par energy_isere » il y a 53 minutes
Des Péruviens pris au piège dans l’armée russe sur le front ukrainien
La Russie engage des soldats à l’autre bout du monde. Plus de 400 Péruviens ont été enrôlés dans l’armée russe pour combattre en Ukraine. Un recrutement qui passe par de fausses offres d’emplois alléchantes.
RFI le : 10/08/2026
Pour ces jeunes Péruviens, c’était d’abord une belle opportunité en Russie : un emploi d’ouvrier, d’agent de sécurité ou de cuisinier payé entre 4 000 et 5 000 dollars assorti d’une prime qui peut atteindre les 20 000 dollars. Des chiffres alléchants qui donnent des envies d’ailleurs alors qu’au Pérou un jeune de moins de 25 ans gagne en moyenne moins de 300 euros par mois selon l’Institut national de statistique péruvien en 2024.
« Tout s’est fait via WhatsApp. Ce n’était pas en personne, ce n’était pas officiel », raconte Maria Pachas, la sœur d’un Péruvien parti en Russie, dans le journal El Comercio en avril. « À leur arrivée à l’aéroport, on leur a dit de ne pas dire qu’ils allaient en Russie, mais qu’ils partaient en vacances. » C’est comme ça que la Russie a enrôlé des centaines de Péruviens pour les envoyer sur le front. Les plaintes des familles de ces jeunes hommes pris au piège parlent d’intermédiaires sous pseudonyme pour le recrutement : « Falcon » ou « Kraken » ainsi que des citoyens mexicains, colombiens et péruviens.
De fausses offres d’emploi, un vrai service militaire
Une fois sur place, c’est la désillusion pour ceux qui ont mordu à l’hameçon. Selon les témoignages des familles, ces Péruviens ont d’abord été contraints de signer un papier en russe, sans traduction, puis leur passeport, leur carte d’identité et leur téléphone portable étaient confisqués.
« Ils leur ont dit que tout le monde allait faire son service militaire obligatoire en Russie. Mon mari ne parle pas russe, mais ils l’ont forcé à signer », se lamente Yovana Muñoz, épouse d’un des Péruviens recrutés qui s’est exprimée dans les colonnes d’El Comercio.
Certaines familles parlent même de dettes de 16 ou 20 mille dollars pour des soi-disant frais de déménagement que les Péruviens devraient rembourser grâce à leur service dans l'armée russe… Les familles qui témoignent au Pérou préfèrent d’ailleurs garder l’anonymat par crainte de représailles sur le sol national.
Quelques-uns réussissent tout de même, lors de rares occasions, à communiquer avec leur famille. Sur le front, ils décrivent un enfer, comme le raconte Yovana Muñoz pour son mari : « Il s’est fait tirer dessus et l'ont laissé pour mort. Il a marché, blessé, jusqu'à un petit centre de santé en Ukraine. Il me dit qu'il veut rentrer au Pérou, parce que cette expérience a été une torture »…
Les familles demandent de l’aide
Selon le ministère des Affaires étrangères péruvien qui vient d’obtenir le rapatriement de quatre ressortissants partis en Russie, ce piège se serait déjà refermé sur environ 459 Péruviens. Parmi eux, 11 seraient décédés, 114 portés disparus et trois capturés par l’armée ukrainienne.
La diplomatie péruvienne a d’ailleurs publié un communiqué appelant à ne pas accepter d’offres d’emploi de l’étranger sans vérifier l’identité de l’employeur, les conditions du contrat et les fonctions réellement exercées.
Mais face à l’ampleur que prennent ces recrutements depuis le début de l’année 2026, les familles de ceux partis en Russie demandent de l’aide au ministère des Affaires étrangères pour protéger leurs proches.
