par energy_isere » Hier, 00:33
La grande purge militaire de Xi Jinping pourrait bien lui coûter Taïwan
Article de Marie Lombard 02 fev 2026
Xi Jinping, au pouvoir depuis 2013, s'applique à décapiter son armée, par le biais de purges régulières visant ses généraux. Ce faisant, le président chinois consolide son emprise personnelle sur l’institution militaire. Sans doute au détriment de ses projets d'annexion de Taïwan.
Le général Zhang Youxia n'est plus. En janvier, Xi Jinping a décidé de démettre le plus haut gradé de l'armée chinoise de ses fonctions, marquant une nouvelle étape dans sa reprise en main du pouvoir militaire. Cette éviction spectaculaire s'accompagne de celle du général Liu Zhenli, les deux hommes forts de l'armée populaire de libération (APL) étant accusés de "violations graves de la discipline et de la loi".
Le motif exact de leur disgrâce reste pourtant flou. Un éditorial du journal de l’armée chinoise a indiqué qu’ils étaient accusés de corruption et d’avoir sapé l’autorité de Xi Jinping, mais sans donner de détails. Une telle formulation suggère que la rupture entre Xi et le général Zhang pourrait avoir impliqué des désaccords ou des frictions sur la manière de mettre en œuvre les objectifs du président, estiment certains analystes.
L'objectif 2027
Avec cette dernière purge, "Xi a tout rasé", résume John Culver, ancien analyste de la CIA et aujourd’hui chercheur principal non-résident à la Brookings Institution, interrogé par le New York Times (NYT). "Il a tenté des réformes progressives tout en faisant largement confiance à l’APL pour gérer les affaires militaires. L’an dernier, il a conclu que cela avait échoué. Quelque chose d’entièrement nouveau arrive."
Xi Jinping montre qu’il veut bâtir une nouvelle génération de généraux, non entachés par les défaillances qu’il perçoit chez leurs prédécesseurs. Ces changements interviennent alors que Xi Jinping s’est donné jusqu'à 2027 pour arriver à l’objectif officiel de modernisation militaire, et — selon certains responsables du renseignement américain — à l’acquisition de la capacité d’envahir Taïwan avec succès.
Le risque d’un commandement affaibli
Or, la disparition ou la mise à l’écart de dizaines de généraux et d’amiraux au cours des trois dernières années crée un vide difficile à combler à court terme. Pour John Culver, ces bouleversements commencent déjà à se faire sentir. Certains exercices publics annuels semblent avoir été reportés, signe d’un ralentissement opérationnel.
Le choix des futurs promus sera dès lors déterminant. Selon plusieurs analystes sondés par le NYT, le danger réside dans la constitution d’un commandement trop docile et effrayé, incapable de fournir au leader autocratique des évaluations militaires honnêtes. "Si Xi Jinping reçoit de mauvais conseils, s’il se trompe de calcul parce qu’il est entouré de flatteurs qui lui disent ce qu’il veut entendre et non ce qu’il a besoin d’entendre, c’est le premier risque", avertit ainsi Drew Thompson, ancien responsable du Pentagone.
Une continuité opérationnelle malgré les purges
Malgré les secousses politiques, l’appareil militaire conserve une capacité d’action. En décembre, il a nommé de nouveaux commandants dans deux théâtres, dont la région militaire orientale, responsable des opérations autour de Taïwan. Quelques jours plus tard, celle-ci menait deux jours d’exercices autour de l’île.
