par energy_isere » Hier, 12:07
en relation avec le post au dessus.
Kabanga : un mégaprojet de nickel courtisé par Washington, la Tanzanie négocie
Agence Ecofin 24 aout 2026
Présenté comme le plus grand gisement de sulfures de nickel à un stade de développement avancé, Kabanga devrait également produire du cobalt et du cuivre. Un potentiel en minerais critiques qui renforce l’intérêt des investisseurs autour du projet, dont l’État tanzanien détient 16 % du capital.
En Tanzanie, la société d’investissement Orion CMC, soutenue par les États-Unis, envisagerait d’investir environ 500 millions USD pour acquérir une participation dans le projet de nickel Kabanga. Encore non confirmée, l’information rapportée jeudi 20 août par Bloomberg, qui cite des sources proches du dossier, vient renforcer les signaux déjà existants de l’intérêt américain pour cet actif. Mais derrière ces ambitions se dessinent aussi les attentes de l’État tanzanien, dont les discussions avec l’opérateur Lifezone Metals sur le modèle financier du projet conditionnent désormais en partie l’avancement.
Une étape décisive encore à franchir
D’un coût de construction estimé à 942 millions USD, Kabanga est présenté par Lifezone Metals comme le plus grand gisement de sulfures de nickel au monde prêt à être développé. La société en contrôle 84 %, contre 16 % pour l’État tanzanien, conformément à un accord-cadre signé par les deux parties en 2021. C’est ce dispositif qui fait actuellement l’objet de discussions en vue de sa modification, notamment pour préciser « les détails du concept de mise en œuvre par étapes et du modèle financier conjoint, afin de définir le partage des avantages fiscaux », indiquait Lifezone en avril.
Seulement, malgré les annonces répétées faisant état de la poursuite des pourparlers, aucune avancée n’a été rapportée. À défaut, le calendrier semble même commencer à patiner. Dans un rapport publié fin juillet, la compagnie reconnaissait que les négociations avaient « progressé plus lentement que prévu ». Une communication intervenue pourtant après une réunion tenue début juin entre la direction de Lifezone et les autorités tanzaniennes, en présence de la présidente Samia Suluhu Hassan. Si les ajustements souhaités n’ont, à ce stade, pas été clairement détaillés, cette situation affecte déjà le calendrier du projet. La décision finale d’investissement (FID) est désormais attendue au premier trimestre 2027, contre une échéance précédente fixée à 2026.
L’incertitude demeure entière. La société indique que cette échéance pourrait être avancée ou, au contraire, reportée, « en fonction de l’évaluation que le prêteur fera de l’accord-cadre modifié ». Une mention qui touche directement les intérêts américains, via l’agence fédérale DFC, laquelle a déjà exprimé son intérêt pour l’octroi d’un prêt au projet. La DFC figure également, aux côtés du fonds souverain émirati ADQ, parmi les principaux financeurs d’Orion CMC, dont le plan d’investissement dans Kabanga, rapporté par Bloomberg, s’inscrit dans un processus lancé par Lifezone pour faire entrer un nouveau partenaire au capital du projet. Créée en 2025, Orion CMC entend notamment soutenir la demande en minerais critiques des États-Unis et de leurs alliés.
Des retombées économiques chiffrées en milliards…
Au-delà du statut revendiqué, les paramètres techniques et économiques donnent un aperçu de l’ampleur de Kabanga. Son étude de faisabilité décrit une mine pouvant produire au total 902 000 tonnes de nickel sur une durée de vie de 18 ans, auxquelles s’ajouteraient 134 000 tonnes de cuivre et 69 000 tonnes de cobalt. De quoi la positionner comme un fournisseur de minerais critiques pour plusieurs industries stratégiques, notamment celle des batteries pour véhicules électriques. Sur l’ensemble de sa durée d’exploitation, Kabanga devrait générer 14,1 milliards USD de chiffre d’affaires.
L’État tanzanien pourrait, de son côté, percevoir 1,2 milliard USD de redevances et taxes, en plus des dividendes liés à sa participation, ainsi que 2,4 milliards USD au titre de l’impôt sur les sociétés. À ce stade, il reste toutefois difficile de déterminer si la modification de l’accord-cadre souhaitée par Lifezone pourrait revoir à la hausse ou à la baisse les retombées attendues pour Dodoma. L’enjeu est d’autant plus important que le projet est également appelé à générer des emplois et contribuer à l’économie nationale.
