Sauter la navigation.
Accueil
Site dédié à la fin de l'âge du pétrole

Violence des échanges spéculatifs en milieu tempéré

Le prix de l'or noir reprend, lentement mais inexorablement, sa progression, que ce soit en dollar, en euro ou même en pouvoir d'achat.

Le fameux phénomène de la "driving season" - les mois d'été durant lesquels voitures et avions américains circulent frénétiquement pour cause de vacances - provoque toujours quelques tensions sur le marché nord-américain qui, rappelons-le, sert de base pour le calcul du prix au niveau mondial. La remontée récente du baril est-elle une anticipation de ce phénomène consommateur de carburant pour véhicules ?

Ou bien repartirons-nous pour une nouvelle bulle ? Les acteurs spéculatifs sont un tout petit peu moins nombreux et un tout petit peu moins riches qu'avant, mais les règles du jeu n'ont toujours pas changé. Alors...

Un peu de pseudo-statistiques peut aussi nous apporter un éclairage : si on considère que le concept de probabilité de hausse mensuelle du baril existe - ce qui est loin d'être facile à démontrer en toute rigueur - et qu'on cherche à estimer cette probabilité par quelques calculs de combinatoire sur les dix ans passés, on obtient la courbe ci-contre.

Elle montre que, sur les dix dernières années, le prix du pétrole est orienté à la hausse (probabilité  franchement supérieure à 50%) jusqu'en juillet pour s'effondrer en septembre-octobre, (probabilité << 50%) avec deux périodes indécises (probabilité proche de 50%) : mai et la fin d'année.

La hausse constatée depuis le début d'année serait donc pour l'instant dans l'ordre des choses.

Ce petit modèle mathématique, digne du coin de table d'une arrière-cuisine, existe en versions beaucoup plus sophistiquées chez les courtiers en matières premières (commodity traders) : c'est sur les résultats de ces savantes modélisations, fondées en grande partie sur l'historique des cours, qu'ils bâtissent leurs stratégies de négoce. Ces modèles n'ont bien entendu rien à voir avec ceux montrés dans leurs publicités.

En calculant la probabilité non pas sur la période longue 1999-2008 mais une période plus courte (2003-2007) - c'est-à-dire le calcul que beaucoup ont dû faire l'année dernière pour modéliser la bulle pétrolière - on obtient une courbe de même aspect mais avec une étonnante pointe estivale, donnée ci-dessous.

En effet, le mois de juillet y apparaît comme un mois où la probabilité semble être égale à 100% : autrement dit, le prix du baril apparaît comme quasi-sûr d'augmenter ce mois-là. Par contre, la fin d'année est beaucoup plus incertaine.

De nombreux spéculateurs ont donc probablement joué un jeu haussier jusqu'en juillet, encouragés par leurs analyses pseudo-statistiques, pour ensuite passer brutalement sur une stratégie beaucoup plus prudente et plutôt baissière.

Il n'en fallait pas plus pour que le prix du baril connaisse  en 2008 cette surchauffe mémorable où le baril alla jusqu'à tutoyer les $150... début juillet.

Si les modèles n'ont pas été changés, l'historique 2008 va conforter ces pseudo-probabilités et donc on devrait assister, sauf événement géopolitique extraordinaire, à un nouveau "rallye" des prix du baril sur juin-juillet nous amenant facilement au voisinage du seuil des $60 - $60 en moyenne mensuelle, ce qui peut signifier une pointe instantanée à $70 ou au-delà.

Certes, il s'agit d'un raisonnement de dinde de Noël de la part des "investisseurs". Mais à la différence de l'animal dont l'existence dans cette parabole forme l'enjeu du pari, la dinde spéculatrice ne joue pas avec son propre argent mais avec celui de son fermier ! Cela donne le droit de se tromper.

je partage cette analyse avec

je partage cette analyse avec vous,

Les prix de l'essence a exploser encore de nouveau 1.27euros le litre et ce prix ne cesse d'augmenter chaque jour, sa devient inquiétant cette Or noir. a mon avis nous sommes toujours en crise!
casino en ligne

comment

hi!
how are you buddy?
this is very good post and the information being provided over here is very useful and informative, being the part of cisco training i would like to appreciate your efforts.

Suivi par une deuxième couche de crise ?

Je partage cette analyse.

Mais j'ai comme le sentiment que la farce de cette dinde de Noël va se transformer en nouvelle crise économique où l'on nous expliquera une nouvelle fois que cela n'a rien à voir avec le pétrole...

Tout cela n'étant qu'économique et financier : la conjonction spéculation pétrolière / crise n'étant que pur hasard...

Plateau ondulé ?

Si j'en crois les chiffres donnés par l'EIA (Energy Information Administration) étasunien, la consommation mondiale en mai n'a jamais été aussi basse depuis longtemps (±81 millions de barils/jour), en fait depuis fin 2003. Depuis toujours la consommation n'a cessé d'augmenter pour atteindre des sommets en 2008 autour de 87mbj. En revanche depuis juillet 2008, la consommation a régulièrement baissée, crise économique oblige. Le prix a atteint un minimum en décembre (35$/b), pour reprendre le chemin de la hausse depuis, malgré une consommation toujours en baisse.
N'étant pas un spécialiste, je n'ai aucune explication, mais me demande néanmoins si ce comportement ne serait pas caractéristique de ce plateau de production tel que le décrit Jean Laherrere ie. un plateau ondulé de baisses et de hausses successives avec une tendance globale à la hausse du prix, puisqu'en fin de compte, la consommation diminue, mais le prix augmente…

Plateau probable

Nous partageons assez les dernières conclusions de Lahérrère.

Sur la question du prix, il reste assez vague - et il fait bien - car les phénomènes spéculatifs rajoutent aujourd'hui un tel bruit sur le signal du fondamental qu'il est quasiment impossible de l'isoler.

De toute façon, si tout le monde aujourd'hui s'engage dans les solutions alternatives au pétrole, c'est bien parce qu'il plus risqué, industriellement parlant, de parier sur un pic lointain que sur un pic proche ou passé.