dans d’autres coins de l’Hexagone, le débat se concentre autour de la question de l’énergie, de la répartition des ressources et de la souveraineté en oubliant souvent celles autour de l’acceptabilité sociale, de la consultation citoyenne et de la démocratie. Dans la Drôme et en Saine-Saint-Denis, pourtant, des mobilisations ont permis d’amener ces affaires devant les tribunaux qui ont déjà suspendu des permis de construire pour des centres de données.
https://www.lesnumeriques.com/societe-n ... 63002.html

Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

par energy_isere » 30 sept. 2026, 22:19

Près de Caen, 200 emplois annoncés avec la création d’un data center et d’un campus industriel high-tech dédié à l’IA
La société française Sepia Infrastructure indique dans un communiqué de presse, ce mercredi 30 septembre 2026, que la création d’un data center et d’un campus industriel high-tech dédié à l’IA, « devrait créer plus de 200 emplois directs ou indirects », à Cagny, près de Caen (Calvados).

Ouest-France Claude Maine Publié le 30/09/2026

La société française Sepia Infrastructure a annoncé, en février 2026, reconvertir l’usine Saint-Louis Sucre fermée depuis 2020 à Cagny, près de Caen (Calvados), en un campus technologique hybride, associant infrastructures numériques et réindustrialisation locale. En septembre 2026, une promesse de vente a été signée entre le groupe Südzucker, propriétaire du site à Cagny, et Sepia infrastructure.

Les choses avancent et Sepia Infrastructure indique, dans un communiqué de presse, que ce projet devrait créer plus de 200 emplois directs et indirects,

« Réutiliser la chaleur fatale »

Sepia Infrastructure développe des campus industriels à faible émission de carbone. Elle indique vouloir implanter à Cagny un centre de données (data center), une plateforme d’innovation, servant de laboratoire grandeur nature pour les scale-up industrielles (start-up devenues entreprises matures), et de développer notamment la réutilisation de la chaleur fatale (chaleur souvent rejetée sans être utilisée) pour alimenter des serres et les systèmes de chauffage environnants.

Projets culturels et sociaux

Des activités culturelles et sociales, renforçant le lien entre le campus et la population, et des projets en collaboration avec des acteurs de l’éducation dans la région de Caen sont aussi annoncés.
https://www.ouest-france.fr/high-tech/p ... ea3020cab7

Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

par energy_isere » 29 sept. 2026, 00:07

L'ESA choisit le Français OVHcloud et le Canadien CGI pour héberger ses 500 pétaoctets de données spatiales

Par Alexandre Boero Publié le 28 septembre 2026 à

OVHcloud et CGI ont remporté un contrat de plusieurs millions d'euros auprès de l'Agence spatiale européenne (ESA). Les deux groupes vont participer à la construction de Digital EO, une infrastructure numérique dédiée aux données d'observation de la Terre.
...............................................
lire https://www.clubic.com/actualite-631501 ... iales.html

Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

par energy_isere » 28 sept. 2026, 23:47

10.000 dollars par foyer : aux États-Unis, une entreprise promet un jackpot pour faire accepter un projet de data center

Par Martin Hézode Publié le 28/09/2026

L’expression «acheter la paix sociale» aura rarement eu une illustration aussi éloquente. Aux États-Unis, en Pennsylvanie, la société spécialisée dans la construction de data centers NorthPoint Development a annoncé qu’elle verserait 10.000 dollars à chaque foyer de Hazle Township, afin de convaincre les habitants d’accepter la construction d’une installation de près de 526 hectares, qui avait suscité la fronde de plusieurs résidents.
.....................................
lire https://www.lefigaro.fr/secteur/high-te ... r-20260928

Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

par energy_isere » 27 sept. 2026, 20:03

Data centers : faut-il aussi ralentir ? | Europe l'Hebdo | ARTE vidéo 10 mn https://www.youtube.com/watch?v=yIJgyO4b-v0


ARTE
40 644 vues 25 sept. 2026 #cloud #technologie #arte
Disponible jusqu'au 23/12/2026

Les data centers abritent des milliers de serveurs pour stocker, traiter et sécuriser les données d'internet et de l'IA. Mais leur expansion interroge, car ils accaparent le foncier, l'énergie et les ressources en eau. Avec le développement de l'IA, les nouveaux projets de data centers sont toujours plus gigantesques. Un peu partout en Europe, des manifestations ont lieu pour empêcher leur construction. Mais peut-on réellement s'en passer ?
#cloud #technologie #arte

Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

par energy_isere » 23 sept. 2026, 11:29

Data centers : Alibaba va encore s'étendre en Europe et au Moyen-Orient

Par Guillaume Paul Publié le 23/09/2026 Boursier.com

Alibaba n'entend pas laisser le champ libre à ses concurrents. Et annonce la création de nouveaux data centers et l'extension de structures déjà existantes. Le groupe a notamment annoncé ce mercredi qu'il allait " implanter ses premières régions cloud " (informatique à distance) en Finlande, aux Pays-Bas et en Turquie. Il va en parallèle renforcer ceux déjà présents en France, en Allemagne. Mais d'autres extensions sont prévues au-delà de l'Europe, que ce soit aux Emirats arabes unis, en Malaisie et à Hong Kong. Tout cela d'ici les 12 prochains mois.

Notre objectif est que, d'ici 2032, la capacité mondiale des centres de données exploités par Alibaba Cloud dépasse 20 GW, afin de répondre à la demande d'IA du secteur, qui augmente de manière exponentielle, a déclaré Eddie Wu, le directeur général d'Alibaba.

En quête de croissance, Alibaba, qui se pose en concurrent direct des américains Alphabet et Amazon, se doit donc d'aller occuper le terrain ailleurs que sur le seul continent asiatique. Le groupe a annoncé l'an dernier un plan d'investissement de 53 milliards de dollars sur trois ans dédié à l'IA, et a depuis indiqué que ses dépenses d'investissement continueraient d'augmenter.
........................
https://www.boursier.com/actualites/eco ... 55251.html

Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

par energy_isere » 21 sept. 2026, 22:46

L’Union européenne prépare une étiquette environnementale pour les data centers

AFP avec Connaissance des Énergies Mis à jour le 21 septembre 2026

Bruxelles a présenté lundi 21 septembre une notation environnementale des data centers, pour encadrer des infrastructures dopées par l’intelligence artificielle et critiquées.

Une « label de durabilité » à partir de 2027

La Commission européenne a présenté un règlement délégué établissant un « label de durabilité » destiné aux centres de données à compter de 2027. Le dispositif restera soumis à l’approbation du Parlement européen et des États membres et s’appliquerait aux installations dont la puissance dépasse 500 kW.

La notation reprendrait une logique proche des étiquettes énergétiques des appareils électroménagers, avec des classes de A à G et un code couleur allant du vert au rouge. Bruxelles veut fournir une information comparable sur l’utilisation effective des ressources, en particulier l’électricité et l’eau.

Le système doit aussi intégrer la contribution des sites au système électrique, notamment leur capacité à valoriser la chaleur fatale produite par les serveurs. La Commission inclut dans ce périmètre l’efficacité énergétique, l’efficacité hydrique, l’usage d’électricité bas-carbone, la réutilisation de chaleur et les flexibilités apportées au réseau.

La demande liée à l’IA pèse sur les réseaux

L’Union européenne vise un triplement de sa capacité de centres de données dans les sept prochaines années afin d’accompagner l’essor des usages numériques et de l’intelligence artificielle. Cette trajectoire alimente des critiques sur la consommation électrique, les prélèvements d’eau nécessaires au refroidissement et l’artificialisation des sols. Selon l’Agence internationale de l’énergie, les centres de données de l’UE ont consommé environ 68 TWh d’électricité en 2024. Sous l’effet de la croissance de l’IA et des services numériques, cette demande pourrait atteindre 114 TWh en 2030, soit plus de 3 % de la consommation électrique totale de l’Union européenne.

À l’échelle mondiale, la Commission rappelle, sur la base des données de l’AIE, que les centres de données représentaient environ 415 TWh en 2024, soit près de 1,5 % de la consommation annuelle d’électricité. Le scénario central de l’AIE prévoit un niveau voisin de 945 TWh en 2030, avec une hausse tirée par le calcul accéléré utilisé pour les modèles d’IA.

La vice-présidente de la Commission européenne chargée de la Transition propre, juste et compétitive, Teresa Ribera, a résumé l’enjeu ainsi : « Tripler notre capacité de centres de données ne peut pas signifier tripler la pression sur nos réseaux électriques, nos ressources en eau et nos factures d’énergie ». Selon elle, « Tout commence par la transparence: évaluer les grands centres de données en fonction de leur impact sur notre système énergétique ».

Une réponse à la controverse sur la transparence

La proposition arrive après une polémique déclenchée au printemps. En avril, le collectif Investigate Europe avait reproché à Bruxelles d’avoir repris « presque mot pour mot » des demandes formulées par Microsoft et par de grands acteurs technologiques dans une loi de 2024 encadrant la publication des données environnementales du secteur.

