par energy_isere » 07 févr. 2026, 15:21
Au Mozambique, la filière graphite se renforce malgré un marché toujours sous tension
Agence Ecofin 02 fev 2026
Selon l’U.S. Geological Survey, le Mozambique compte parmi les plus grands producteurs de graphite d’Afrique, aux côtés de Madagascar et de la Tanzanie. Dans un contexte de marché difficile, la filière fait face à des difficultés autour de ses principales mines.
En fin de semaine dernière, le Mozambique a inauguré une nouvelle usine de production de graphite dans la province de Niassa, pour un investissement estimé à 200 millions USD. Une avancée significative pour cette filière minière, en perte de vitesse ces dernières années sur fond de tensions persistantes sur le marché mondial.
Fermeture et reprise progressive
Jusqu’en 2023, la production de graphite au Mozambique reposait principalement sur la mine Balama, exploitée par l’australien Syrah Resources, et sur Ancuabe, détenue par la société néerlandaise AMG. Confrontées à un marché en berne, marqué par la concurrence du graphite synthétique et la baisse des prix et de la demande pour le graphite naturel, les deux entreprises ont progressivement ajusté leurs stratégies.
En 2024, AMG a acté sa sortie du Mozambique en annonçant la fermeture de sa mine d’Ancuabe. Quant à Balama, elle est restée inactive à partir de la mi-2024 et n’a repris ses opérations qu’en juin 2025, en mode campagne. Cette stratégie implique un rythme de production mesuré, loin de l’exploitation continue à plein régime, entièrement dicté par la demande du marché. Ces mouvements ont conduit à une baisse de la production nationale de graphite en 2024.
Selon l’U.S. Geological Survey, la production mozambicaine de graphite est tombée de 98 000 tonnes en 2023 à 75 000 tonnes en 2024. C’est dans ce contexte que se positionne le nouveau projet Nipepe, porté par la société chinoise DH Mining. Située dans le district éponyme, cette mine dispose d’une capacité de production moyenne annuelle de 200 000 tonnes de graphite, sur une durée d’exploitation de 25 ans.
Selon les données disponibles, le projet emploie actuellement environ 890 personnes, et une deuxième phase d’exploitation devrait porter ce chiffre à 2 000 employés. Pour l’instant, peu d’informations ont été communiquées sur le plan minier du projet, notamment sur les objectifs de production pour 2026.
Des capitaux chinois et américains en soutien
En attendant plus de détails sur le projet Nipepe, le Mozambique compte également un autre actif de graphite avancé : Ancuabe. Situé à proximité de la mine éponyme d’AMG, ce projet est opéré par l’australien Triton Minerals qui cherche toutefois à réduire sa participation de 100 % dans l’actif. Un accord est en cours avec le chinois Shandong Yulong qui prévoit d’investir 17 millions de dollars pour acquérir 70 % des parts.
Une option lui permettant de racheter les 30 % de parts qui resteront à Triton existe, mais aucune décision n’a encore été prise en ce sens. Avec cette transaction, la société chinoise devrait à terme s’occuper du développement de cette future mine pouvant produire en moyenne 60 000 tonnes par an de graphite sur une durée de 27 ans. À cette présence chinoise s’ajoutent aussi des intérêts américains à Balama, où l’agence américaine Developement Finance Corporation (DFC) assure un soutien financier à Syrah Resources dans la mise en œuvre de ses opérations.
Pour rappel, Syrah Resources prévoit de « revenir à une utilisation plus élevée » des capacités de production de Balama dès que la demande en graphite naturel s’améliorera. Considérée comme la plus grande mine d’Afrique de ce minéral utilisé dans les batteries de véhicules électriques (VE), Balama dispose d’une capacité de production de 350 000 tonnes par an.
