par energy_isere » 20 sept. 2025, 11:08
Zimbabwe : le charbon en renfort face à la sécheresse et aux délestages
Agence Ecofin 17 sept 2025
Acculé par l’effondrement de la production hydroélectrique de Kariba, le Zimbabwe a signé un accord de concession de 455 millions $ avec Jindal Africa pour réhabiliter sa centrale thermique de Hwange.
Le Zimbabwe a conclu un partenariat de 455 millions $ sur 15 ans avec la filiale africaine de l’indien Jindal Steel pour la réhabilitation de la centrale thermique au charbon de Hwange, d’une capacité de 920 MW. L’annonce a été faite le mardi 16 septembre par le ministre de l’Énergie, July Moyo, à l’issue du Conseil des ministres. Les travaux, qui concerneront six unités datant des années 1980, devraient s’étaler sur quatre ans.
Structuré comme un partenariat public-privé, l’accord octroie à Jindal 15 ans pour financer, réhabiliter et exploiter les unités thermiques avant de les rétrocéder à la Zimbabwe Power Company (ZPC), le producteur et distributeur public. Durant cette période, l’entreprise récupérera son investissement grâce à la vente d’électricité, transférant ainsi les risques financiers et opérationnels hors de l’État.
Harare n’avait plus beaucoup de marge de manœuvre. La centrale de Hwange a bénéficié, en 2023, de nouveaux travaux de modernisation avec l’ajout de deux unités de production, mais ses équipements plus anciens ne fonctionnent plus qu’au tiers de leur potentiel en raison des pannes.
Parallèlement, l’hydroélectricité, autre pilier du système énergétique national, s’est effondrée. Le barrage de Kariba, partagé avec la Zambie, a vu sa production chuter de plus de 80 % en quelques mois, victime de la sécheresse amplifiée par El Niño.
La décision de confier Hwange à Jindal s’inscrit dans une logique de survie. Le Zimbabwe, comme la Zambie voisine, dépend fortement de l’hydroélectricité. Mais la baisse persistante du niveau du barrage de Kariba fragilise cette dépendance, avec des conséquences directes sur les économies. Les coupures d'électricité ont coûté à la Zambie 1,3 milliard de dollars en 2024, tandis qu'au Zimbabwe, elles pénalisent lourdement l'industrie minière, source de devises du pays, selon des données du Département américain du commerce.
En parallèle, les deux pays ont ressorti des tiroirs le projet hydroélectrique géant de Batoka Gorge, d’une capacité de 2 400 MW, et cherchent un investissement de 5 milliards $. Le démarchage de nouveaux investisseurs a été confié à l’Autorité du fleuve Zambèze.
En attendant Batoka, dont le financement reste incertain compte tenu des difficultés budgétaires du Zimbabwe (21 milliards $ de dette extérieure) et de la Zambie, en restructuration après un défaut en 2020, la remise à niveau de Hwange apparaît comme une solution immédiate pour stabiliser l’approvisionnement. La dépendance accrue au charbon soulève toutefois des questions de durabilité, alors que le pays affiche des ambitions climatiques et cherche à attirer des bailleurs multilatéraux.
https://www.agenceecofin.com/actualites ... delestages
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Agence Ecofin 17 sept 2025
[b]Acculé par l’effondrement de la production hydroélectrique de Kariba, le Zimbabwe a signé un accord de concession de 455 millions $ avec Jindal Africa pour réhabiliter sa centrale thermique de Hwange.
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Le Zimbabwe a conclu un partenariat de 455 millions $ sur 15 ans avec la filiale africaine de l’indien Jindal Steel pour la réhabilitation de la centrale thermique au charbon de Hwange, d’une capacité de 920 MW. L’annonce a été faite le mardi 16 septembre par le ministre de l’Énergie, July Moyo, à l’issue du Conseil des ministres. Les travaux, qui concerneront six unités datant des années 1980, devraient s’étaler sur quatre ans.
Structuré comme un partenariat public-privé, l’accord octroie à Jindal 15 ans pour financer, réhabiliter et exploiter les unités thermiques avant de les rétrocéder à la Zimbabwe Power Company (ZPC), le producteur et distributeur public. Durant cette période, l’entreprise récupérera son investissement grâce à la vente d’électricité, transférant ainsi les risques financiers et opérationnels hors de l’État.
Harare n’avait plus beaucoup de marge de manœuvre. La centrale de Hwange a bénéficié, en 2023, de nouveaux travaux de modernisation avec l’ajout de deux unités de production, mais ses équipements plus anciens ne fonctionnent plus qu’au tiers de leur potentiel en raison des pannes.
Parallèlement, l’hydroélectricité, autre pilier du système énergétique national, s’est effondrée. Le barrage de Kariba, partagé avec la Zambie, a vu sa production chuter de plus de 80 % en quelques mois, victime de la sécheresse amplifiée par El Niño.
La décision de confier Hwange à Jindal s’inscrit dans une logique de survie. Le Zimbabwe, comme la Zambie voisine, dépend fortement de l’hydroélectricité. Mais la baisse persistante du niveau du barrage de Kariba fragilise cette dépendance, avec des conséquences directes sur les économies. Les coupures d'électricité ont coûté à la Zambie 1,3 milliard de dollars en 2024, tandis qu'au Zimbabwe, elles pénalisent lourdement l'industrie minière, source de devises du pays, selon des données du Département américain du commerce.
En parallèle, les deux pays ont ressorti des tiroirs le projet hydroélectrique géant de Batoka Gorge, d’une capacité de 2 400 MW, et cherchent un investissement de 5 milliards $. Le démarchage de nouveaux investisseurs a été confié à l’Autorité du fleuve Zambèze.
En attendant Batoka, dont le financement reste incertain compte tenu des difficultés budgétaires du Zimbabwe (21 milliards $ de dette extérieure) et de la Zambie, en restructuration après un défaut en 2020, la remise à niveau de Hwange apparaît comme une solution immédiate pour stabiliser l’approvisionnement. La dépendance accrue au charbon soulève toutefois des questions de durabilité, alors que le pays affiche des ambitions climatiques et cherche à attirer des bailleurs multilatéraux.
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