Cette réglementation prévoit que seules des statistiques nationales agrégées soient rendues publiques, sans publication détaillée de l’empreinte de chaque installation. La Commission européenne avait contesté l’accusation et souligné que la loi sur l’efficacité énergétique précise que les données relevant du secret des affaires ne sont pas incluses dans les informations rendues publiques.

Bruxelles avait alors annoncé la mise en place d’un système de notation fondé sur des « étiquettes de performance ». Le nouveau cadre doit compléter la base européenne de déclaration des données relatives à la performance énergétique et à l’empreinte hydrique des centres de données.

La pression sur les réseaux électriques n’est pas limitée à l’Europe. Aux États-Unis, les projets de construction de centres de données sont devenus un sujet de crispation politique à l’approche des élections législatives de mi-mandat prévues en novembre 2026.
https://www.connaissancedesenergies.org ... nce-260921

Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

par energy_isere » 21 sept. 2026, 21:18

Orange et Morrison annoncent un projet de création de coentreprise de data centers pour renforcer la souveraineté numérique de l'Europe

Publié le 27 juillet 2026

Orange et la société d'investissement spécialisée en infrastructure Morrison annoncent aujourd'hui la signature d'un accord d'exclusivité en vue de créer une coentreprise de data centers, implantée en France. Co-contrôlée par les deux partenaires, cette coentreprise soutiendrait le développement et la montée en puissance des data centers d'Orange en France, avec une capacité cible de 400 MW, soit près de dix fois la capacité actuelle.

Dans le cadre de ce projet, Orange apporterait à la future coentreprise cinq data centers majeurs répartis sur quatre campus en France (Chevilly-Larue, Aubervilliers, Chartres et Val-de-Reuil) ainsi que son expertise opérationnelle et sa capacité de déploiement commercial. De son coté, Morrison apporterait son expérience reconnue en matière d'investissement dans les infrastructures et les data centers et mobiliserait des capitaux pour soutenir la croissance de la plateforme, dans le cadre de sa stratégie mondiale de création de valeur. La coentreprise s'appuierait sur un programme d'investissement de 3 milliards d'euros, en mettant à profit les actifs existants d'Orange, l'apport en fonds propres de Morrison et de la dette.

La structure cible envisagée repose sur la constitution par Orange et Morrison d'une coentreprise qui serait consolidée selon la méthode de mise en équivalence à la réalisation de l'opération. Ce partenariat permettrait aux deux actionnaires de conjuguer leurs expertises industrielles et commerciales afin d'accélérer le déploiement de nouvelles capacités et de répondre aux besoins croissants du marché.
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https://www.orange.com/fr/communiques/o ... ope-486244

repris dans un article futura-science le 21 septembre 2026
https://www.futura-sciences.com/tech/ac ... ne-137697/

Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

par energy_isere » 20 sept. 2026, 00:06

La fronde s'organise contre le projet de centre de données Google près de Châteauroux

AFP •18/09/2026

Google envisage d'implanter près de Châteauroux son premier centre de données en France, mais la contestation monte en puissance localement face à l'impact environnemental et paysager du projet.

Dans une zone d'activités d'Étrechet (Indre), le géant américain des technologies souhaite faire construire sur 195 hectares huit à dix bâtiments remplis de serveurs informatiques pour stocker les précieuses données numériques. A la clé, la perspective de créer plus d'un millier d'emplois.

Le projet est défendu par de nombreux élus. Mais, mardi, en signe de protestation, la maire sans étiquette d'Étrechet, Florence Laurent, a annoncé sa démission, de même que ses trois adjoints et une conseillère municipale.

La mise en service d'un premier bâtiment avec un raccordement au réseau électrique est envisagée à partir de 2028-2029, selon les éléments présentés par la Commission nationale du débat public (CNDP).

Le projet ne se limite pas aux bâtiments. Leur alimentation électrique nécessite d'importants travaux, avec des liaisons souterraines à 225.000 volts et, à terme, deux lignes aériennes de 400.000 volts sur plus de dix kilomètres.

Le chantier n'a pas encore démarré et les accès au site sont barrés par des blocs de béton.

Mme Laurent s'inquiète du risque de dévalorisation des habitations riveraines. Elle dénonce des "nuisances visuelles" et des risques environnementaux. Se disant en "désaccord sur la prise en compte des avis", elle estime que "différents éléments méritaient un engagement précis de la part des porteurs de projet".

Pétition

Les opposants dénoncent aussi l'emprise foncière sur des terres agricoles, et la consommation d'un tel site en eau et en électricité. Ils redoutent également les nuisances liées à un chantier qui doit s'étaler sur plusieurs années.