L’affaire fait d’ailleurs l’objet d’une enquête pour traite d’êtres humains aggravée. Le ministère de la Justice a également indiqué en avril qu’il avait commencé à apporter un soutien juridique aux familles de citoyens péruviens tués ou blessés dans les zones de conflit.
https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20 ... -ukrainien
[quote] [b] [size=110]Des Péruviens pris au piège dans l’armée russe sur le front ukrainien[/size][/b]
La Russie engage des soldats à l’autre bout du monde. Plus de 400 Péruviens ont été enrôlés dans l’armée russe pour combattre en Ukraine. Un recrutement qui passe par de fausses offres d’emplois alléchantes.
RFI le : 10/08/2026
Pour ces jeunes Péruviens, c’était d’abord une belle opportunité en Russie : un emploi d’ouvrier, d’agent de sécurité ou de cuisinier payé entre 4 000 et 5 000 dollars assorti d’une prime qui peut atteindre les 20 000 dollars. Des chiffres alléchants qui donnent des envies d’ailleurs alors qu’au Pérou un jeune de moins de 25 ans gagne en moyenne moins de 300 euros par mois selon l’Institut national de statistique péruvien en 2024.
« Tout s’est fait via WhatsApp. Ce n’était pas en personne, ce n’était pas officiel », raconte Maria Pachas, la sœur d’un Péruvien parti en Russie, dans le journal El Comercio en avril. « À leur arrivée à l’aéroport, on leur a dit de ne pas dire qu’ils allaient en Russie, mais qu’ils partaient en vacances. » C’est comme ça que la Russie a enrôlé des centaines de Péruviens pour les envoyer sur le front. Les plaintes des familles de ces jeunes hommes pris au piège parlent d’intermédiaires sous pseudonyme pour le recrutement : « Falcon » ou « Kraken » ainsi que des citoyens mexicains, colombiens et péruviens.
[b]De fausses offres d’emploi, un vrai service militaire [/b]
Une fois sur place, c’est la désillusion pour ceux qui ont mordu à l’hameçon. Selon les témoignages des familles, ces Péruviens ont d’abord été contraints de signer un papier en russe, sans traduction, puis leur passeport, leur carte d’identité et leur téléphone portable étaient confisqués.
« Ils leur ont dit que tout le monde allait faire son service militaire obligatoire en Russie. Mon mari ne parle pas russe, mais ils l’ont forcé à signer », se lamente Yovana Muñoz, épouse d’un des Péruviens recrutés qui s’est exprimée dans les colonnes d’El Comercio.
Certaines familles parlent même de dettes de 16 ou 20 mille dollars pour des soi-disant frais de déménagement que les Péruviens devraient rembourser grâce à leur service dans l'armée russe… Les familles qui témoignent au Pérou préfèrent d’ailleurs garder l’anonymat par crainte de représailles sur le sol national.
Quelques-uns réussissent tout de même, lors de rares occasions, à communiquer avec leur famille. Sur le front, ils décrivent un enfer, comme le raconte Yovana Muñoz pour son mari : « Il s’est fait tirer dessus et l'ont laissé pour mort. Il a marché, blessé, jusqu'à un petit centre de santé en Ukraine. Il me dit qu'il veut rentrer au Pérou, parce que cette expérience a été une torture »…
[b]Les familles demandent de l’aide[/b]
Selon le ministère des Affaires étrangères péruvien qui vient d’obtenir le rapatriement de quatre ressortissants partis en Russie, ce piège se serait déjà refermé sur environ 459 Péruviens. Parmi eux, 11 seraient décédés, 114 portés disparus et trois capturés par l’armée ukrainienne.
La diplomatie péruvienne a d’ailleurs publié un communiqué appelant à ne pas accepter d’offres d’emploi de l’étranger sans vérifier l’identité de l’employeur, les conditions du contrat et les fonctions réellement exercées.
Mais face à l’ampleur que prennent ces recrutements depuis le début de l’année 2026, les familles de ceux partis en Russie demandent de l’aide au ministère des Affaires étrangères pour protéger leurs proches.
L’affaire fait d’ailleurs l’objet d’une enquête pour traite d’êtres humains aggravée. Le ministère de la Justice a également indiqué en avril qu’il avait commencé à apporter un soutien juridique aux familles de citoyens péruviens tués ou blessés dans les zones de conflit.
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