par energy_isere » 29 août 2026, 16:30
Pétrole : pourquoi les réserves du Nigeria ne suffisent plus à convaincre les investisseurs
Agence Ecofin 24 aout 2026
Malgré ses importantes réserves d’hydrocarbures, le Nigeria doit désormais convaincre les investisseurs. Après trois années de réformes, Abuja doit démontrer que les conditions offertes sont durables et assez compétitives pour rivaliser avec les autres pays producteurs.
Avec 37 milliards de barils de réserves prouvées de pétrole et de condensats et 215,19 Tcf de gaz, le Nigeria dispose d’un potentiel considérable. Pourtant, son secteur des hydrocarbures sort de plusieurs années de sous-investissement, marquées par les vols de brut, l’insécurité, les incertitudes réglementaires, les retards administratifs et la hausse des coûts d’exploitation.
C’est dans ce contexte que le plus grand syndicat de travailleurs du secteur (PENGASSAN) a lancé sa mise en garde. Dans un communiqué publié vendredi 21 août, à l’issue de son 5e Energy and Labour Summit, tenu du 19 au 21 août à Abuja, le syndicat a estimé que le Nigeria ne peut plus compter sur l’ampleur de ses réserves pour attirer les capitaux. Le pays doit rester compétitif face aux autres juridictions productrices en proposant une fiscalité et des conditions commerciales attractives, davantage de sécurité, une réglementation prévisible et une exécution efficace des projets.
Depuis 2023, l’administration de Bola Tinubu s’emploie précisément à corriger ces handicaps. Elle a accéléré l’application du Code pétrolier de 2021, simplifié certaines procédures, réduit les délais administratifs et introduit de nouvelles incitations pour l’offshore. La lutte contre les vols de brut a également été renforcée.
Les premiers résultats sont visibles. La production de brut et de condensats a atteint 1,56 million de barils récemment, son plus haut niveau depuis avril 2020. Le régulateur de l’amont (NUPRC) affirme aussi avoir approuvé plus de 57 milliards de dollars de plans de développement de champs depuis 2024.
Le retour du forage d’ExxonMobil après près de dix ans illustre cette amélioration. Le groupe et ses partenaires ont annoncé en juillet un investissement d’un milliard de dollars dans Usan Infill, qui doit ajouter jusqu’à 40 000 barils par jour. Le programme s’appuie sur un champ producteur et des infrastructures existantes, limitant ainsi les délais de développement.
Un Nigeria désormais en concurrence pour les capitaux
Ces progrès ne règlent toutefois pas le problème de fond. Le Nigeria ne cherche pas des capitaux dans un marché qui lui serait acquis. Il doit les disputer à d’autres pays producteurs qui cherchent eux aussi à attirer les investissements internationaux.
Ses réserves restent donc un atout, mais ne constituent plus à elles seules un argument suffisant. Les compagnies arbitrent entre différentes juridictions selon la fiscalité, la sécurité, la stabilité des règles, les délais d’autorisation, les coûts et la capacité à mener les projets jusqu’à la production.
Cette compétition est particulièrement forte dans l’offshore profond, où les développements nécessitent plusieurs milliards de dollars et des cycles longs. Bonga South West Aparo l’illustre : le projet de Shell et de ses partenaires, évalué à environ 20 milliards de dollars, est resté en suspens pendant plus d’une décennie. Une décision finale d’investissement est désormais visée pour 2027.
Abuja veut limiter ces incertitudes avec le nouveau cadre fiscal et réglementaire approuvé le 11 août pour les projets pétroliers et gaziers en eaux profondes. Il doit remplacer les négociations propres à chaque projet par des règles établies à l’avance et pourrait contribuer à attirer jusqu’à 50 milliards de dollars d’investissements offshore d’ici 2030. Le NUPRC estime que 22 projets pourraient mobiliser entre 30 et 50 milliards de dollars sur cette période.
La stabilité devient aussi importante que les incitations
Pour PENGASSAN, l’enjeu est maintenant de rendre les réformes durables. Le syndicat demande que les récents décrets présidentiels destinés à améliorer les conditions d’investissement soient transmis à l’Assemblée nationale afin d’amender le Code pétrolier.
Une incitation peut améliorer la rentabilité d’un projet, mais un investissement de plusieurs milliards de dollars exige une visibilité sur plusieurs années. PENGASSAN réclame donc une plus grande stabilité fiscale et réglementaire, une consultation des acteurs avant les changements majeurs, des procédures plus rapides et de meilleures infrastructures, tout en réduisant les risques liés à la sécurité.
Le même défi concerne le gaz. Le Nigeria peine encore à transformer ses immenses réserves en valeur industrielle, notamment faute d’infrastructures, de débouchés bancables et de clients solvables. PENGASSAN appelle à développer le traitement, les pipelines, le stockage et les infrastructures du GNL, du GPL et du GNC, ainsi que les usages du gaz dans l’électricité, l’industrie, les transports, les engrais et la pétrochimie.
Le syndicat défend aussi le développement du raffinage local et la protection des investissements dans les raffineries comme celle de Dangote, ainsi qu’une plus grande transformation dans la pétrochimie et le traitement du gaz.
