par energy_isere » 13 juin 2026, 23:48
Uranium : la Namibie en marche pour consolider son statut de premier producteur d’Afrique
Agence Ecofin 11 juin 2026
Porté par le regain d’intérêt mondial pour le nucléaire civil, le secteur de l’uranium retrouve progressivement des couleurs. Cette dynamique se traduit par une accélération des investissements dans les projets miniers, notamment en Afrique, où plusieurs nouvelles mines émergent.
Mercredi 10 juin, la compagnie australienne Elevate Uranium a annoncé une hausse de 31 % des ressources de son projet d’uranium Marenica, en Namibie. Une évolution qui rapproche cet actif d’un éventuel développement minier et pourrait en faire l’un des futurs relais de croissance de la première filière uranifère d’Afrique.
La nouvelle estimation de Marenica découle de récents forages de densification réalisés dans son périmètre, après une précédente mise à jour des ressources annoncée en février dernier. Grâce à ces travaux, les ressources du gisement atteignent 52,8 millions de livres d’U₃O₈, contre 40,2 millions de livres auparavant. Cette progression devrait ouvrir la voie à de nouveaux travaux visant à améliorer le niveau de confiance des ressources, une étape préalable à la réalisation d’études économiques relatives à une mine.
Elevate Uranium envisage déjà un développement à l’échelle du district en s’appuyant également sur son projet namibien Koppies. Courante dans l’industrie minière, cette approche consiste à mutualiser les ressources de plusieurs gisements au sein d’un même pôle d’exploitation, avec une usine commune. Situé lui aussi dans la région uranifère d’Erongo, Koppies héberge des ressources estimées à 76,2 millions de livres d’U₃O₈.
Soutenir une dynamique en marche
Les avancées enregistrées par Elevate Uranium s’inscrivent dans un mouvement plus large de développement de l’industrie uranifère namibienne. Le pays abrite en effet plusieurs projets à des stades plus avancés, à commencer par Tumas, porté par l’australien Deep Yellow, dont le lancement de la phase de construction est attendu dans les prochains mois. La future mine Etango, développée par Bannerman Energy, suit une trajectoire similaire. À terme, ces projets pourraient renforcer un appareil productif déjà bien établi. En 2024, la Namibie a produit 7 333 tonnes d’uranium, ce qui en fait le troisième producteur mondial derrière le Kazakhstan et le Canada.
Sur le continent, la Namibie a pris une nette avance sur ses concurrents. Le Niger, deuxième producteur d’Afrique, n’a produit que 962 tonnes d’uranium en 2024, selon la World Nuclear Association (WNA). Cette dynamique s’inscrit par ailleurs dans un contexte de marché favorable. Depuis quelques années, l’uranium profite du regain d’intérêt mondial pour le nucléaire civil, sur fond de transition énergétique.
Selon WNA, ces conditions pourraient porter la demande mondiale à 150 000 tonnes par an d’ici 2040, alors que la production minière oscille autour de 60 000 tonnes par an depuis 2017. Un déséquilibre qui plaide en faveur du développement de nouvelles capacités de production. Si la Namibie semble bien avancer en ce sens, la concrétisation des projets reste encore incertaine et conditionnée à l’évolution du marché. D’autant plus dans un secteur historiquement sensible à la fluctuation des prix.
Ce facteur explique d’ailleurs les reports successifs de la décision finale d’investissement (FID) d’Etango par Bannerman Energy. Deep Yellow adopte également une posture prudente, estimant encore l’an dernier que les niveaux de prix de l’uranium restent trop bas pour justifier le lancement de nouveaux projets. À terme, une mise en service du projet Tumas pourrait pourtant ajouter environ 3,6 millions de livres d’uranium à la production namibienne sur 22 ans, tandis que le projet Etango vise environ 3,5 millions de livres sur 15 ans.
Selon les données compilées par Cameco, le prix à terme de l’uranium est passé de 89 USD la livre en janvier à 94 USD en mai, confirmant une légère progression depuis le début de l’année. De son côté, Elevate Uranium doit encore traduire ses ambitions en un modèle économique viable. Entre la poursuite des travaux d’exploration visant à définir des réserves exploitables et la réalisation des études économiques nécessaires, plusieurs mois, voire plusieurs années, pourraient encore s’écouler avant une éventuelle décision de développement.
