Elasticité de la demande de pétrole aux prix

Discussions traitant de l'impact du pic pétrolier sur l'économie.

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Philippe
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Elasticité de la demande de pétrole aux prix

Message par Philippe » 26 juin 2005, 16:36

Dans « The Prize », prix Pulitzer 1992, un pavé de 800 pages en anglais, Daniel YERGIN retrace toute l’histoire du pétrole depuis l’origine. Une chose intéressante, entre 1000 autres concerne l’hypothèse faite par l’administration Roosevelt dans les années 1933-1935, qui faisaient suite à la Grande Dépression. La découverte du gisement géant d’East Texas en 1930 avait conduit à une surproduction massive, dont une partie était même produite en contrebande. L’administration Roosevelt (Harold S. Ickes, Secretary of the Interior) mit en place une réglementation dans un système auparavant laissé à lui-même. Outre la guerre à la contrebande, le système reposait sur des quotas, de façon à maintenir les prix à un certain niveau (si possible autour de 1$ par baril, alors que la découverte d’East Texas les avait fait tomber à moins de 10 cents).

L’hypothèse qui sous-tendait l’intervention (réussie) du gouvernement Roosevelt (page 259 de « The Prize ») était la quasi absence d’élasticité de la demande de pétrole aux prix. Yergin l’écrit ainsi : « One (of the two assumptions) was that the demand for oil would not be particularly responsive to price movements : that is oil at 10 cents a barrel would not mean a far greater demand than oil at a dollar a barrel. Demand could be taken as a given, and at least in the Depression, many found that a reasonable thing to think. ». On rappelle que « oil » pour les Américains, c’est du pétrole dans ce contexte.

Cela fait 70 ans que l’inélasticité de la demande aux prix est connue, et il se trouve encore des gens qui envisagent un effondrement de la demande si les prix augmentent… Tout au plus pourra-t-on observer une baisse de sa dérivée première, c’est-à-dire du rythme de l’augmentation de la demande.

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Message par mahiahi » 26 juin 2005, 16:43

Peut-être pas jusqu'à un certain point :

- d'accord quand le prix du super à la pompe augmente d'un centime par litre, les automobilistes conduisent comme avant ;

- mais quand les frais de transport augmentent pour l'entreprise de routiers, elle doit les répercuter sur ses tarifs jusqu'au moment où elle perd sa clientèle -> faillite

Donc, pour moi, il existe des "seuils de rupture" au-delà desquels un secteur économique est bouleversé ; avec une montée continue mais pas trop rapide du prix du baril on devrait atteindre ces seuils l'un après l'autre et assister à des effondrements perlés

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Message par RegisG » 26 juin 2005, 23:09

NTIC ?? :shock:

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Message par Oilive » 26 juin 2005, 23:13

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Message par mahiahi » 26 juin 2005, 23:14

Nouvelles Technologies d'Information et de Communication.
En Français, tous les cybermachins, webtrucs et e-bidules :-)

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Message par metamec » 27 juin 2005, 09:26

même si les prix n'ont pas d'effets sur la consommation, quand on aura passé le pic, on consommera moins de pétrole.

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Message par jerome » 27 juin 2005, 09:49

A moins que les pays producteur arrive à maintenir la production à peu près à son niveau max pendant quelque temps ("plateau ondulant" de Laherrère), ce qui par contre augmentera trés fortement la pente de décroissance.
Celà dit, si comme je l'ai lu dans Courrier International, l'Arabie Saoudite est déjà en dépletion, je ne vois pas comment la production pourra se maintenir (on ne va pas faire grand chose avec les sables bitumeux a mon avis)

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Message par Daniel_Z » 27 juin 2005, 12:22