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[quote] [b][size=110]Pétrole : pourquoi les réserves du Nigeria ne suffisent plus à convaincre les investisseurs[/size][/b]
Agence Ecofin 24 aout 2026
[b] Malgré ses importantes réserves d’hydrocarbures, le Nigeria doit désormais convaincre les investisseurs. Après trois années de réformes, Abuja doit démontrer que les conditions offertes sont durables et assez compétitives pour rivaliser avec les autres pays producteurs.[/b]
Avec 37 milliards de barils de réserves prouvées de pétrole et de condensats et 215,19 Tcf de gaz, le Nigeria dispose d’un potentiel considérable. Pourtant, son secteur des hydrocarbures sort de plusieurs années de sous-investissement, marquées par les vols de brut, l’insécurité, les incertitudes réglementaires, les retards administratifs et la hausse des coûts d’exploitation.
C’est dans ce contexte que le plus grand syndicat de travailleurs du secteur (PENGASSAN) a lancé sa mise en garde. Dans un communiqué publié vendredi 21 août, à l’issue de son 5e Energy and Labour Summit, tenu du 19 au 21 août à Abuja, le syndicat a estimé que le Nigeria ne peut plus compter sur l’ampleur de ses réserves pour attirer les capitaux. Le pays doit rester compétitif face aux autres juridictions productrices en proposant une fiscalité et des conditions commerciales attractives, davantage de sécurité, une réglementation prévisible et une exécution efficace des projets.
Depuis 2023, l’administration de Bola Tinubu s’emploie précisément à corriger ces handicaps. Elle a accéléré l’application du Code pétrolier de 2021, simplifié certaines procédures, réduit les délais administratifs et introduit de nouvelles incitations pour l’offshore. La lutte contre les vols de brut a également été renforcée.
Les premiers résultats sont visibles. [color=#FF0000]La production de brut et de condensats a atteint 1,56 million de barils récemment, son plus haut niveau depuis avril 2020[/color]. Le régulateur de l’amont (NUPRC) affirme aussi avoir approuvé plus de 57 milliards de dollars de plans de développement de champs depuis 2024.
Le retour du forage d’ExxonMobil après près de dix ans illustre cette amélioration. Le groupe et ses partenaires ont annoncé en juillet un investissement d’un milliard de dollars dans Usan Infill, qui doit ajouter jusqu’à 40 000 barils par jour. Le programme s’appuie sur un champ producteur et des infrastructures existantes, limitant ainsi les délais de développement.
[b]Un Nigeria désormais en concurrence pour les capitaux[/b]
Ces progrès ne règlent toutefois pas le problème de fond. Le Nigeria ne cherche pas des capitaux dans un marché qui lui serait acquis. Il doit les disputer à d’autres pays producteurs qui cherchent eux aussi à attirer les investissements internationaux.
Ses réserves restent donc un atout, mais ne constituent plus à elles seules un argument suffisant. Les compagnies arbitrent entre différentes juridictions selon la fiscalité, la sécurité, la stabilité des règles, les délais d’autorisation, les coûts et la capacité à mener les projets jusqu’à la production.
Cette compétition est particulièrement forte dans l’offshore profond, où les développements nécessitent plusieurs milliards de dollars et des cycles longs. Bonga South West Aparo l’illustre : le projet de Shell et de ses partenaires, évalué à environ 20 milliards de dollars, est resté en suspens pendant plus d’une décennie. Une décision finale d’investissement est désormais visée pour 2027.
Abuja veut limiter ces incertitudes avec le nouveau cadre fiscal et réglementaire approuvé le 11 août pour les projets pétroliers et gaziers en eaux profondes. Il doit remplacer les négociations propres à chaque projet par des règles établies à l’avance et pourrait contribuer à attirer jusqu’à 50 milliards de dollars d’investissements offshore d’ici 2030. Le NUPRC estime que 22 projets pourraient mobiliser entre 30 et 50 milliards de dollars sur cette période.
[b]La stabilité devient aussi importante que les incitations[/b]
Pour PENGASSAN, l’enjeu est maintenant de rendre les réformes durables. Le syndicat demande que les récents décrets présidentiels destinés à améliorer les conditions d’investissement soient transmis à l’Assemblée nationale afin d’amender le Code pétrolier.
Une incitation peut améliorer la rentabilité d’un projet, mais un investissement de plusieurs milliards de dollars exige une visibilité sur plusieurs années. PENGASSAN réclame donc une plus grande stabilité fiscale et réglementaire, une consultation des acteurs avant les changements majeurs, des procédures plus rapides et de meilleures infrastructures, tout en réduisant les risques liés à la sécurité.
Le même défi concerne le gaz. Le Nigeria peine encore à transformer ses immenses réserves en valeur industrielle, notamment faute d’infrastructures, de débouchés bancables et de clients solvables. PENGASSAN appelle à développer le traitement, les pipelines, le stockage et les infrastructures du GNL, du GPL et du GNC, ainsi que les usages du gaz dans l’électricité, l’industrie, les transports, les engrais et la pétrochimie.
Le syndicat défend aussi le développement du raffinage local et la protection des investissements dans les raffineries comme celle de Dangote, ainsi qu’une plus grande transformation dans la pétrochimie et le traitement du gaz.
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