par energy_isere » 10 sept. 2026, 15:29
La justice brésilienne examine l’usage de la fracturation hydraulique
AFP avec Connaissance des Énergies Mis à jour le 10 septembre 2026
La haute juridiction brésilienne examine depuis mercredi l’éventuelle autorisation du fracking pour atteindre des gisements profonds de pétrole et gaz, contesté pour ses effets environnementaux.
Un précédent national pour les ressources non conventionnelles
Le débat ouvert le 9 septembre porte sur l’exploitation de pétrole et de gaz présents dans des roches profondes et imperméables, par fracturation hydraulique. La décision attendue le 8 octobre doit valoir pour l’ensemble du territoire brésilien, au-delà des interdictions déjà adoptées par certains États fédérés et des blocages prononcés par des juridictions locales.
Le dossier examiné par le Superior Tribunal de Justiça concerne spécifiquement les ressources dites non conventionnelles. Selon la présentation officielle de la juridiction, l’affaire est traitée dans le cadre de l’IAC 21, un mécanisme destiné à fixer un précédent qualifié, à partir d’un recours lié à la 12e ronde d’appels d’offres de l’Agence nationale du pétrole, du gaz naturel et des biocarburants, lancée en 2013.
La technique consiste à injecter sous très forte pression un mélange d’eau, de sable et d’additifs chimiques afin de fissurer la roche et de libérer les hydrocarbures piégés. Au Brésil, elle est déjà employée dans des milliers de puits conventionnels, mais l’extension à des formations non conventionnelles constitue le point central du contentieux.
Sécurité énergétique et risques environnementaux
Les opposants à la fracturation hydraulique mettent en avant une consommation élevée d’eau, des risques de contamination des sols et des nappes, ainsi que la possibilité de secousses induites. La méthode reste interdite en France et en Allemagne, tandis qu’elle est utilisée dans plusieurs pays d’Amérique latine, dont l’Argentine, le Chili et l’Équateur. Les partisans de son autorisation défendent au contraire un argument de sécurité d’approvisionnement. Laura Fernandes, avocate chargée de défendre les intérêts de l’État brésilien lors de l’audience, a affirmé que le pays « est confronté au déclin de ses réserves conventionnelles » et pourrait ne plus être autosuffisant à l’horizon 2040.
Le poids du secteur pétrolier donne une portée économique importante au jugement. Selon l’Agence nationale du pétrole, du gaz naturel et des biocarburants, la production brésilienne de pétrole a atteint 3,8 millions de barils par jour en moyenne en 2025, en hausse de 12 % par rapport à 2024, tandis que les exportations nettes de brut ont atteint 1,7 million de barils par jour. L’agence indique aussi que les réserves totales de pétrole du Brésil ont reculé de 1 % en 2025, à 28,9 milliards de barils. La production du pré-sal a représenté environ 80 % du pétrole extrait dans le pays cette année-là, ce qui maintient la dépendance de l’offre nationale à de grands gisements offshore déjà identifiés.
Un dossier énergétique dans la campagne présidentielle
Le président Luiz Inácio Lula da Silva défend publiquement une sortie progressive du pétrole au nom de la lutte contre le changement climatique. Il soutient toutefois que les recettes tirées des hydrocarbures restent nécessaires au financement de la transition énergétique brésilienne.
La question du fracking intervient à quelques semaines de l’élection présidentielle d’octobre, dans laquelle Lula doit affronter le sénateur conservateur Flávio Bolsonaro, favorable à cette technologie. Le Tribunal supérieur électoral a validé début septembre les candidatures de Lula, présenté par le Parti des travailleurs, et de Flávio Bolsonaro, investi par le Parti libéral.
Le premier tour de l’élection présidentielle brésilienne est fixé au 4 octobre, avec un second tour possible le 25 octobre. L’échéance judiciaire du 8 octobre placerait donc la décision nationale sur le fracking entre les deux tours si aucun candidat ne l’emporte dès le premier scrutin.
https://www.connaissancedesenergies.org ... que-260910
[quote][b][size=110]La justice brésilienne examine l’usage de la fracturation hydraulique
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AFP avec Connaissance des Énergies Mis à jour le 10 septembre 2026
La haute juridiction brésilienne examine depuis mercredi l’éventuelle autorisation du fracking pour atteindre des gisements profonds de pétrole et gaz, contesté pour ses effets environnementaux.