Au Mozambique, le graphite fait partie des principaux produits miniers, aux côtés du charbon et des pierres précieuses, notamment les rubis. L’or y est également produit, mais en quantités modestes.
https://www.agenceecofin.com/actualites ... us-tension
[quote][b] [size=110]Au Mozambique, la filière graphite se renforce malgré un marché toujours sous tension[/size][/b]
Agence Ecofin 02 fev 2026
Selon l’U.S. Geological Survey, le Mozambique compte parmi les plus grands producteurs de graphite d’Afrique, aux côtés de Madagascar et de la Tanzanie. Dans un contexte de marché difficile, la filière fait face à des difficultés autour de ses principales mines.
En fin de semaine dernière, le Mozambique a inauguré une nouvelle usine de production de graphite dans la province de Niassa, pour un investissement estimé à 200 millions USD. Une avancée significative pour cette filière minière, en perte de vitesse ces dernières années sur fond de tensions persistantes sur le marché mondial.
Fermeture et reprise progressive
Jusqu’en 2023, la production de graphite au Mozambique reposait principalement sur la mine Balama, exploitée par l’australien Syrah Resources, et sur Ancuabe, détenue par la société néerlandaise AMG. Confrontées à un marché en berne, marqué par la concurrence du graphite synthétique et la baisse des prix et de la demande pour le graphite naturel, les deux entreprises ont progressivement ajusté leurs stratégies.
En 2024, AMG a acté sa sortie du Mozambique en annonçant la fermeture de sa mine d’Ancuabe. Quant à Balama, elle est restée inactive à partir de la mi-2024 et n’a repris ses opérations qu’en juin 2025, en mode campagne. Cette stratégie implique un rythme de production mesuré, loin de l’exploitation continue à plein régime, entièrement dicté par la demande du marché. Ces mouvements ont conduit à une baisse de la production nationale de graphite en 2024.
Selon l’U.S. Geological Survey, la production mozambicaine de graphite est tombée de 98 000 tonnes en 2023 à 75 000 tonnes en 2024. C’est dans ce contexte que se positionne le nouveau projet Nipepe, porté par la société chinoise DH Mining. Située dans le district éponyme, cette mine dispose d’une capacité de production moyenne annuelle de 200 000 tonnes de graphite, sur une durée d’exploitation de 25 ans.
Selon les données disponibles, le projet emploie actuellement environ 890 personnes, et une deuxième phase d’exploitation devrait porter ce chiffre à 2 000 employés. Pour l’instant, peu d’informations ont été communiquées sur le plan minier du projet, notamment sur les objectifs de production pour 2026.
[b]Des capitaux chinois et américains en soutien[/b]
En attendant plus de détails sur le projet Nipepe, le Mozambique compte également un autre actif de graphite avancé : Ancuabe. Situé à proximité de la mine éponyme d’AMG, ce projet est opéré par l’australien Triton Minerals qui cherche toutefois à réduire sa participation de 100 % dans l’actif. Un accord est en cours avec le chinois Shandong Yulong qui prévoit d’investir 17 millions de dollars pour acquérir 70 % des parts.
Une option lui permettant de racheter les 30 % de parts qui resteront à Triton existe, mais aucune décision n’a encore été prise en ce sens. Avec cette transaction, la société chinoise devrait à terme s’occuper du développement de cette future mine pouvant produire en moyenne 60 000 tonnes par an de graphite sur une durée de 27 ans. À cette présence chinoise s’ajoutent aussi des intérêts américains à Balama, où l’agence américaine Developement Finance Corporation (DFC) assure un soutien financier à Syrah Resources dans la mise en œuvre de ses opérations.
Pour rappel, Syrah Resources prévoit de « revenir à une utilisation plus élevée » des capacités de production de Balama dès que la demande en graphite naturel s’améliorera. Considérée comme la plus grande mine d’Afrique de ce minéral utilisé dans les batteries de véhicules électriques (VE), Balama dispose d’une capacité de production de 350 000 tonnes par an.
Au Mozambique, le graphite fait partie des principaux produits miniers, aux côtés du charbon et des pierres précieuses, notamment les rubis. L’or y est également produit, mais en quantités modestes.
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