Ces inquiétudes sont partagées par plusieurs groupements de citoyens. "Non au méga centre de données de Google à Châteauroux!", proclame une pétition lancée par le collectif "Ozans dire non" qui a déjà recueilli près de 16.000 signatures pour réclamer l'abandon du projet.

Le maire de Châteauroux, Gil Avérous (divers droite), défend lui l'implantation du centre de données qu'il considère comme une opportunité économique pour ce territoire à forte dominante agricole.

Sur les 14 communes de l'agglomération, "13 sont favorables" au projet, explique-t-il à l'AFP. Il souligne avoir été réélu avec le projet de Google "au centre de son programme".

"Cela représente une manne d'emplois très conséquente: l'objectif est, à terme, de créer 1.200 emplois permanents directs", affirme Gil Avérous.

Dans un communiqué commun publié en juin 2025, la préfecture de l'Indre et le département estimaient que les retombées du projet en matière de développement seraient "très importantes", tant pendant la phase de construction, qui doit durer entre dix et quinze ans, que durant l'exploitation future du centre.

Pour justifier le choix de Châteauroux, M. Avérous cite notamment les caractéristiques géologiques du site ainsi que les possibilités de raccordement électrique.

L'édile promet que le système de refroidissement du futur site ne sera chargé en eau "qu'une seule fois" avant de fonctionner en circuit fermé de manière autonome.

Contacté par l'AFP, Google France n'a pas souhaité faire de commentaire ni donner plus de détails à ce stade.

"Il y a des interrogations et il faut qu'on y apporte des réponses claires, fermes et engageantes", reconnaît Gil Avérous.

La concertation préalable organisée sous l'égide de la Commission nationale du débat public doit se tenir en novembre et décembre, avec Google et RTE comme responsables des projets, a indiqué la préfecture à l'AFP.
https://www.boursorama.com/actualite-ec ... 6ab36f3f2e

Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

par energy_isere » 09 sept. 2026, 22:39

Souveraineté numérique : Face à la ruée vers les data centers géants, le marseillais Phocea DC mise sur des infrastructures edge de quelques mégawatts

Alors que la France déroule le tapis rouge aux projets de méga data centers, Phocea DC défend une autre voie. L’opérateur marseillais veut bâtir un réseau de sites edge de quelques mégawatts, intégrés au tissu urbain et capables de valoriser leur chaleur auprès des habitants. Son fondateur Damien Desanti présente ce modèle comme un complément aux grands campus hyperscale et plaide pour une meilleure prise en compte de ces acteurs locaux dans les politiques publiques.

Alice Vitard Publié le 9 septembre 2026
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lire https://www.usine-digitale.fr/informati ... 6VFJQ.html

Re: serveurs informatiques 77 milliards de kilowattsheures/an

par energy_isere » 05 sept. 2026, 10:33

«Un retournement de veste pathétique» à quelques semaines des élections de mi-mandat : au Texas, les républicains s’opposent aux datacenters après les avoir soutenus

Au Texas comme ailleurs aux Etats-Unis, les républicains s’éloignent de la ligne pro-IA de Donald Trump et demandent de la fermeté contre les datacenters.

Publié le 5 septembre 2026

Il y a moins d’un an encore, le gouverneur républicain du Texas Greg Abbott rendait hommage à son Etat, qualifié d’«épicentre du développement de l’intelligence artificielle (IA)». Désormais, alors qu’il est candidat à sa réélection, l’élu appelle à des mesures de fermeté contre les datacenters, et il n’est pas le seul. A travers le pays, les membres du «Grand Old Party» s’éloignent de la ligne pro-IA du président Donald Trump, alors que les élus démocrates surfent sur une vague d’opposition aux datacenters à quelques semaines des élections de mi-mandat en novembre.

Des candidats républicains d’au moins cinq Etats, dont le Michigan, le Wisconsin et la Pennsylvanie, ont adopté un discours plus critique vis-à-vis des datacenters, proposant même des restrictions sur leur développement et créant une ligne de rupture dans le parti. Ce débat «oppose les instincts de relance économique et la volonté de battre la Chine dans la course à l’IA à une réaction populiste liée au pouvoir d’achat», selon Brad Dayspring, stratège républicain chez Purple Strategies.

Le changement de ton est net au Texas, cet Etat conservateur, riche en pétrole et qui s’est réinventé ces dernières années pour devenir un haut-lieu de la tech. Des terres immenses et une réglementation favorable aux entreprises ont attiré les géants de la tech comme SpaxeX d’Elon Musk et Oracle.

