L'Arabie saoudite promet de risposter fermement aux attaques houthies
AFP •15/09/2026
L'Arabie saoudite a promis mardi de riposter avec "fermeté" après de nouvelles attaques des Houthis pro-iraniens du Yémen, qui poursuivent leur offensive pour consolider leur contrôle du stratégique détroit de Bab el-Mandeb.
Une réunion du conseil de sécurité des Nations Unies à New York est prévue à 15H00 (21H00 heure de Paris, 19H00 GMT) pour évoquer le sort de ce passage maritime clef, a appris l'AFP de sources diplomatiques. L'Arabie saoudite et le Yémen devraient intervenir, selon l'une de ces sources.
La défense civile saoudienne a émis dans la matinée plusieurs alertes de risque d'attaque, dont une pour la ville sainte de la Mecque, une première depuis le début du conflit régional déclenché fin février par l'attaque israélo-américaine sur l'Iran.
Les alertes, qui concernaient aussi notamment les environs de Jeddah, grande ville portuaire de l'ouest du royaume, et de Taëf, ont été rapidement levées.
Carte du Yémen montrant les zones contrôlées par les forces gouvernementales et les rebelles Houthis au 11 septembre 2026 selon le Sana'a Center. Les Houthis, soutenus par Téhéran, ont lancé une offensive de grande envergure contre les forces gouvernementales yéménites soutenues par Ryad ( AFP / Paz PIZARRO )
Le mouvement houthi a infligé ces derniers jours d'importants revers aux forces gouvernementales du Yémen et à leur allié saoudien, en s'emparant de tout le littoral yéménite donnant sur la mer Rouge, dont le détroit de Bab el-Mandeb.
Ce passage reliant l'Europe à l'Asie via la mer Rouge et le canal de Suez était déjà très emprunté pour le transport maritime avant la guerre au Moyen-Orient mais est devenu encore plus stratégique depuis que l'Iran verrouille le détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule arabique.
"Le monde souffre suffisamment"
Sa fermeture serait "catastrophique", a admis mardi le ministère qatari des Affaires étrangères.
"Le monde souffre suffisamment de la fermeture du détroit d'Ormuz", par lequel transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, "on ne peut donc pas se permettre d'ajouter Bab el-Mandeb à cette équation", a déclaré à la presse un responsable du ministère, Ibrahim al-Hashmi, appelant à la diplomatie et au dialogue.
Dans le détroit d'Ormuz, des navires tentant de passer sans l'autorisation de Téhéran sont régulièrement visés - l'un d'eux l'a encore été lundi, selon l'agence maritime britannique UKTMO.
L'Arabie saoudite se retrouve prise en tenaille, entre les attaques des Houthis et ses pétroliers désormais menacés dans les deux détroits. Et son oléoduc Est-Ouest, voie d'exportation de brut cruciale pour contourner le blocage d'Ormuz, est aussi à l'arrêt après des attaques de drones venues d'Irak selon les autorités saoudiennes.
Le royaume multiplie les contacts diplomatiques pour trouver une issue à la crise.
Le prince héritier Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto, a reçu lundi le chef du Commandement central américain pour le Moyen-Orient (Centcom) Brad Cooper, et doit rencontrer dans la journée en Egypte le président Abdel Fattah al-Sissi.
Le dirigeant saoudien "cherche des garanties que l'Egypte interviendra, si nécessaire, pour protéger Bab el-Mandeb", analyse Mirette Mabrouk, du Middle East Institute, basé à Washington.
Les Houthis ont encore ciblé massivement le sud de l'Arabie saoudite lundi, blessant 13 civils d'après Ryad, qui a riposté par une cinquantaine de frappes selon les Houthis, et promis "responsabilité et fermeté" face à ces attaques.
Le mouvement a aussi visé les infrastructures pétrolières de l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, faisant grimper les prix du pétrole au-dessus du seuil symbolique de 100 dollars.
Sur les marchés mardi, les investisseurs se montrent prudents et les prix du pétrole continuent à progresser : le cours du baril de Brent a encore augmenté de 2,44% mardi matin, atteignant 108,26 dollars.
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