[b]Un précédent national pour les ressources non conventionnelles[/b]
Le débat ouvert le 9 septembre porte sur l’exploitation de pétrole et de gaz présents dans des roches profondes et imperméables, par fracturation hydraulique. La décision attendue le 8 octobre doit valoir pour l’ensemble du territoire brésilien, au-delà des interdictions déjà adoptées par certains États fédérés et des blocages prononcés par des juridictions locales.
Le dossier examiné par le Superior Tribunal de Justiça concerne spécifiquement les ressources dites non conventionnelles. Selon la présentation officielle de la juridiction, l’affaire est traitée dans le cadre de l’IAC 21, un mécanisme destiné à fixer un précédent qualifié, à partir d’un recours lié à la 12e ronde d’appels d’offres de l’Agence nationale du pétrole, du gaz naturel et des biocarburants, lancée en 2013.
La technique consiste à injecter sous très forte pression un mélange d’eau, de sable et d’additifs chimiques afin de fissurer la roche et de libérer les hydrocarbures piégés. Au Brésil, elle est déjà employée dans des milliers de puits conventionnels, mais l’extension à des formations non conventionnelles constitue le point central du contentieux.
[b]Sécurité énergétique et risques environnementaux[/b]
Les opposants à la fracturation hydraulique mettent en avant une consommation élevée d’eau, des risques de contamination des sols et des nappes, ainsi que la possibilité de secousses induites. La méthode reste interdite en France et en Allemagne, tandis qu’elle est utilisée dans plusieurs pays d’Amérique latine, dont l’Argentine, le Chili et l’Équateur. Les partisans de son autorisation défendent au contraire un argument de sécurité d’approvisionnement. Laura Fernandes, avocate chargée de défendre les intérêts de l’État brésilien lors de l’audience, a affirmé que le pays « est confronté au déclin de ses réserves conventionnelles » et pourrait ne plus être autosuffisant à l’horizon 2040.
Le poids du secteur pétrolier donne une portée économique importante au jugement. Selon l’Agence nationale du pétrole, du gaz naturel et des biocarburants, la production brésilienne de pétrole a atteint 3,8 millions de barils par jour en moyenne en 2025, en hausse de 12 % par rapport à 2024, tandis que les exportations nettes de brut ont atteint 1,7 million de barils par jour. L’agence indique aussi que les réserves totales de pétrole du Brésil ont reculé de 1 % en 2025, à 28,9 milliards de barils. La production du pré-sal a représenté environ 80 % du pétrole extrait dans le pays cette année-là, ce qui maintient la dépendance de l’offre nationale à de grands gisements offshore déjà identifiés.
[b]Un dossier énergétique dans la campagne présidentielle[/b]
Le président Luiz Inácio Lula da Silva défend publiquement une sortie progressive du pétrole au nom de la lutte contre le changement climatique. Il soutient toutefois que les recettes tirées des hydrocarbures restent nécessaires au financement de la transition énergétique brésilienne.
La question du fracking intervient à quelques semaines de l’élection présidentielle d’octobre, dans laquelle Lula doit affronter le sénateur conservateur Flávio Bolsonaro, favorable à cette technologie. Le Tribunal supérieur électoral a validé début septembre les candidatures de Lula, présenté par le Parti des travailleurs, et de Flávio Bolsonaro, investi par le Parti libéral.
Le premier tour de l’élection présidentielle brésilienne est fixé au 4 octobre, avec un second tour possible le 25 octobre. L’échéance judiciaire du 8 octobre placerait donc la décision nationale sur le fracking entre les deux tours si aucun candidat ne l’emporte dès le premier scrutin.
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https://www.connaissancedesenergies.org/afp/la-justice-bresilienne-se-penche-sur-la-fracturation-hydraulique-260910