L’évolution des discussions dans les prochains mois permettra donc de préciser les conditions que l’État tanzanien défend autour de Kabanga, ainsi que leur incidence sur les intérêts extérieurs qui se manifestent autour du projet, notamment ceux de Washington. Pour rappel, le développement de Kabanga intervient dans un contexte de montée en puissance du secteur extractif dans l’économie tanzanienne. Portée notamment par l’or, la filière a représenté 10,3 % du PIB en 2025, contre 10,1 % en 2024 et 9 % en 2023, selon les données de l’ITIE Tanzanie (TEITI).
https://www.agenceecofin.com/actualites ... ie-negocie
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[quote][b] Kabanga : un mégaprojet de nickel courtisé par Washington, la Tanzanie négocie[/b]
Agence Ecofin 24 aout 2026
[b]Présenté comme le plus grand gisement de sulfures de nickel à un stade de développement avancé, Kabanga devrait également produire du cobalt et du cuivre. Un potentiel en minerais critiques qui renforce l’intérêt des investisseurs autour du projet, dont l’État tanzanien détient 16 % du capital.[/b]
En Tanzanie, la société d’investissement Orion CMC, soutenue par les États-Unis, envisagerait d’investir environ 500 millions USD pour acquérir une participation dans le projet de nickel Kabanga. Encore non confirmée, l’information rapportée jeudi 20 août par Bloomberg, qui cite des sources proches du dossier, vient renforcer les signaux déjà existants de l’intérêt américain pour cet actif. Mais derrière ces ambitions se dessinent aussi les attentes de l’État tanzanien, dont les discussions avec l’opérateur Lifezone Metals sur le modèle financier du projet conditionnent désormais en partie l’avancement.
[b]Une étape décisive encore à franchir[/b]
D’un coût de construction estimé à 942 millions USD, Kabanga est présenté par Lifezone Metals comme le plus grand gisement de sulfures de nickel au monde prêt à être développé. La société en contrôle 84 %, contre 16 % pour l’État tanzanien, conformément à un accord-cadre signé par les deux parties en 2021. C’est ce dispositif qui fait actuellement l’objet de discussions en vue de sa modification, notamment pour préciser « les détails du concept de mise en œuvre par étapes et du modèle financier conjoint, afin de définir le partage des avantages fiscaux », indiquait Lifezone en avril.
Seulement, malgré les annonces répétées faisant état de la poursuite des pourparlers, aucune avancée n’a été rapportée. À défaut, le calendrier semble même commencer à patiner. Dans un rapport publié fin juillet, la compagnie reconnaissait que les négociations avaient « progressé plus lentement que prévu ». Une communication intervenue pourtant après une réunion tenue début juin entre la direction de Lifezone et les autorités tanzaniennes, en présence de la présidente Samia Suluhu Hassan. Si les ajustements souhaités n’ont, à ce stade, pas été clairement détaillés, cette situation affecte déjà le calendrier du projet. La décision finale d’investissement (FID) est désormais attendue au premier trimestre 2027, contre une échéance précédente fixée à 2026.
L’incertitude demeure entière. La société indique que cette échéance pourrait être avancée ou, au contraire, reportée, « en fonction de l’évaluation que le prêteur fera de l’accord-cadre modifié ». Une mention qui touche directement les intérêts américains, via l’agence fédérale DFC, laquelle a déjà exprimé son intérêt pour l’octroi d’un prêt au projet. La DFC figure également, aux côtés du fonds souverain émirati ADQ, parmi les principaux financeurs d’Orion CMC, dont le plan d’investissement dans Kabanga, rapporté par Bloomberg, s’inscrit dans un processus lancé par Lifezone pour faire entrer un nouveau partenaire au capital du projet. Créée en 2025, Orion CMC entend notamment soutenir la demande en minerais critiques des États-Unis et de leurs alliés.
[b]Des retombées économiques chiffrées en milliards…[/b]
Au-delà du statut revendiqué, les paramètres techniques et économiques donnent un aperçu de l’ampleur de Kabanga. Son étude de faisabilité décrit une mine pouvant produire au total 902 000 tonnes de nickel sur une durée de vie de 18 ans, auxquelles s’ajouteraient 134 000 tonnes de cuivre et 69 000 tonnes de cobalt. De quoi la positionner comme un fournisseur de minerais critiques pour plusieurs industries stratégiques, notamment celle des batteries pour véhicules électriques. Sur l’ensemble de sa durée d’exploitation, Kabanga devrait générer 14,1 milliards USD de chiffre d’affaires.
L’État tanzanien pourrait, de son côté, percevoir 1,2 milliard USD de redevances et taxes, en plus des dividendes liés à sa participation, ainsi que 2,4 milliards USD au titre de l’impôt sur les sociétés. À ce stade, il reste toutefois difficile de déterminer si la modification de l’accord-cadre souhaitée par Lifezone pourrait revoir à la hausse ou à la baisse les retombées attendues pour Dodoma. L’enjeu est d’autant plus important que le projet est également appelé à générer des emplois et contribuer à l’économie nationale.
L’évolution des discussions dans les prochains mois permettra donc de préciser les conditions que l’État tanzanien défend autour de Kabanga, ainsi que leur incidence sur les intérêts extérieurs qui se manifestent autour du projet, notamment ceux de Washington. Pour rappel, le développement de Kabanga intervient dans un contexte de montée en puissance du secteur extractif dans l’économie tanzanienne. Portée notamment par l’or, la filière a représenté 10,3 % du PIB en 2025, contre 10,1 % en 2024 et 9 % en 2023, selon les données de l’ITIE Tanzanie (TEITI).
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