Même dans cet Etat frontalier avec le Mexique, l’opinion publique s’est détournée des datacenters, accusés d’être énergivores en électricité et en eau, de pollution lumineuse et de ne pas générer assez de rentrées fiscales ou d’emplois pour justifier les aides locales. Seules 30% des personnes interrogées pour une étude d’opinion du Texas Politics Project en août soutenaient la présence des datacenters.

«Arriérés et pauvres»

Les géants du secteur essaient de contrer le scepticisme ambiant en dépensant plus de 300 millions de dollars avant les élections de mi-mandat, selon des registres électoraux, des déclarations d’entreprises et de comités, dans une campagne de séduction auprès du grand public.

Greg Abbott appelle à mettre en place de nouvelles régulations, demande la suppression des avantages fiscaux pour la construction de datacenters et des restrictions sur leurs développements en zone rurale. Un audit d’Etat qu’il a appelé de ses voeux le 3 août a de fait suspendu les autorisations de nouveaux raccordements au réseau électrique. Le procureur général républicain Ken Paxton, impliqué dans une élection sénatoriale serrée, a également haussé le ton contre l’IA, dévoilant le mois dernier un projet qui permettra aux Etats-Unis de rester compétitifs tout en stoppant l’«impact négatif des datacenters», selon son équipe de campagne.

La volte-face de Greg Abbott et Ken Paxton les place en position délicate vis-à-vis du président républicain Donald Trump. Ce dernier a averti dans une publication sur son réseau Truth Social que ceux qui combattent les datacenters risqueraient de terminer «arriérés et pauvres». Le Parti républicain minimise la fracture avec le locataire de la Maison blanche. «Nous allons conseiller à nos candidats de faire ce qui est le mieux pour eux et leurs communautés», explique Natalie Baldassarre, attachée de presse nationale du Comité national républicain. «Il ne s’agit pas d’une approche unique valable pour tous.»

Le combat de la saison électorale

Le Texas, l’un des marchés les plus porteurs pour les géants de la tech, abrite notamment le campus phare Stargate d’OpenAI à Abilene.

Autrefois, pour Ken Paxton, les datacenters étaient synonymes de création d’emplois et de croissance économique. En tant que sénateur du Texas, il a voté en 2013 en faveur d’un avantage fiscal qui a permis le développement des datacenters dans le Texas. En février, les conseillers locaux du comté de Hood ont sollicité l’avis de Ken Paxton afin de savoir s’ils disposaient de l’autorité légale nécessaire pour suspendre temporairement la construction de centres de données. Six mois plus tard, cette demande est toujours en attente, selon le site Internet du procureur général.

L’opposant démocrate James Talarico accuse Ken Paxton d’opportunisme politique. «Il a peur que ses liens avec les entreprises de datacenters lui fassent perdre l’élection, donc il tente un retournement de veste pathétique», a-t-il lancé dans un communiqué.

L’équipe de campagne du procureur général n’a pas répondu à ces critiques mais a accusé son rival d’avoir accepté l’argent des géants de la tech et d’avoir voté en faveur d’un allègement fiscal favorable aux datacenters lorsqu’il était sénateur de l’Etat du Texas en 2023. «C’est un hypocrite qui est acheté et payé par ses donateurs milliardaires des régions côtières», a tancé l’équipe de campagne de Ken Paxton.

Le fait que les deux candidats tentent de se présenter comme des populistes qui tiennent tête aux donateurs fortunés montre, selon les observateurs, à quel point la donne a changé. Les Républicains notamment, qui se sont longtemps présentés comme les défenseurs du monde de l’entreprise, reconnaissent qu’«il est important de mettre de la distance avec les entreprises de la tech derrière ces datacenters», fait remarquer David Karol, politologue à l’université du Maryland.

Opposée à Greg Abbott dans la course au poste de gouverneur, la démocrate Gina Hinojosa estime que les datacenters sont devenus «le combat de cette saison électorale». «Tout le monde sait que cette pause sur l’approbation de développements de nouveaux datacenters se termine le 4 novembre, au lendemain de l’élection», a-t-elle déclaré dans une interview.

Eduardo Leal, attaché de presse de la campagne d’Abbott, a déclaré dans un communiqué que le gouverneur «a donné pour consigne aux autorités de régulation texanes de veiller à ce que les centres de données ne prélèvent pas l’eau dont les collectivités ont besoin ni l’électricité nécessaire au réseau texan (...), de réduire les coûts d’électricité pour les consommateurs et de financer leurs propres infrastructures électriques».
https://www.usinenouvelle.com/electroni ... NEA7M.html

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