En attendant, d’autres sites de production émergent déjà sur le continent. Au Malawi, la mine Kayelekera a relancé sa production en 2025. En Mauritanie, Aura Energy prépare le lancement de la construction de la future mine Tiris, tandis que Global Atomic poursuit le développement du projet Dasa au Niger.
https://www.agenceecofin.com/actualites ... -d-afrique
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Agence Ecofin 11 juin 2026
Porté par le regain d’intérêt mondial pour le nucléaire civil, le secteur de l’uranium retrouve progressivement des couleurs. Cette dynamique se traduit par une accélération des investissements dans les projets miniers, notamment en Afrique, où plusieurs nouvelles mines émergent.
Mercredi 10 juin, la compagnie australienne Elevate Uranium a annoncé une hausse de 31 % des ressources de son projet d’uranium Marenica, en Namibie. Une évolution qui rapproche cet actif d’un éventuel développement minier et pourrait en faire l’un des futurs relais de croissance de la première filière uranifère d’Afrique.
La nouvelle estimation de Marenica découle de récents forages de densification réalisés dans son périmètre, après une précédente mise à jour des ressources annoncée en février dernier. Grâce à ces travaux, les ressources du gisement atteignent 52,8 millions de livres d’U₃O₈, contre 40,2 millions de livres auparavant. Cette progression devrait ouvrir la voie à de nouveaux travaux visant à améliorer le niveau de confiance des ressources, une étape préalable à la réalisation d’études économiques relatives à une mine.
Elevate Uranium envisage déjà un développement à l’échelle du district en s’appuyant également sur son projet namibien Koppies. Courante dans l’industrie minière, cette approche consiste à mutualiser les ressources de plusieurs gisements au sein d’un même pôle d’exploitation, avec une usine commune. Situé lui aussi dans la région uranifère d’Erongo, Koppies héberge des ressources estimées à 76,2 millions de livres d’U₃O₈.
Soutenir une dynamique en marche
Les avancées enregistrées par Elevate Uranium s’inscrivent dans un mouvement plus large de développement de l’industrie uranifère namibienne. Le pays abrite en effet plusieurs projets à des stades plus avancés, à commencer par Tumas, porté par l’australien Deep Yellow, dont le lancement de la phase de construction est attendu dans les prochains mois. La future mine Etango, développée par Bannerman Energy, suit une trajectoire similaire. À terme, ces projets pourraient renforcer un appareil productif déjà bien établi. [color=#FF0000]En 2024, la Namibie a produit 7 333 tonnes d’uranium, ce qui en fait le troisième producteur mondial derrière le Kazakhstan et le Canada.[/color]
Sur le continent, la Namibie a pris une nette avance sur ses concurrents. Le Niger, deuxième producteur d’Afrique, n’a produit que 962 tonnes d’uranium en 2024, selon la World Nuclear Association (WNA). Cette dynamique s’inscrit par ailleurs dans un contexte de marché favorable. Depuis quelques années, l’uranium profite du regain d’intérêt mondial pour le nucléaire civil, sur fond de transition énergétique.
Selon WNA, ces conditions pourraient porter la demande mondiale à 150 000 tonnes par an d’ici 2040, alors que la production minière oscille autour de 60 000 tonnes par an depuis 2017. Un déséquilibre qui plaide en faveur du développement de nouvelles capacités de production. Si la Namibie semble bien avancer en ce sens, la concrétisation des projets reste encore incertaine et conditionnée à l’évolution du marché. D’autant plus dans un secteur historiquement sensible à la fluctuation des prix.
Ce facteur explique d’ailleurs les reports successifs de la décision finale d’investissement (FID) d’Etango par Bannerman Energy. Deep Yellow adopte également une posture prudente, estimant encore l’an dernier que les niveaux de prix de l’uranium restent trop bas pour justifier le lancement de nouveaux projets. À terme, une mise en service du projet Tumas pourrait pourtant ajouter environ 3,6 millions de livres d’uranium à la production namibienne sur 22 ans, tandis que le projet Etango vise environ 3,5 millions de livres sur 15 ans.
Selon les données compilées par Cameco, le prix à terme de l’uranium est passé de 89 USD la livre en janvier à 94 USD en mai, confirmant une légère progression depuis le début de l’année. De son côté, Elevate Uranium doit encore traduire ses ambitions en un modèle économique viable. Entre la poursuite des travaux d’exploration visant à définir des réserves exploitables et la réalisation des études économiques nécessaires, plusieurs mois, voire plusieurs années, pourraient encore s’écouler avant une éventuelle décision de développement.
En attendant, d’autres sites de production émergent déjà sur le continent. Au Malawi, la mine Kayelekera a relancé sa production en 2025. En Mauritanie, Aura Energy prépare le lancement de la construction de la future mine Tiris, tandis que Global Atomic poursuit le développement du projet Dasa au Niger.
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