En Suisse, l'office fédéral de l'énergie a calculé un seuil a partir duquel les habitudes de consommation changent. Pour le prix de l'essence à la colonne, le seuil est de 1 pour 1000 (un pour mille) du salaire mensuel. C'est à dire qu'avec un salaire moyen en Suisse de 5'000.- francs ( on est les derniers à avoir des francs? :D ...), le liltre de carburant doit coûter au moins 5.- francs pour que l'automobiliste devienne cycliste, piéton ou autre. Ce prix est actuellement de 1,60 francs pour l'essence, dont seulement environ 50 centimes viennent directement du pétrole, le reste représentant les taxes et impôts.
En deça de ce prix, l'homo vehiculus bouffera des saucisses au lieu du steak, économisera sur ses vacances, mais pas sur la bagnole.
Je pense que pour son calcul, l'office n'a pas pris en compte l'augmentation générale de tous les biens (mais ceci n'est qu'une hypothèse de ma part), puisque tout ou presque dépend du pétrole. Les premiers à souffrir des économies pour sauver la voiture pourraient être les gadgets chinois en plastique...

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Message par phylippe » 27 juin 2005, 13:08

Tiennel a écrit : Par contre, pour ceux qui sont au SMIC (1300 Euro/mois), nous arrivons à la zone frontière :-(
C'est 1300 Euros par mois le SMIC! :shock: :shock: :shock:
C'est ce que je gagne en travaillant!

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Message par metamec » 27 juin 2005, 13:12

Par contre, pour ceux qui sont au SMIC (1300 Euro/mois), nous arrivons à la zone frontière
ça doit être en brut, et encore ça me semble beaucoup, avec mes 1000e net par moi je serai en dessous du smic?? merde alors!!!

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Message par Oilive » 27 juin 2005, 13:23

Sûr, c'est du brut... :lol:
Et encore, ça me paraît un peu haut pour du brut à 35h.
Qu'en dit l'ANPE ?
1154,18 € par mois à 35h/semaine
Dernière modification par Oilive le 27 juin 2005, 13:25, modifié 1 fois.

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Message par Oilive » 27 juin 2005, 13:24

Ce qui veut dire que pour les smicards, on est juste à la limite présentée ci-dessus.

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Message par Hervé » 27 juin 2005, 13:48

Daniel_Z a écrit :En Suisse, l'office fédéral de l'énergie a calculé un seuil a partir duquel les habitudes de consommation changent. Pour le prix de l'essence à la colonne, le seuil est de 1 pour 1000 (un pour mille) du salaire mensuel. C'est à dire qu'avec un salaire moyen en Suisse de 5'000.- francs ( on est les derniers à avoir des francs? :D ...), le liltre de carburant doit coûter au moins 5.- francs pour que l'automobiliste devienne cycliste, piéton ou autre.
je trouve cette info très importante. c'est un repère qu'on devrait avoir à l'esprit avant de s'exclamer sur la moindre hausse du baril...

en gros, le seuil de 60$ ou de 70$ le baril n'a de répercussion que psychologique (et encore, il faut être des obsédés du pétrole comme nous pour s'en émouvoir...) et il faut se garder de prédire l'apocalypse si on franchit un tel seuil : on n'aurait pas l'air crédible.

par contre, il serait "amusant" de calculer à partir de quel prix du baril on atteindra ce ratio de 1 pour 1000 à la pompe en Europe... (150$ ? 200$ ?)

l'idéal ce serait d'épingler une petite note en haut du forum, du style "à partir de quel prix du baril faut-il s'alarmer" -> mp à Eric pour ce point précis.
Dernière modification par Hervé le 27 juin 2005, 18:11, modifié 1 fois.

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Message par Papey » 27 juin 2005, 13:56

1300 euros, c'est le salaire net médian en France, c'est-à-dire que 50% des salariés gagnent moins, et 50% gagnent plus.
"I know not with what weapons World War III will be fought, but World War IV will be fought with sticks and stones."
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Message par Papey » 27 juin 2005, 14:38

La règle de trois ne marche pas dans le cas du pétrole, car la TIPP est fixe, et non proportionnelle au prix du carburant. En ce moment elle est aux environs de 0,6 € / litre de super sans plomb. Le reste c'est la TVA, les matières premières et la marge de la chaîne de production/distribution. Il faut donc faire une règle de trois à partir de 1,2 - 0,6 = 0,6€/litre pour atteindre 2,2 - 0,6 = 1,6€/litre (on ne compte pas la TIPP).

Ce qui donne un baril à 60 * 1,6 / 0,6 = 160 $.
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Albert Einstein

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