Selon David Finkelstein, chercheur de l'Analyse de la sécurité nationale (CNA) interrogé par le NYT, la préparation opérationnelle repose en grande partie sur les commandements régionaux, ce qui limite l’impact immédiat des purges décidées à Pékin. Les têtes sautent, mais l'armée populaire de libération pourrait s'avérer complètement à même de s'attaquer à Taïwan, le jour venu.
https://www.msn.com/fr-fr/actualite/mon ... 60b4&ei=14
[quote] [b]La grande purge militaire de Xi Jinping pourrait bien lui coûter Taïwan[/b]
Article de Marie Lombard 02 fev 2026
Xi Jinping, au pouvoir depuis 2013, s'applique à décapiter son armée, par le biais de purges régulières visant ses généraux. Ce faisant, le président chinois consolide son emprise personnelle sur l’institution militaire. Sans doute au détriment de ses projets d'annexion de Taïwan.
Le général Zhang Youxia n'est plus. En janvier, Xi Jinping a décidé de démettre le plus haut gradé de l'armée chinoise de ses fonctions, marquant une nouvelle étape dans sa reprise en main du pouvoir militaire. Cette éviction spectaculaire s'accompagne de celle du général Liu Zhenli, les deux hommes forts de l'armée populaire de libération (APL) étant accusés de "violations graves de la discipline et de la loi".
Le motif exact de leur disgrâce reste pourtant flou. Un éditorial du journal de l’armée chinoise a indiqué qu’ils étaient accusés de corruption et d’avoir sapé l’autorité de Xi Jinping, mais sans donner de détails. Une telle formulation suggère que la rupture entre Xi et le général Zhang pourrait avoir impliqué des désaccords ou des frictions sur la manière de mettre en œuvre les objectifs du président, estiment certains analystes.
L'objectif 2027
Avec cette dernière purge, "Xi a tout rasé", résume John Culver, ancien analyste de la CIA et aujourd’hui chercheur principal non-résident à la Brookings Institution, interrogé par le New York Times (NYT). "Il a tenté des réformes progressives tout en faisant largement confiance à l’APL pour gérer les affaires militaires. L’an dernier, il a conclu que cela avait échoué. Quelque chose d’entièrement nouveau arrive."
Xi Jinping montre qu’il veut bâtir une nouvelle génération de généraux, non entachés par les défaillances qu’il perçoit chez leurs prédécesseurs. Ces changements interviennent alors que Xi Jinping s’est donné jusqu'à 2027 pour arriver à l’objectif officiel de modernisation militaire, et — selon certains responsables du renseignement américain — à l’acquisition de la capacité d’envahir Taïwan avec succès.
Le risque d’un commandement affaibli
Or, la disparition ou la mise à l’écart de dizaines de généraux et d’amiraux au cours des trois dernières années crée un vide difficile à combler à court terme. Pour John Culver, ces bouleversements commencent déjà à se faire sentir. Certains exercices publics annuels semblent avoir été reportés, signe d’un ralentissement opérationnel.
Le choix des futurs promus sera dès lors déterminant. Selon plusieurs analystes sondés par le NYT, le danger réside dans la constitution d’un commandement trop docile et effrayé, incapable de fournir au leader autocratique des évaluations militaires honnêtes. "Si Xi Jinping reçoit de mauvais conseils, s’il se trompe de calcul parce qu’il est entouré de flatteurs qui lui disent ce qu’il veut entendre et non ce qu’il a besoin d’entendre, c’est le premier risque", avertit ainsi Drew Thompson, ancien responsable du Pentagone.
Une continuité opérationnelle malgré les purges
Malgré les secousses politiques, l’appareil militaire conserve une capacité d’action. En décembre, il a nommé de nouveaux commandants dans deux théâtres, dont la région militaire orientale, responsable des opérations autour de Taïwan. Quelques jours plus tard, celle-ci menait deux jours d’exercices autour de l’île.
Selon David Finkelstein, chercheur de l'Analyse de la sécurité nationale (CNA) interrogé par le NYT, la préparation opérationnelle repose en grande partie sur les commandements régionaux, ce qui limite l’impact immédiat des purges décidées à Pékin. Les têtes sautent, mais l'armée populaire de libération pourrait s'avérer complètement à même de s'attaquer à Taïwan, le jour venu.
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